Baise-moi

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Baise-moi est un roman français de Virginie Despentes paru en 1994.

Citations[modifier]

(à propos de Manu) : Il n'y a strictement rien de grandiose en elle. À part cette inétanchable soif. De foutre, de bière ou de whisky, n'importe quoi pourvu qu'on la soulage. Elle en rajoute même un peu dans l'apathie et le sordide. Ne déteste pas se vautrer dans le vomi. Elle est en relative osmose avec le monde, trouve presque tous les jours de quoi boire et un garçon pour l'enfiler.
  • Baise-moi (1994), Virginie Despentes, éd. J'ai lu, 2005, partie 1, chap. 2, p. 14


(Nadine à propos de Francis) : Il est ce qui ressemble le plus à un ami pour elle, bien qu'on soit encore très loin de la définition d'usage. Elle l'aime à bout portant et s'en prend plein la gueule. Contrairement aux lois d'usage, plus elle le connaît, plus il éblouit. Il est poète, au sens très mâle du terme. À l'étroit dans son époque, incapable de se résoudre à l'ennui et au tiède. Insupportable. Dissident systématique, paranoïaque et coléreux, veule, voleur, querelleur. Il provoque les récriminations partout où il passe. Supportable pour personne, surtout pas pour lui-même. Il aime la vie avec une exigence qui le coupe de la vie. Il affrontera les pires terreurs et endurera la mort de son vivant plutôt que de renoncer à sa quête. Il ne retient aucune leçon puisqu'elles sont contraires à ce en quoi il croit et, obstinément, refait les mêmes erreurs.
  • Baise-moi (1994), Virginie Despentes, éd. J'ai lu, 2005, partie 1, chap. 5, p. 34


(après la scène du viol) Manu : Après ça, moi je trouve ça chouette de respirer. On est encore vivantes, j'adore ça. C'est rien à côté de ce qu'ils peuvent faire, c'est jamais qu'un coup de queue...

Karla : Comment tu peux dire ça ?

Manu : Je peux dire ça parce que j'en ai rien à foutre de leurs pauvres bites de branleurs et que j'en ai pris d'autres dans le ventre et que je les emmerde. C'est comme une voiture que tu gares dans une cité, tu laisses pas des trucs de valeur à l'intérieur parce que tu peux pas empêcher qu'elle soit forcée. Ma chatte, je peux pas empêcher les connards d'y rentrer et j'y ai rien laissé de précieux.
  • Baise-moi (1994), Virginie Despentes, éd. J'ai lu, 2005, partie 1, chap. 8, p. 57


Manu : Plus tu baises, moins tu cogites et mieux tu dors.
  • Baise-moi (1994), Virginie Despentes, éd. J'ai lu, 2005, partie 2, chap. 4, p. 104


Manu : Putain, on a pas le sens de la formule, on a pas la bonne réplique au bon moment.

Nadine : On a eu les bons gestes, c'est déjà un début.

Manu : Ouais, mais maintenant que c'est mon tour de piste, je préférerais soigner ça. [...] Merde, on est en plein dans le crucial, faudrait que les dialogues soient à la hauteur. Moi tu vois, je crois pas au fond sans la forme.
  • Baise-moi (1994), Virginie Despentes, éd. J'ai lu, 2005, partie 2, chap. 7, p. 121


Fatima n'ose pas leur demander si elles couchent ensemble. C'est à ça qu'on pense quand on les voit. Elles ne se touchent jamais mais gardent un œil l'une sur l'autre, se cherchent à tout instant. Quand elles rient, c'est toujours de la même chose, et leurs corps se rapprochent souvent. Quand l'une allume une clope, elle en tend une à sa comparse, sans même s'interrompre, naturellement. Elles se coupent la parole sans arrêt, ou plutôt elles parlent à deux. Elles remplissent toujours les deux verres. Sans s'en rendre compte. Elles ont les mêmes mots, les mêmes expressions. De la connivence presque tangible. Elles ressemblent à une bête à deux têtes, séduisante au bout du compte. Fatima à du mal à s'imaginer qu'elles ne se connaissent que depuis une semaine. Elle aurait du mal à les dissocier, les imaginer l'une sans l'autre.
  • Baise-moi (1994), Virginie Despentes, éd. J'ai lu, 2005, partie 2, chap. 20, p. 188


Manu : Putain, j'y crois pas une seule seconde. Ce connard croyait que j'allais lui avaler tout son foutre et je lui ai gerbé sur le chibre. Dommage pour lui. Au mauvais endroit, au mauvais moment...
  • Baise-moi (1994), Virginie Despentes, éd. J'ai lu, 2005, partie 2, chap. 23, p. 208


Nadine : Il y a une seconde différence entre nos précédentes victimes et vous, de taille elle aussi. Nous n'avons jamais tué qui que ce soit pour de l'argent. Nous nous sommes parfois servies au passage, après coup et pour le défraiement. Je trouve ça effroyablement vulgaire, avoir un mobile pour tuer. C'est une question d'éthique. J'y tiens. J'y tiens énormément. La beauté du geste, j'accorde beaucoup d'importance à la beauté du geste. Qu'il reste désintéressé. Or nous sommes ici pour une histoire d'argent. Nous partons, ma collègue et moi-même, une subite envie de visiter le monde.
Manu : Et de soulager les couilles aux indigènes.
  • Baise-moi (1994), Virginie Despentes, éd. J'ai lu, 2005, partie 2, chap. 25, p. 219


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