Angèle Bassolé-Ouédraogo

Angèle Bassolé-Ouédraogo est une chercheuse et poète canado-burkinabé, née le à Abidjan. Elle consacre sa thèse de doctorat à la poésie des femmes africaines d'expression française.
Citations
[modifier]Burkina blues, 2000
[modifier]Je ne vis pas.
Je rêve du quotidien;
Demain ne m’inquiète pas.
C’est aujourd’hui qui m’effraie!
Sépultures anonymes
Un 19 septembre !
Comment espérer ?
Au dessus de mes forces
L’espoir !
Au dessus de mes forces
Le chant !
Au dessus de mes forces
La foi !
Au dessus de mes forces
L’amour !
C’est une terre de liberté
Rhythmée par la raison sociale et la tradition
C’est là,
Sur cette terre aride que je veux demeurer
Le Sahel,
Terre de grande liberté
La fin de mes angoisses!
Weemba m’a dit
Que je devrais être toujours forte
Toujours fière
Toujours brave
Toujours moi!
Mon pacte demeurere
Je m’en souviendrai!
Je n’ai pas le copyright de la raison
Seulement une licence authentifiée par mon intuition
Je sais que les nouvelles frontières
Seront ma haine éternelle
J’aurai toujours le front au sol
Pour gratitude
Merci à celui qui entend et écoute
Sans rien dire de nos caprices
On pense enfin à ces enfants
Une conférence se tient à Amsterdam
Encore une autre !
Encore des conventions à ratifier !
Ils ratifieront pour sûr
Mais ils n’appliqueront rien
Avec tes mots, 2003
[modifier]Ce soir
Il pleut des cordes ici
Oui des cordes avec lesquelles je m'enlace
J'ai l'âme en miettes et ta sagesse ne m'est d'aucun secours
Je voudrais écrire l'espoir avec tes mots
Mais je m'enfonce dans le marécage
- Avec tes mots, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. Malaïka / Sankofa, 2003 (ISBN 978-2-913991-23-1), p. 13
Car la vie est une fable éternelle
Une fable qui se joue même à notre insu
- Avec tes mots, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. Malaïka / Sankofa, 2003 (ISBN 978-2-913991-23-1), p. 32
Je crie
Mes cries sont étouffés
Etouffés par tes mots
Tes mots ciselés de fine pointe
Qui échorchent mon âme en furie
Ma douleur silencieuse
Douleur vive face à un continent de silence
- Avec tes mots, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. Malaïka / Sankofa, 2003 (ISBN 978-2-913991-23-1), p. 44-45
Hier a mille ans
Aujourd'hui est un instant
Instant que nous poursuivons telle l'étérnité
Avides d'être ce que nous n'avons jamais été
Être ce que nous ne serons pas
Ne serions jamais
- Avec tes mots, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. Malaïka / Sankofa, 2003 (ISBN 978-2-913991-23-1), p. 53
Tambours parlants dans nos consciences endormies
Consciences endormies de peur,
De honte
Et de lâcheté
- Avec tes mots, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. Malaïka / Sankofa, 2003 (ISBN 978-2-913991-23-1), p. 61
Tu sais,
Tes mots
Évoqueront
Toujours
Dans nos cœurs
La mélodie
De l'hymne à la joie
- Avec tes mots, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. Malaïka / Sankofa, 2003 (ISBN 978-2-913991-23-1), p. 71
L'intégrité est un remède !
Tu as été intègre !
Tu es notre remède !
Que Dieu rende la terre légère aux intègres !
- Avec tes mots, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. Malaïka / Sankofa, 2003 (ISBN 978-2-913991-23-1), p. 98
Sahéliennes, 2006
[modifier]David Diop
Ton Afrique a perdu le nord
L'unité s'en est allée
[...]
L'unité a cédé la place aux sirènes de la mort
Ivoirité
Burkinité
Aficanité
Stupidité aussi !
- Poète de la Négritude, David Diop est né à Paris d'un père sénégalais et d'une mère camerounaise. Il rendit son continent inoubliable par son célèbre poème « Afrique mon Afrique » que tous les écoliers africains ont appris à réciter et continuent de réciter. En 1960, son avion s'écrasa malheureusement au large de Dakar alors qu'il retournait d'un voyage en France. Son recueil Coups de pilon est un des classiques de la littérature africaine. Après sa mort, d'autres poèmes furent retrouvés et publiés sous le titre « Poèmes retrouvés » dans la deuxième édition de Coups de pilon. (annotation sur p. 65)
Ce n'était qu'un rêve
Un rêve devenu cauchemar
Nos rêves d'Afrique
Sont toujours des cauchemars
Debout !
Elles font traverser les fleuves à flots
Debout !
Abla Pokou !
L'enfant est mort !
Mère Abla Pokou !
Où es-tu ?
- La reine Abla Pokou du royaume baoulé ou baouli dut fuir du Ghana avec son peuple à cause des guerres intestines. La légende raconte qu'elle offrit son unique fis pour apaiser les dieux du fleuve et permettre ainsi à son peuple de traverser le fleuve tandis que ses ennemis la pourchassaient. Les hippopotames formèrent alors un pont qui permit au peuple de passer et d'échapper ainsi à ses poursuivants. Elle dit quand cela se fut fait : « Ba-Wuli », qui se traduit par « L'enfant est mort ». En souvenir de cet épisode, le peuple s'appela baouli ou baoulé, de même que la langue parlée encore aujourd'hui dans le sud-est de la Côte d'Ivoire et au Ghana actuel. (annotation sur p. 66)
La journée est devenue nuit !
Mère !
Aidez-nous !
Aidez-nous !
Aidez-nous !
Aidez-nous !
Un jour,
[...]
Nous écrirons,
Mères,
Les pages de vos victoires
[...]
Contre l'oubli !
[...]
Contre le silence de l'oppression !
[...]
Contre la mort !
[...]
Mères,
Nous écrirons
Vos hauts faits
[...]
Mères,
Nos
Respects !
Les porteuses d'Afrique, 2007
[modifier]Elles sont Debout !
Les Mères-courage !
Debout !
Au carrefour des malheurs africains
Debout !
Face à l'aube blafarde des indépendances manquées
Debout !
Au crépuscule des démocraties dévorantes
Debout !
- « Les Porteuses d'Afrique ! », Canadian Woman Studies/Les cahiers de la femme, vol. 23, no2, 2004, p. 70 [texte intégral].
- Les porteuses d'Afrique, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2007 (ISBN 978-2-923274-23-2), p. 11
Guimbi Ouattara !
Les habitantes de Sya t'attendent
Lève-toi !
[...]
Félicitations, beau travail !
- Les porteuses d'Afrique, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2007 (ISBN 978-2-923274-23-2), p. 14
Saraounia !
Reine intrépide !
[...]
Tes filles
[...]
Nous te saluons !
- Les porteuses d'Afrique, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2007 (ISBN 978-2-923274-23-2), p. 15
Ndete Yalla !
Toi, la redoutable !
Tes filles te disent
Merci !
[...]
Pour ton courage !
[...]
Pour ta témérité !
[...]
Pour ton exemple !
- Les porteuses d'Afrique, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2007 (ISBN 978-2-923274-23-2), p. 16
Levez-vous, Femmes !
Mères !
Levez-vous !
Levez-vous tôt !
Pour inventer le jour[1] !
Parce que demain est un autre jour
Levez-vous !
Levez-vous !
- Les porteuses d'Afrique, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2007 (ISBN 978-2-923274-23-2), p. 17
Les Porteuses d'Afrique
Tiennent dans leur mains
Les hymnes à la paix !
Elles agitent des rameaux d'olivier
Elles portent des livres
Ouverts à la page
De la paix !
Des livres
Ouverts à la page
De la joie !
- Les porteuses d'Afrique, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2007 (ISBN 978-2-923274-23-2), p. 31
Les Porteuses d'Afrique
Invitent le Monde au rendez-vous de la paix !
Messagères infatigables
Elles portent le flambeau de la paix !
[...]
Paix
Aujourd'hui !
[...]
Paix toujours !
- Les porteuses d'Afrique, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2007 (ISBN 978-2-923274-23-2), p. 32
Paix sur le Monde !
Puisse demain être un autre jour !
Un autre jour pour la paix
La paix pour le continent qui a vu naître l'Humanité
La paix sur trente millions de kilomètres carrés
Pour que l'Humanité se réconcilie avec elle-même
Réconciliation pour tous les enfants du Monde
- Les porteuses d'Afrique, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2007 (ISBN 978-2-923274-23-2), p. 46
Les filles et les fils de vos filles
Transmettront
[...]
La mémoire des femmes
Debout
Au sommet du toit de l'Afrique !
Mères,
Nos respects !
Nkosi Sikelele Africa !
- Les porteuses d'Afrique, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2007 (ISBN 978-2-923274-23-2), p. 59
Yennenga, 2012
[modifier]Mère,
Vous avez été femme
Mère,
Toute une femme
Mère,
Vous êtes femme
Car la femme vaut
autant que l'homme
Telle est la devise de
Wêemba
Autres publications
[modifier]- « Et les Africaines prirent la plume ! Histoire d'une conquête », Angèle Bassolé Ouédraogo, Mots Pluriels, nº 8, 1998 (lire en ligne)
- « Les sans pays: langue, écriture, exil et identité diasporique! », Angèle Bassolé, Canadian Woman Studies/Les cahiers de la femme, vol. 23 nº 2, 2004, p. 48 (lire en ligne)
Entretiens
[modifier]- « Angèle Bassolé-Ouédraogo, écrivaine et femme plurielle, publie 'Les Porteuses d'Afrique' », Tiego Tiemtoré, Amina, nº 454, février 2008 (lire en ligne)
- « Angèle Bassolé-Ouédraogo publie Yennenga, un hommage à la bravoure des Africaines », Tiego Tiemtoré, Amina, nº 506, juin 2012 (lire en ligne)
Citations sur la personne
[modifier]- « Postface », Andrée Lacelle, dans Sahéliennes, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2006 (ISBN 978-2-923274-10-2), p. 72
- « Postface », Andrée Lacelle, dans Sahéliennes, Angèle Bassolé-Ouédraogo, éd. L'Interligne, 2006 (ISBN 978-2-923274-10-2), p. 73-74
Critiques et analyses de Avec tes mots, 2003
[modifier]- « Le Phénix des mots », Frédérick Case, Liaison (ISSN 1923-2381 (numérique)), nº 123, été 2004, p. 123 (lire en ligne)
- « Avec Tes Mots D'Angèle Bassole La poésie tragique », Toussaint Kafarhire Murhula, Africulture, nº Article N° : 3393, 31 mai 2004 (lire en ligne)
Notes références
[modifier]- ↑ « Yik pinda n sing beogo » (Se lever tôt et inventer le jour) est la devise des gens de culture dans la société moaga.
- ↑ Interview, Frankfurter Rundschau, 7 septembre 2002, cf. note 5 de Angèle Bassolé-Ouédraogo, « Sans pays ! langue, exil et self-identité diasporique », Mots Pluriels, no23, 2003 [texte intégral].