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Angèle Bassolé-Ouédraogo

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libres.
Angèle Bassolé en 2023.

Angèle Bassolé-Ouédraogo est une chercheuse et poète canado-burkinabé, née le à Abidjan. Elle consacre sa thèse de doctorat à la poésie des femmes africaines d'expression française.

Citations

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Burkina blues, 2000

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Je ne vis pas.
Je rêve du quotidien;
Demain ne m’inquiète pas.
C’est aujourd’hui qui m’effraie!

Sépultures anonymes
Un 19 septembre !
Comment espérer ?

Au dessus de mes forces
L’espoir !
Au dessus de mes forces
Le chant !

Au dessus de mes forces
La foi !
Au dessus de mes forces
L’amour !

C’est une terre de liberté
Rhythmée par la raison sociale et la tradition

C’est là,
Sur cette terre aride que je veux demeurer

Le Sahel,
Terre de grande liberté
La fin de mes angoisses!

Weemba m’a dit
Que je devrais être toujours forte
Toujours fière
Toujours brave
Toujours moi!
Mon pacte demeurere
Je m’en souviendrai!

Je n’ai pas le copyright de la raison
Seulement une licence authentifiée par mon intuition
Je sais que les nouvelles frontières
Seront ma haine éternelle

J’aurai toujours le front au sol
Pour gratitude
Merci à celui qui entend et écoute
Sans rien dire de nos caprices

On pense enfin à ces enfants
Une conférence se tient à Amsterdam
Encore une autre !
Encore des conventions à ratifier !
Ils ratifieront pour sûr
Mais ils n’appliqueront rien

Avec tes mots, 2003

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Ce soir
Il pleut des cordes ici
Oui des cordes avec lesquelles je m'enlace
J'ai l'âme en miettes et ta sagesse ne m'est d'aucun secours
Je voudrais écrire l'espoir avec tes mots
Mais je m'enfonce dans le marécage

  • Avec tes mots, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. Malaïka / Sankofa, 2003  (ISBN 978-2-913991-23-1), p. 13

Car la vie est une fable éternelle
Une fable qui se joue même à notre insu

  • Avec tes mots, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. Malaïka / Sankofa, 2003  (ISBN 978-2-913991-23-1), p. 32

Je crie
Mes cries sont étouffés
Etouffés par tes mots
Tes mots ciselés de fine pointe
Qui échorchent mon âme en furie
Ma douleur silencieuse
Douleur vive face à un continent de silence

  • Avec tes mots, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. Malaïka / Sankofa, 2003  (ISBN 978-2-913991-23-1), p. 44-45

Hier a mille ans
Aujourd'hui est un instant
Instant que nous poursuivons telle l'étérnité
Avides d'être ce que nous n'avons jamais été
Être ce que nous ne serons pas
Ne serions jamais

  • Avec tes mots, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. Malaïka / Sankofa, 2003  (ISBN 978-2-913991-23-1), p. 53

Tambours parlants dans nos consciences endormies
Consciences endormies de peur,
De honte
Et de lâcheté

  • Avec tes mots, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. Malaïka / Sankofa, 2003  (ISBN 978-2-913991-23-1), p. 61

Tu sais,
Tes mots
Évoqueront
Toujours
Dans nos cœurs
La mélodie
De l'hymne à la joie

  • Avec tes mots, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. Malaïka / Sankofa, 2003  (ISBN 978-2-913991-23-1), p. 71

L'intégrité est un remède !
Tu as été intègre !
Tu es notre remède !
Que Dieu rende la terre légère aux intègres !

  • Avec tes mots, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. Malaïka / Sankofa, 2003  (ISBN 978-2-913991-23-1), p. 98

Sahéliennes, 2006

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David Diop
Ton Afrique a perdu le nord
L'unité s'en est allée
[...]
L'unité a cédé la place aux sirènes de la mort
Ivoirité
Burkinité
Aficanité
Stupidité aussi !

  • Poète de la Négritude, David Diop est né à Paris d'un père sénégalais et d'une mère camerounaise. Il rendit son continent inoubliable par son célèbre poème « Afrique mon Afrique » que tous les écoliers africains ont appris à réciter et continuent de réciter. En 1960, son avion s'écrasa malheureusement au large de Dakar alors qu'il retournait d'un voyage en France. Son recueil Coups de pilon est un des classiques de la littérature africaine. Après sa mort, d'autres poèmes furent retrouvés et publiés sous le titre « Poèmes retrouvés » dans la deuxième édition de Coups de pilon. (annotation sur p. 65)

Ce n'était qu'un rêve
Un rêve devenu cauchemar
Nos rêves d'Afrique
Sont toujours des cauchemars

Debout !
Elles font traverser les fleuves à flots
Debout !
Abla Pokou !
L'enfant est mort !
Mère Abla Pokou !
Où es-tu ?

  • La reine Abla Pokou du royaume baoulé ou baouli dut fuir du Ghana avec son peuple à cause des guerres intestines. La légende raconte qu'elle offrit son unique fis pour apaiser les dieux du fleuve et permettre ainsi à son peuple de traverser le fleuve tandis que ses ennemis la pourchassaient. Les hippopotames formèrent alors un pont qui permit au peuple de passer et d'échapper ainsi à ses poursuivants. Elle dit quand cela se fut fait : « Ba-Wuli », qui se traduit par « L'enfant est mort ». En souvenir de cet épisode, le peuple s'appela baouli ou baoulé, de même que la langue parlée encore aujourd'hui dans le sud-est de la Côte d'Ivoire et au Ghana actuel. (annotation sur p. 66)

La journée est devenue nuit !
Mère !
Aidez-nous !
Aidez-nous !
Aidez-nous !
Aidez-nous !

Un jour,
[...]
Nous écrirons,
Mères,
Les pages de vos victoires
[...]
Contre l'oubli !
[...]
Contre le silence de l'oppression !
[...]
Contre la mort !
[...]
Mères,
Nous écrirons
Vos hauts faits
[...]
Mères,
Nos
Respects !

  • Sahéliennes, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2006  (ISBN 978-2-923274-10-2), p. 61-64

Les porteuses d'Afrique, 2007

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Elles sont Debout !
Les Mères-courage !
Debout !
Au carrefour des malheurs africains
Debout !
Face à l'aube blafarde des indépendances manquées
Debout !
Au crépuscule des démocraties dévorantes
Debout !

  • « Les Porteuses d'Afrique ! », Canadian Woman Studies/Les cahiers de la femme, vol. 23, no2, 2004, p. 70 [texte intégral] .
  • Les porteuses d'Afrique, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2007  (ISBN 978-2-923274-23-2), p. 11

Guimbi Ouattara !
Les habitantes de Sya t'attendent
Lève-toi !
[...]
Félicitations, beau travail !

  • Les porteuses d'Afrique, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2007  (ISBN 978-2-923274-23-2), p. 14

Saraounia !
Reine intrépide !
[...]
Tes filles
[...]
Nous te saluons !

  • Les porteuses d'Afrique, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2007  (ISBN 978-2-923274-23-2), p. 15

Ndete Yalla !
Toi, la redoutable !
Tes filles te disent
Merci !
[...]
Pour ton courage !
[...]
Pour ta témérité !
[...]
Pour ton exemple !

  • Les porteuses d'Afrique, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2007  (ISBN 978-2-923274-23-2), p. 16

Levez-vous, Femmes !
Mères !
Levez-vous !
Levez-vous tôt !
Pour inventer le jour[1] !
Parce que demain est un autre jour
Levez-vous !
Levez-vous !

  • Les porteuses d'Afrique, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2007  (ISBN 978-2-923274-23-2), p. 17

Les Porteuses d'Afrique
Tiennent dans leur mains
Les hymnes à la paix !
Elles agitent des rameaux d'olivier
Elles portent des livres
Ouverts à la page
De la paix !
Des livres
Ouverts à la page
De la joie !

  • Les porteuses d'Afrique, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2007  (ISBN 978-2-923274-23-2), p. 31

Les Porteuses d'Afrique
Invitent le Monde au rendez-vous de la paix !
Messagères infatigables
Elles portent le flambeau de la paix !
[...]
Paix
Aujourd'hui !
[...]
Paix toujours !

  • Les porteuses d'Afrique, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2007  (ISBN 978-2-923274-23-2), p. 32

Paix sur le Monde !
Puisse demain être un autre jour !
Un autre jour pour la paix
La paix pour le continent qui a vu naître l'Humanité
La paix sur trente millions de kilomètres carrés
Pour que l'Humanité se réconcilie avec elle-même
Réconciliation pour tous les enfants du Monde

  • Les porteuses d'Afrique, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2007  (ISBN 978-2-923274-23-2), p. 46

Les filles et les fils de vos filles
Transmettront
[...]
La mémoire des femmes
Debout
Au sommet du toit de l'Afrique !
Mères,
Nos respects !
Nkosi Sikelele Africa !

  • Les porteuses d'Afrique, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2007  (ISBN 978-2-923274-23-2), p. 59

Yennenga, 2012

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Mère,
Vous avez été femme
Mère,
Toute une femme
Mère,
Vous êtes femme
Car la femme vaut
autant que l'homme
Telle est la devise de
Wêemba

Autres publications

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En prenant la plume, les Africaines ont brisé l'étau de leurs propres peurs et rompu ce pacte du silence qu'elles observaient jusque-là. Cependant, rien ne leur est encore acquis car aujourd'hui comme hier les difficultés s'amoncellent et les victoires d'hier et d'aujourd'hui ne font souvent que dessiner les contours de la bataille à livrer demain.
  • « Et les Africaines prirent la plume ! Histoire d'une conquête », Angèle Bassolé Ouédraogo, Mots Pluriels, nº 8, 1998 (lire en ligne)
Que peuvent les mots ? Pour moi, tout. Les mots me permettent de continuer à espérer, de continuer à croire que le soleil brille pour tous, les mots me gardent debout. J'écris demain avec les mots et les mots me gardent vivante ! Et je travaille avec mes mots à faire de partout où je me trouve, un « chez moi ». Je travaille à me sentir chez moi partout où je suis. C'est pourquoi je réponds désormais à la fameuse question des origines par : « Je n'ai pas de pays, le Monde est mon pays. » Et je rêve à présent de pouvoir dire comme Susan Sontag : « Être enracinée ne m'intéresse pas. Je suis ce que je suis : ouverte au monde[2]. »
  • « Les sans pays: langue, écriture, exil et identité diasporique! », Angèle Bassolé, Canadian Woman Studies/Les cahiers de la femme, vol. 23 nº 2, 2004, p. 48 (lire en ligne)

Entretiens

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La littérature africaine est née de la poésie et les femmes n'ont fait que s'inscrire dans ce même courant. Or, la littérature africaine a surgi d'un contexte de violence, la colonisation. C'est par la poésie que les Senghor, Césaire, Damas, tous les Diop (Alioune, Birago, David) ont attiré l'attention du monde occidental sur les exactions qui avaient lieu en Afrique. Et les femmes qui ont pris la plume comme on prendrait les armes pour sortir du silence dans lequel on les avait longtemps maintenues et confondues, ont trouvé dans la poésie le vecteur parfait pour dire leur refus d'être exclues, leur volonté de parler en leurs noms propres.
  • « Angèle Bassolé-Ouédraogo, écrivaine et femme plurielle, publie 'Les Porteuses d'Afrique' », Tiego Tiemtoré, Amina, nº 454, février 2008 (lire en ligne)
La littérature apporte beaucoup plus qu'on ne le pense. Ceux qui croient que le développement se limite aux ponts et aux échangeurs se trompent grandement. Le plus important, c'est ce que nous sommes au fond de nous-mêmes, pas ce que l'on a. Ce sont nos valeurs intrinsèques, ce sont les belles découvertes et les échanges que nous apportent la lecture, l'écriture, la culture de manière générale. La littérature contribue au développement des sociétés. C'est une autre école : l'école de la vie. On apprend beaucoup en lisant.
  • « Angèle Bassolé-Ouédraogo publie Yennenga, un hommage à la bravoure des Africaines », Tiego Tiemtoré, Amina, nº 506, juin 2012 (lire en ligne)

Citations sur la personne

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Chaque poème, un éclat, un appel direct en accéléré car le temps passe, le temps presse. De cette charge, se dégage un effet choc qui tour à tour oppresse, provoque, libère. Exhortation, complainte, incantation, exaltation, ces poèmes à la fois résonance dans la distance et vive scansion de l'émotion, sont autant d'appels à être partout.
  • « Postface », Andrée Lacelle, dans Sahéliennes, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2006  (ISBN 978-2-923274-10-2), p. 72
Exilée à tous les temps, la poète conjugue le soleil futur, et, partout, elle sème les pistes du rêve : le rêve réel et le réel du rêve. Et les Amazones, muses du rêve, ne sont pas seulement dans le passé. Elles sont aussi des éclaireuses dans un Avenir.
  • « Postface », Andrée Lacelle, dans Sahéliennes, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2006  (ISBN 978-2-923274-10-2), p. 73-74

Critiques et analyses de Avec tes mots, 2003

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VOICI UN POÈME QUI DÉRANGE. Angèle Bassolé-Ouédraogo nous fait réfléchir profondément à travers un texte dont l'engagement humaniste est évident et singulier. Le poème est perturbateur parce qu'il questionne l'éthique morale des dirigeants africains en puisant dans l'histoire et la mythologie d'un peuple, tout en restant préoccupé par les injustices contemporaines.
  • « Le Phénix des mots », Frédérick Case, Liaison (ISSN 1923-2381 (numérique)), nº 123, été 2004, p. 123 (lire en ligne)
Avec Tes Mots (...) veut secouer et réveiller le continent de la torpeur dans laquelle il vit. Ce qui importe à l'auteur en définitive, c'est l'esprit des mots qu'il faut libérer, contre la " débauche et la corruption ", c'est d'écrire une histoire avec l'esprit des mots que nul ne peut ni emprisonner, ni tuer, ni refuser d'entendre, car c'est une voix qui se glisse entre l'âme et la peau de l'âme pour se loger dans la conscience.
  • « Avec Tes Mots D'Angèle Bassole La poésie tragique », Toussaint Kafarhire Murhula, Africulture, nº Article N° : 3393, 31 mai 2004 (lire en ligne)


Notes références

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  1. ↑ « Yik pinda n sing beogo » (Se lever tôt et inventer le jour) est la devise des gens de culture dans la société moaga.
  2. ↑ Interview, Frankfurter Rundschau, 7 septembre 2002, cf. note 5 de Angèle Bassolé-Ouédraogo, « Sans pays ! langue, exil et self-identité diasporique », Mots Pluriels, no23, 2003 [texte intégral].

Voir aussi

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