Auguste De Winne

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Auguste De Winne (1861-1935) est un journaliste, écrivain et homme politique belge.

À travers les Flandres, 1902[modifier]

Nous sortîmes et je songeai : Vingt et un enfants ! Qu’est-ce que cela représente de privations et de souffrances ? Mais quoi, n’est-ce pas par leur reproduction prolifique que les êtres faibles échappent à la destruction de leur espèce ? Les prolétaires ne se lassent de donner à la société de nouveaux producteurs qui, un jour, vengeront leur classe, vengeront l’humanité méconnue et outragée par la barbarie de notre régime social.
  • À travers les Flandres, Auguste De Winne, éd. Société coopérative « Volksdrukkerij », 1902, Les tisserands de Zele, p. 14


Mais pourquoi les Chrétiens ont-ils placé leur enfer dans une autre vie ? Ils ne connaissent donc ni Hamme, ni Zele ? Ils ne connaissent donc pas ce coin de terre des réprouvés, la Flandre, où un dieu — presque aussi cruel que le leur — fait expier à de pauvres paysans, à de pauvres tisserands, à de pauvres fileurs, à de tout petits enfants, des crimes inconnus ?
  • À travers les Flandres, Auguste De Winne, éd. Société coopérative « Volksdrukkerij », 1902, Les tisserands de Zele, p. 18


Quelle belle morale que celle de ces gens, qui se croient chrétiens, et qui mettent les travailleurs dans la cruelle alternative de trahir leur conscience ou de manquer de pain ! Et dire que cette morale-là est généralement pratiquée par tous les catholiques ! Quand viendront les temps où la liberté de conscience sera autre chose qu’une vaine formule, inscrite seulement dans les lois ? Quand enfin l’humanité sortira-telle de la barbarie ?
  • À travers les Flandres, Auguste De Winne, éd. Société coopérative « Volksdrukkerij », 1902, Les ouvriers de Saint-Nicolas, p. 25-26


Allez voir dans les villes industrielles ce que le capitalisme a fait de la robustesse des hommes, de la beauté des femmes et de la grâce des enfants. C’est surtout chez les ouvriers allumettiers de la vallée de la Dendre que cette dégénérescence est effrayante. […] Le phosphore détruit les dents, décompose les mâchoires, pénètre les os. […] On conserve à l’hôpital de Grammont des mâchoires que l’on a dû arracher à des ouvriers allumettiers pour empêcher la contamination des os de la base du crâne. On les exhibe aux visiteurs à titre de curiosité ! […] Des milliers d’hommes, des milliers de femmes, des milliers d’enfants — l’enquête de 1886 révéla qu’il y avait dans les fabriques des enfants de 5 et 6 ans ! — ont passé par là. Leur squelette se décomposait de leur vivant, devant leur table de travail et, après leur mort, ce n’était plus que de la pourriture que l’on charriait de l’hôpital au cimetière.
  • À travers les Flandres, Auguste De Winne, éd. Société coopérative « Volksdrukkerij », 1902, Les allumettiers de Grammont, p. 57-59


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