Andrea Camilleri

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Andrea Camilleri en 2010.

Andrea Camilleri, né le à Porto Empedocle (la Vigàta de ses romans) et mort le à Rome, est un metteur en scène et un écrivain italien. L'ensemble de son œuvre se passe dans sa Sicile natale, et le style de l'auteur est volontairement affecté par les sicilianismes, ce que les traducteurs essayent de rendre au mieux.

Le Tour de la bouée, 2003[modifier]

Une bordille de dégueulasserie de nuit toute gangassée, et que tu vires et que tu tournes, que tu t'endors et tu t'aréveilles, que tu te lèves et tu te couches. Et pas à cause d'une bâffrée de poulpes au sel ou de sardines à la becfigue qu'il se serait faite le soir d'avant […]
  • Début du roman.
  • Le Tour de la bouée (2003), Andrea Camilleri (trad. Serge Quadruppani), éd. Fleuve Noir, 2005, p. 11


Avant de sortir, il revint à la cuisine dans l'intention de se prendre un autre café, mais il aréussit à ne se remplir qu'une demi-tasse passque l'autre moitié, il se la renversa sur le pantalon. Soudain, sa main, de sa propre initiative, s'était écartée. Un autre signal de la vieillesse qui se préparait ?
  • Le Tour de la bouée (2003), Andrea Camilleri (trad. Serge Quadruppani), éd. Fleuve Noir, 2005, p. 134


Le ciel s'était couvert et il faisait si sombre qu'on ne voyait qu'un putain de que dalle à un pas de distance.
  • Le Tour de la bouée (2003), Andrea Camilleri (trad. Serge Quadruppani), éd. Fleuve Noir, 2005, p. 239


Les Ailes du sphinx, 2010[modifier]

Dans le parking, le commissaire s’atrouva à côté d’une Ferrari. À qui appartenait-elle ? Certainement à un crétin, quoique pût être le nom du propriétaire inscrit sur la carte grise. Parce qu’y pouvait y avoir qu’un crétin pour se promener au pays dans une voiture pareille. Et y’avait aussi une deuxième catégorie d’imbéciles, parents très proches des crétins à Ferrari, c’était celle des gens qui, pour aller faire leur marché, se prenaient leur tout-terrain à quatre roues motrices, avec quatorze phares grands et petits, boussole et essuie-glaces spéciaux anti-tempête de sable.
  • Les Ailes du sphinx (2006), Andrea Camilleri (trad. Serge Quadruppani), éd. Fleuve Noir, 2010, p. 53


Sur la langue et la traduction de Camilleri[modifier]

Depuis quelques années, le travail des traducteurs a été orienté par la tentative de mieux rendre la langue de leurs auteurs en échappant à la dictature de la « fluidité » et du « grammaticalement correct », qui avait imposé à des générations de lecteurs français une idée trop vague du style réel de tant d'auteurs. […] À l'intérieur de ce cadre, à mon artisanal niveau, l'essentiel était, me semble-t-il, de tenter de restituer auprès du lecteur français la plus grande partie de ce que ressent le lecteur italien non sicilien à la lecture de Camilleri. Ce sentiment d'étrange familiarité que procure sa langue, écho de ce qu'on éprouve en rencontrant, en même temps qu'une île, une très ancienne et très moderne civilisation.
  • « Avertissement », Serge Quadruppani, dans Le Tour de la bouée (2003), Andrea Camilleri (trad. Serge Quadruppani), éd. Fleuve Noir, 2005, p. 10


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