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Benoît de Nursie

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Benoît de Nursie, ou saint Benoît, est le fondateur des moines d'Occident. Il est né en Ombrie vers 480, et est mort au Mont-Cassin, en 547. Il a écrit une règle monastique, connue sous le nom de Règle de saint Benoît, encore appelée Sainte Règle par les moines qui l'ont adoptée.

Représentation de Benoît de Nursie, dit « Saint Benoît »
Sanglés du ceinturon de la foi et de la pratique des bonnes actions, sous la conduite de l'Évangile, suivons donc ses chemins pour obtenir de voir dans son royaume celui qui nous a appelés.
  • Règle de Saint Benoît, saint Benoît (trad. par les moines de l'abbaye de Solesmes), éd. abbaye de Solesmes, 1988, Prologue, p. 8


Si nous voulons habiter dans l'intérieur de ce royaume, il faut y courir à force de bonnes actions, sinon nous n'y parviendrons jamais. Mais avec le prophète interrogeons le Seigneur en lui disant : « Seigneur, qui habitera dans ta demeure et qui aura son repos sur ta montagne sainte ? » À cette question, frères, écoutons la réponse du Seigneur qui nous montre la route de cette demeure : « C'est celui dont la conduite est sans reproche et qui pratique la justice ; qui dit la vérité du fond du cœur et n'use pas de sa langue pour tromper ; qui ne fait de mal à personne et n'admet rien qui fasse tort au prochain. » Quand le diable lui suggère quelque mauvais dessein, il le rejette, lui et sa suggestion, loin des regards de son cœur, il le réduit à rien et, saisissant à peine nées les pensées diaboliques, il les brise contre le Christ.
  • Règle de Saint Benoît, saint Benoît (trad. par les moines de l'abbaye de Solesmes), éd. abbaye de Solesmes, 1988, Prologue, p. 9


Voilà pourquoi nous allons fonder une école de service du Seigneur. En l'organisant nous espérons n'y rien établir de rigoureux, ni rien de pesant. Pourtant s'il s'y présentait un peu contrainte, dictée par un juste motif, pour corriger les vices et sauvegarder la charité, n'allons pas, épouvantés, fuir aussitôt le chemin du salut dont l'entrée est forcément étroite ; car avec le progrès de la conduite et de la foi, le cœur se dilate et c'est dans une ineffable douceur d'amour que l'on court sur le chemin des commandements de Dieu. Ainsi, ne nous écartant jamais de son autorité et persévérant dans son enseignement au monastère jusqu'à la mort, nous participerons par la patience au souffrances du Christ pour obtenir d'être associés aussi à son règne. Amen.
  • Règle de Saint Benoît, saint Benoît (trad. par les moines de l'abbaye de Solesmes), éd. abbaye de Solesmes, 1988, Prologue, p. 11


Le premier degré d'humilité est l'obéissance sans délai. Elle caractérise ceux qui estiment n'avoir rien de plus cher que le Christ. À cause du service saint dont ils font profession, par peur de l'enfer ou pour la gloire de la vie éternelle, dès que le supérieur a donné un ordre, comme si l'ordre était de Dieu, ils ne sauraient souffrir de délais dans l'exécution. De ceux-là le Seigneur dit : « Dès que son oreille a entendu, il m'a obéi. » Et il dit aussi à ceux qui enseignent : « Qui vous écoute m'écoute. »
  • Règle de Saint Benoît, saint Benoît (trad. par les moines de l'abbaye de Solesmes), éd. abbaye de Solesmes, 1988, l'Obéissance, p. 24


Ceux-là, l'amour les presse d'accéder à la vie éternelle. C'est pourquoi ils embrassent la voie étroite dont le Seigneur dit : « Étroite est la voie qui mène à la vie. » Ainsi ne vivant pas à leur guise et n'obéissant ni à leurs désirs ni à leurs plaisirs, mais marchant au jugement et au commandement d'un autre, ils habitent dans des monastères et désirent avoir un abbé à leur tête. Sans aucun doute, ceux-là se conforment à la sentence du Seigneur où il dit : « Je ne suis pas venu faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. »
  • Règle de Saint Benoît, saint Benoît (trad. par les moines de l'abbaye de Solesmes), éd. abbaye de Solesmes, 1988, l'Obéissance, p. 24


Si nous voulons donc, frères, atteindre le sommet de la plus haute humilité et parvenir promptement à cette exaltation céleste où l'on accède par l'humilité de la vie présente, il faut dresser et gravir par nos actes cette échelle qui apparut en songe à Jacob et sur laquelle il voyait des anges descendre et monter. Sans aucun doute cette descente et cette montée ne signifient rien d'autre, selon nous, sinon qu'on descend par l'exaltation de soi et que l'on monte par l'humilité. L'échelle ainsi dressée, c'est notre vie en ce monde que le Seigneur dresse vers le ciel pour le cœur humilié. Car nous disons que les montants de cette échelle sont notre corps et notre âme ; dans ces montants sont insérés divers échelons d'humilité et d'observance que Dieu nous appelle à gravir.
  • Règle de Saint Benoît, saint Benoît (trad. par les moines de l'abbaye de Solesmes), éd. abbaye de Solesmes, 1988, l'Humilité, p. 27


Le deuxième échelon de l'humilité est de ne pas aimer sa volonté propre et de ne pas se complaire dans l'accomplissement de ses désirs, mais d'imiter en actes ce qu'a dit le Seigneur : « Je ne suis pas venu faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. » Il est écrit également : « Le plaisir encourt le châtiment, la contrainte produit la couronne. »
  • Règle de Saint Benoît, saint Benoît (trad. par les moines de l'abbaye de Solesmes), éd. abbaye de Solesmes, 1988, l'Humilité, p. 29


Que tout soit commun à tous, comme il est écrit, et que personne ne dise sienne ni ne s'attribue aucune chose. Si quelqu'un est pris à se complaire dans ce vice très pernicieux, il sera admonesté une première et une deuxième fois ; s'il ne s'amende pas, il subira un châtiment.
  • Règle de Saint Benoît, saint Benoît (trad. par les moines de l'abbaye de Solesmes), éd. abbaye de Solesmes, 1988, Les moines peuvent-ils avoir quelque chose en propre ?, p. 54


L'oisiveté est ennemie de l'âme. Aussi les frères doivent-ils s'adonner à certains moments au travail manuel et à d'autres heures déterminées à la lecture de la parole divine.
  • Règle de Saint Benoît, saint Benoît (trad. par les moines de l'abbaye de Solesmes), éd. abbaye de Solesmes, 1988, Le travail manuel quotidien, p. 69


Tous les hôtes qui se présentent seront reçus comme le Christ, car lui-même dira : « J'ai été votre hôte, et vous m'avez reçu » ; et à tous on rendra les égards qui s'imposent, surtout aux proches dans la foi et aux pèlerins.
  • Règle de Saint Benoît, saint Benoît (trad. par les moines de l'abbaye de Solesmes), éd. abbaye de Solesmes, 1988, La réception des hôtes, p. 74


Au nouveau venu dans la vie monastique, on n'accordera pas une entrée facile, mais comme dit l'Apôtre, « éprouvez les esprits, pour voir s'ils sont de Dieu. » Si donc l'arrivant persévère à frapper, si quatre ou cinq jours durant, il se montre patient à supporter les rebuffades et la difficulté de l'entrée et qu'il persiste dans sa demande, on lui concédera l'entrée et il passera quelques jours à l'hôtellerie. Mais ensuite il sera dans la maison où les novices étudient, mangent et dorment, sous la conduite d'un ancien apte à gagner les âmes, qui les surveillera avec la plus grande attention. On observera soigneusement si le novice cherche vraiment Dieu, s'il est empressé à l'office divin, à l'obéissance et aux humiliations. On l'avertira de toutes les choses dures et âpres par lesquelles on va à Dieu.
  • Règle de Saint Benoît, saint Benoît (trad. par les moines de l'abbaye de Solesmes), éd. abbaye de Solesmes, 1988, Les règles d'admission des frères, p. 80


S'il arrive que l'on enjoigne à un frère des certaines choses difficiles ou impossibles, il recevra pourtant l'ordre donné en toute douceur et obéissance. Puis, s'il voit que le poids de la charge dépasse absolument la mesure de ses forces, il soumettra les motifs de son impuissance à son supérieur avec patience et en temps opportun, sans orgueil ni résistance ni contradiction. Dans le cas où, après cette suggestion, le supérieur maintiendrait son ordre, l'inférieur saura que la chose lui est bonne et il obéira par amour, confiant dans l'aide de Dieu.
  • Règle de Saint Benoît, saint Benoît (trad. par les moines de l'abbaye de Solesmes), éd. abbaye de Solesmes, 1988, L'obéissance aux choses impossibles, p. 95


Comme il y a un zèle mauvais et amer qui sépare de Dieu et mène à l'enfer, il y a aussi un bon zèle qui sépare des vices et mène à Dieu et à la vie éternelle. Les moines exerceront donc ce zèle avec l'amour le plus ardent : ils s'honoreront mutuellement de prévenances ; ils supporteront entre eux avec la plus grande patience les infirmités physiques et morales ; ils s'obéiront à l'envi les uns aux autres ; nul ne recherchera ce qu'il juge utile à soi-même mais ce qui l'est à autrui ; ils se prodigueront entre frères un amour désintéressé ; ils craindront Dieu par amour ; ils aimeront leur abbé d'une charité sincère et humble ; ils ne préféreront absolument rien au Christ : qu'il daigne nous conduire tous ensemble à la vie éternelle !
  • Règle de Saint Benoît, saint Benoît (trad. par les moines de l'abbaye de Solesmes), éd. abbaye de Solesmes, 1988, Le bon zèle que doivent avoir les moines, p. 97