Cent mille dollars au soleil

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Cent mille dollars au soleil est un film franco-italien de 1964 réalisé par Henri Verneuil. Les dialogues sont de Michel Audiard.

Citations[modifier]

Castagliano : Veinard, tu vas connaître ce que c'est qu'une famille. Parce que chez le père Casta, y a pas de chauffeurs, y a pas de patron. Y a une grande famille. Chez nous, jamais d'histoires, jamais de grèves. Les syndicats, connais pas. Quand un chauffeur veut un congé ou de l'augmentation, il vient me trouver, je l'écoute et je le vire. Avec les mirontons que j'emploie, si on tolère les caprices, on tient pas 8 jours, et y a 25 ans que je suis là. Tu vois ce que je veux dire ?
  • Gert Fröbe, Cent mille dollars au soleil (1964), écrit par Michel Audiard


Castagliano : Allez, mon cher professeur, sauvez-vous. Un quart d'heure sans anisette, vous pourriez me faire un malaise. Et comme je n'ai pas d'autre toubib sous la main...
  • Gert Fröbe, Cent mille dollars au soleil (1964), écrit par Michel Audiard


Castagliano : Professeur Magnard, gynécologue célèbre des années 25. Il a accouché tout le gratin lyonnais. Les enfants ont fait sa fortune et les enfants l'ont perdu. Les petites filles... En métropole, même si la garce a 13 ans, ils appellent ça détournement de mineure ! Surtout à Lyon ! C'est des vrais maniaques...
  • Gert Fröbe, Cent mille dollars au soleil (1964), écrit par Michel Audiard


Castagliano : J'en ai déjà vu des cocasses, des papiers. Des presque vrais, des tout-à-fait faux, mais des comme ça, jamais. Enfin, les papiers, c'est une question tellement personnelle…
  • Gert Fröbe, Cent mille dollars au soleil (1964), écrit par Michel Audiard


Castagliano : Encore un mot. Sur 2 000 kilomètres de piste, on m'appelle la Betterave, à cause de mon diabète. Dans mon garage, surtout quand je suis là, on m'appelle plutôt patron. C'est même recommandé…
  • Gert Fröbe, Cent mille dollars au soleil (1964), écrit par Michel Audiard


Rocco : Si le crédit n'existait pas, y a longtemps que l'Afrique serait morte.


John Steiner : J'ai été assez con, c'est exact, pour me faire voler mon camion. Tu me vires, c'est régulier. Mais t'aurais pu faire ça poliment grosse lope !
  • Reginald Kernan, Cent mille dollars au soleil (1964), écrit par Michel Audiard


Marec : Alors écoute-moi bien Rocco, voilà ce que je te propose : tu m'attends à Salem et on discute. On se fout sur la gueule ou on se met d'accord, mais dans les deux cas on économise du temps et de la fatigue.
  • Lino Ventura, Cent mille dollars au soleil (1964), écrit par Michel Audiard


Rocco : Quand les passions s'en mêlent, y a plus de types solides.


Marec : A Sherfa y a cinq ans, j'avais un petit burlingue avec un hangar et trois bahuts. J'avais presque fini de payer. Ca s'appelait la Saharienne des Transports. Eh ben j'ai tout paumé en une journée. Un dimanche, je pars de Sherfa avec la Jeep pour aller acheter un delco à Amara. J'étais parti à six heures du matin, j'étais rentré à neuf heures le soir, c'est te dire si je m'étais magné, hein... Eh ben les connards du bled avaient pas lambiné non plus. Ils avaient eu le temps de jouer à la révolution, changer leur dictateur de droite contre un dictateur de gauche, le ministre des affaires étrangères et le chef de la police empalés... Tout ça avait donné lieu à des petites réjouissances folkloriques, c'est-à-dire mes trois camions passés au lance-flammes et ma baraque plastiquée. Comme on n'arrête pas le progrès, en plus eh ben ils m'ont réquisitionné ma Jeep. Il me restait plus que le delco, quoi... Voilà. Alors depuis, il paraît que la République a repris les commandes, que les lance-flammes ont changé de main. Mais moi, je suis pas pressé d'aller vérifier...
  • Lino Ventura, Cent mille dollars au soleil (1964), écrit par Michel Audiard


Rocco : Dans cinq ou six kilomètres, on attaque le Djebel Amzil. Vingt kilomètres de grimpette, soixante virages, des abrupts de quatre-vingts mètres. L'année dernière, on a trois chauffeurs qu'ont fait le plongeon, j'ai pas envie de faire comme eux. Avec tout le fric qui nous attend, je veux pas être enterré avec les pauvres.


Rocco : Veinarde, va ! Tu m'as choisi parce que je suis beau, et crac ! V'là qu'en plus c'est un cerveau, le mec.


Rocco : Dans les endroits déserts, vaut mieux toujours être aimable. Ça coûte rien et ça économise les cartouches. C'est pour ça que tu vas fermer ta grande gueule.


Rocco : Dans la vie on partage toujours la merde, jamais le pognon.


Marec : En somme, si je comprends bien, on serait plutôt des hommes d'affaires égarés dans le camionnage.
  • Lino Ventura, Cent mille dollars au soleil (1964), écrit par Michel Audiard


Rocco : C'est con, les canards, mais ça fait cossu.


Répliques[modifier]

John Steiner : Alors qu'est-ce qu'on boit ?
Mitch-Mitch : Ah on attend Marec !
Rocco : A Blima, le Plouc est toujours en retard. Une vie privée... Un chauffeur qui s'appelait Rodriguez s'est ratatiné y a deux ans dans la descente du Djebel el-Zwid. Rupture de frein, une chute de 300 mètres... On n'a jamais pu dégager ce qui restait de Rodriguez. Maintenant il dort là-bas dans sa ferraille. Sa veuve, elle, elle dort avec le Plouc. Les inconsolables, c'est une des spécialités du Plouc. Des veuves, j'en ai connu une bonne demi-douzaine, à Montélimar, Palerme... Tout ça parce qu'il aime avoir des chemises propres, des pantalons bien repassés... C'est pas un maquereau, non, c'est un maniaque.
Ali : Monsieur Mitch-Mitch, parle-lui des tatanes à Rodriguez !
Mitch-Mitch : Bah Rodriguez, comme tous les Espagnols, était coquet de ses pieds. Son salaire y passait, il avait au moins vingt paires de pompes. Et il chaussait du 42. Devine combien il chausse le Plouc ?
John Steiner : Du 42 ?
Mitch-Mitch : Non...
Rocco : Du 43. Faut souffrir pour être élégant...
Mitch-Mitch : Peut-être, mais moi j'aimerais pas marcher dans les grolles d'un mort.

  • Les chauffeurs attendent Marec au bistrot.


John Steiner : Dis-donc, t'as pas pensé que ton ami Rocco t'attend peut-être au bout d'un flingue ? Ce sont des choses qui arrivent...
Marec : Eh ben dis-donc tu penses à tout, toi.
John Steiner : A ces choses-là, oui.

  • Steiner et Marec tentent de rattraper Rocco.


Pepa : Dans deux jours on sera riche, Rocco. On sera heureux...
Rocco : Où est-ce que t'as appris que l'argent faisait le bonheur ? T'as été élevée chez les laïcs, toi ?

  • Pepa et Rocco à bord du camion volé.


Mitch-Mitch : Mais ma parole, c'est l'champion d'la ligne, le cador du volant...! Pardon Monsieur, excusez ma curiosité, vous seriez-t-y pas ensablé des fois... ?
Marec : Tu veux savoir... ? Eh ben, t'es même pas drôle...
Mitch-Mitch : (à Saïd) Allez, mon gars, en avant les pelles et les tôles... Faut aider son prochain, bah qu'est-ce que tu veux, c'est les misères de l'âge, hein ! Faut faire semblant d's'apercevoir de rien... C'pauv' Plouc, il a la vue qui baisse, alors i' roule de plus en plus à côté d'la piste... et on l'récupère un peu partout, des fois au Mozambique, des fois sur la Nationale 7, des fois, comme c'est l'cas, dans l'fech-fech... alors on l'ramène en r'morque pour pas qu'i' perde sa place... bah un vieux, faut bien qu'ça mange...
Marec : T'as fini, oui... ?
Mitch-Mitch : Oui ! Oui oui, allons-y ! Alors j'propose vingt pelletées à la minute, c'est une bonne cadence, d'accord... ?
Steiner : On peut faire mieux...
Mitch-Mitch : Alors disons vingt-cinq... mais à condition qu'l'aïeul s'arrête dès qu'son cœur lâche !

  • Le camion de Marec et Steiner est enlisé en plein désert.


Mitch-Mitch : Tiens, ça me rappelle ma Finlandaise. Tu la connais mon histoire avec la Finlandaise ? Oui... Eh ben toi qui la connais pas, tu vas te poiler. Figure-toi qu'un jour sur la piste d'Insaoud, j'tombe sur un p'tit ingénieur des pétroles avec sa Land Rover en rideau. Il avait sa bonne femme avec lui, une grande blonde avec des yeux qu'avaient l'air de rêver, pis un sourire d'enfant... Une salope quoi. Moi, je repère ça tout de suite parce que les femmes, c'est mon truc.
Marec : C'est pas comme le pelletage, hein ?
Mitch-Mitch : Alors aussi sec j'propose au p'tit ingénieur : "Si vous voulez j'emmène votre dame jusqu'à Agdid et pis je vous envoie la dépanneuse". Le branque dit oui et me v'là barré avec la poupée. C'est pas vrai Saïd ?
Saïd : Tout ça c'est vrai !
Marec : Si, c'est vrai. Et c'est même vachement intéressant. Tu vas bosser un peu, dis, hein ?
Mitch-Mitch : Une seconde ça l'intéresse ! Hein que ça t'intéresse ?
John Steiner : Oui, oui...
Mitch-Mitch : Alors sitôt parti, j'me mets à conduire d'une main. Et v'là qu'la môme se met à faire des minauderies, tu sais façon pudeur, des p'tites manières de bonne femme quoi, sous prétexte que Saïd était en train de prendre un jeton. Et à ce moment-là on arrive dans la zone des dunes. Alors j'dis à ma Finlandaise : "Est-ce que vous avez déjà vu la Rose des Sables ?". Non, qu'elle me fait. Alors j'arrête le bahut, et je dis "Voyez la dune là-bas, et ben derrière, y a les plus belles roses des sables de tout le Niger". Eh ben elle a voulu aller voir.

  • Marec et Steiner tentent de désensabler leur camion pendant que Mitch-Mitch raconte son histoire.


Rocco : Deux heures plus tard, Mitch-Mitch et sa souris sont à Iqbul Fri, en train de se remonter à coups de perniflard. Tout à coup le cocu débarque, va droit sur sa femme, sans dire un mot, il lui balance une paire de mandales à tuer un buffle.
Pepa : Quelqu'un l'avait prévenu ?
Rocco : Le sable ! Mitch, qui parle toujours trop, avait dit : "Une fois dépanné, vous suivez mes traces jusqu'à Iqbul Fri". Le petit ingénieur avait suivi les traces jusqu'au bout, jusqu'aux dunes. Là c'était plus des traces de pas qu'y avait. C'était aussi clair que si on lui avait fait voir un plumard au mec...
Pepa : Ca s'est terminé comment ?
Rocco : Après la tarte à sa bergère, le gars aurait bien continué à jouer les hommes. Mitch a bloqué la première pêche et lui a dit :"Tu viens de briller, gâche pas tes cartes !"
Pepa : Et son mari n'a rien dit ?
Rocco : Oh tu sais, quand les types de 130 kilos disent certaines choses, ceux de 60 kilos les écoutent.

  • Rocco raconte la fin de l'histoire de Mitch-Mitch.


Saïd : Qu'est-ce qui vous arrive, M'sieur Marec... ?
Marec : Rien...
Mitch-Mitch : Eh, mais j'rêve pas... c'est l'équipe de fer ! Bah, j'disais justement à Saïd "C'pauv' Plouc, avec les mauvais yeux qu'il a maintenant, va bientôt falloir mett'e des filets au bord d'la route... pour pas qu'il aille se fout'e dans l'ravin..." (découvrant les dégâts sur le camion) Eh ben, bravo, jeunes gens !
Marec : T'as une barre de r'morquage... ?
Mitch-Mitch : J'ai tout c'qu'i' faut... toujours... Quand tu roules devant moi, j'emporte même un moteur de r'change... t'arriveras plus à m'surprendre... Enfin c'coup-là, on aura pas à creuser, c'est déjà ça... j'aime mieux quand t'opères en surface, pa'c que parti comme t'étais l'aut' coup, en améliorant un peu, fallait am'ner les... les spéléologues...
Saïd : App'ler les quoi... ?
Marec : Non, c'est rien, va... laisse... C'qu'i' faut avec lui, c'est attend'e qu'i' s'épuise et surtout pas moufter, hein... Si jamais, t'as l'malheur de dire un mot, un seul, c'est comme si tu mettais deux thunes dans l'bastringue, ça s'arrête plus...

  • Marec et Steiner sont en panne au bord de la route.


Angèle : Vendredi dernier, tu m'avais promis qu'avant de partir tu taperais à ma porte. Ben, t'as pas du taper bien fort.
Marec : Bah, j'allais pas réveiller toute la cambuse, hein ?
Angèle : Réponds moi, Plouc... Dis-moi la vérité...
Marec : Quoi ?
Angèle : Est-ce que je suis une putain ?
Marec : Enfin... Tu couches toujours avec tout le monde ?... Enfin, je veux dire... Avec les copains, quoi ?
Angèle : Oui.
Marec : Et... Y'en a pas un, des fois, qui t'aurait refilé de l'oseille, non ?
Angèle : Non.
Marec : Et ben alors... T'es notre petite Angèle, c'est tout !


Vous pouvez également consulter les articles suivants sur les autres projets Wikimédia :