Amanda Sthers

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Amanda Sthers (2010).

Amanda Sthers (de son vrai nom Amanda Queffélec-Maruani), née à Paris le 18 avril 1978, est une romancière, dramaturge et scénariste française. Elle est aussi, depuis 2009, réalisatrice d'un long métrage: Je vais te manquer.

Les Érections américaines (2013)[modifier]

Regardez-moi cette fougue ! Même ses erreurs ont de la gueule !


Est-ce que la tuerie de masse est la version absolue du suicide contemporain ?
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 14


Je suis seule comme Adam. Ça fait du mal dedans. L'arbre fait-il du bruit quand il tombe dans la forêt vide ?
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 24


Un trou dans l'image paternelle a toujours donné lieu à une violence non régulée.
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 28


Les femmes ne dépendent plus des hommes. Donc les mecs castrés procréent et fuient.
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 28


Alors, qui joue le rôle du papa dans la société américaine ? Un être carré, moralisateur, dissipé parfois, toujours présent : le poste de télévision.
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 29


Notre génération pense que les enfants et leurs parents doivent s'aimer naturellement. Mais il n'en est rien. Ce n'est pas une donne naturelle mais culturelle. Avant on te demandait de respecter tes parents, pas de les aimer. Et nous non plus ne sommes pas obligés d'aimer nos enfants.
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 30


Les enfants regardent face caméra et l'affirment : ils feront ce qu'ils veulent.
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 30


L'apparition de la fiction de la vie fait que tout est un jeu, alors plus rien n'est drôle.
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 30


Je me dis qu'il l'a peut-être tuée pour ne pas la baiser.
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 30/31


Il la haïssait sans doute comme les gens qu'on désire.
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 31


Dans une société ultra-individualiste, quand on sauve la patrie c'est pour sauver sa propre peau. Quand on est poli c'est pour gravir les échelons sociétaux. Les autres n'existent pas.
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 35-36


Tuer massivement serait donc l'inverse haineux du sourire permanent.
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 36


… je crois en les ponts entre les choses, je crois en ces coïncidences qui font trembler l'échine comme des signes du hasard qui nous ligote le parti pris. Je ne crois pas en Dieu mais dans les esprits malins, sans doute oui.
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 40


Les moments n'existent pas, il n'y a que la vie. La vie qui fait des boucles.
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 45


Le tueur fou, en état d'Amok, de transe dans laquelle ayant tout pouvoir sur la mort, sur des êtres qu'il n'aime ni ne hait, prêt à mourir lui-même, a aboli la métaphysique. Il n'y a plus que du concret dont l'arme à feu est le parangon mécanique qui rend le lointain proche et le prochain étrange.
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 45-46


Regarde attentivement leur cinéma. On ne te montre pas une scène de cul ou un orgasme sans qu'arrive dix minutes après un bain de sang. Une paire de seins c'est l'annonce d'un drame. C'est la punition, tu comprends ?
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 58


Le porno, la visualisation du sexe sont le placébo de l'acte sexuel avéré.
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 59


L'inconscient c'est ce pont entre la réalité et la vie rêvée.
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 60


Les filles se comprennent dès qu'elles s'avouent leurs faiblesses.
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 67


Parfois une minijupe ça aide à avoir des renseignements.
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 68


Nous, individus de ce début de siècle, nous sommes tous des fictions.
  • Les Érections américaines, Amanda Sthers, éd. Flammarion, 2013, p. 70


Rompre le charme (2012)[modifier]

Il y a des blocs en réserve dans une sous-couche de mon cœur. C'est sur ces silences de ma mémoire que je suis devenue écrivain. Maintenant je le sais.
  • Rompre le charme, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012  (ISBN 978-2-253-17409-7), p. 12


J'imagine que les gens meurent plus quand il fait chaud. Que c'est un temps écœurant, gerbatoire. Qu'on se hait. Qu'on ne se sent protégé de rien. Que la peau est exposée à la vie. Qu'on sent sa propre odeur. Qu'on a le sexe dressé. Qu'on se dégoûte.
  • Rompre le charme, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012, p. 16


Je me bats à coups de plume contre le poids des silences maudits.
  • Rompre le charme, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012, p. 29


J'ai peur de m'avouer que je suis un assassin. Sous cette foutue trempe d'écriture, je ne suis qu'une vulgaire tortionnaire.
  • Rompre le charme, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012, p. 16


Vous avez la cruauté des enfants, vous ne prêtez pas de valeur à la vie.
  • Rompre le charme, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012, p. 34


Quand on a une bite, on joue avec, c'est ce qu'il a fait avec son révolver. Il aurait peut-être bien voulu jouer avec celle d'un autre, ou écraser celle de son père. C'est la bite qu'il avait entre les mains qui l'a tuée.
  • Rompre le charme, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012, p. 65


Les femmes bouffent de l'aspirine, les hommes se flinguent ou se pendent. C'est le degré zéro du symbolisme, un truc que même les primates comprennent.
  • Rompre le charme, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012, p. 65


Forcer les enfants à ingurgiter de la bouffe : un viol autorisé.
  • Rompre le charme, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012, p. 79


À croire que les gens font la guerre pour avoir le droit de faire chier les autres ensuite.
  • Rompre le charme, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012, p. 79


Ne sais-tu pas qu'on règle sa morale sur sa propre vie ?
  • Rompre le charme, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012, p. 84


Madagascar est l'autre moi de l'Afrique.
  • Rompre le charme, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012, p. 87


Je suis un cumul de banalités statistiques. Les femmes après la trentaine veulent courir le marathon. On se précipite derrière notre jeunesse qui s'éloigne.
  • Rompre le charme, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012, p. 96


J'appréhende mon corps comme s'il était neuf. Je suis un pilote de course avec une occasion qui peut lâcher à tout moment.
  • Rompre le charme, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012, p. 97


Le voilà le chemin de la vie, devenir les parents de ses propres parents.
  • Rompre le charme, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012, p. 97


La société victorienne a été très influencée par ce qu'on appelle le christianisme athlétique. L'idée c'est que les valeurs apprises en faisant du sport sont celles qui vont vous guider toute la vie.
  • Rompre le charme, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012, p. 97


Chacun connaît une histoire, on a tous grappillé des morceaux d'anecdotes et je vais reconstituer le puzzle dans le chaos de ma propre vie.
  • Rompre le charme, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012, p. 99


En tout cas c'est un père qui a mis son fils sous terre et ce n'est pas l'ordre des choses. Ça fait dérailler toute une famille pour des tonnes d'années.
  • Rompre le charme, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012, p. 100


Nous nous disputons gaiement. Nous parlons de tout, librement, comme à notre habitude. Je ne me tais pas pour qu'ils ne s'aperçoivent pas que la nuit est tombée. Je voudrais qu'ils ne partent jamais. Ne pas avoir quitté l'enfance, vivre avec eux.
  • Rompre le charme, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012, p. 100


On se construit avec la place qu'il reste, comme des arbres dans une forêt. Et le tronc qui sera joli incliné quand l'arbre voisin est droit n'est plus qu'un arbre tordu quand il est seul.
  • Rompre le silence, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012, p. 100


Sûrement j'ai dû absorber des regards, enregistrer des silences, des malaises ou des larmes mais tout est oublié, tout est dans un coin, comme une vieille malle au grenier de mes souvenirs. Il me semble souvent qu'elle est sur le point de tomber et de s'ouvrir dans un nuage de poussière.
  • Rompre le charme, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012, p. 101


Il s'est dit qu'on aimait toujours mieux les enfants morts. Et encore une théorie puis une autre. Comme si on était fait d'un bloc, qu'il y avait une seule réponse à chaque question. Comme si la vérité allait faire surface.
  • Rompre le charme, Amanda Sthers, éd. Stock, coll. « Le Livre de Poche », 2012, p. 102