Bob Black

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Bob Black en 2011.

Bob Black, né à Détroit le 4 janvier 1951, est un anarchiste américain, principalement connu pour son livre L'Abolition du travail.

Citations[modifier]

L'Abolition du travail, 1985[modifier]

Le travail est la source de toute misère, ou presque, dans ce monde. Tous les maux qui peuvent se nommer proviennent du travail ou de ce que l’on vit dans un monde voué au travail. Si nous voulons cesser de souffrir, il nous faut arrêter de travailler.


La gauche modérée dit que nous devrions abolir toute discrimination dans l’emploi. J’affirme pour ma part qu’il faut en finir avec l’emploi. Les conservateurs plaident pour une législation garantissant le droit au travail. Dans la lignée du turbulent gendre de Marx, Paul Lafargue, je soutiens le droit à la paresse. Certains gauchistes jappent en faveur du plein-emploi. J’aspire au plein-chômage, comme les surréalistes sauf que je ne plaisante pas, moi. Les sectes trotskistes militent au nom de la révolution permanente. Ma cause est celle de la fête permanente.


Le travail bafoue la liberté. Selon le discours officiel, nous autres Occidentaux vivons dans des démocraties et jouissons de droits fondamentaux, alors que d’autres sont plus infortunés : privés de liberté, ils doivent subir le joug d’États policiers. Ces victimes obéissent, sous peine du pire, aux ordres, quel qu’en soit l’arbitraire. Les autorités les maintiennent sous une surveillance permanente. Les bureaucrates à la solde de l’État contrôlent jusqu’aux moindres détails de la vie quotidienne. Les dirigeants qui les harcèlent n’ont à répondre qu’à leurs propres supérieurs, dans le secteur public comme dans le privé. Dans les deux cas, la dissidence et la désobéissance sont punies. Des délateurs informent régulièrement les autorités. On nous présente tout cela comme étant le Mal. Et en effet cette vision est effroyable, même si ce n’est rien d’autre qu’une description universelle de l’entreprise moderne. Les conservateurs, les ultra-libéraux et les démocrates de gauche qui dénoncent le totalitarisme sont des faux-culs, des pharisiens. Il y a plus de liberté dans n’importe quelle dictature vaguement déstalinisée que dans l’entreprise américaine ordinaire. La discipline qu’on applique dans une usine ou dans un bureau est la même que dans une prison ou un monastère. En fait, comme l’ont montré Foucault et d’autres historiens, les prisons et les usines sont apparues à peu près à la même époque. Et leurs initiateurs se sont délibérément copiés les uns les autres pour ce qui est des techniques de contrôle.


Il est à présent possible d’abolir le travail et de le remplacer, dans les cas où il remplit une fonction utile, par une multitude de libres activités d’un genre nouveau. L’abolition du travail exige de s’attaquer au problème d’un point de vue tant quantitatif que qualitatif. D’une part, il faut réduire considérablement la quantité de travail effectuée : dans ce monde, la majeure partie du travail est inutile, voire nuisible et il s’agit tout simplement de s’en débarrasser. D’autre part, et là se situent tant le point central que la possibilité d’un nouveau départ révolutionnaire, il nous faut transformer toute l’activité que requiert le travail réellement utile en un éventail varié de passe-temps agréables si ce n’est qu’ils se trouvent aboutir à des produits utiles, sociaux. Voilà qui ne devrait sûrement pas les rendre moins attrayants, quand même !


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