Abel Bonnard

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Abel Bonnard lors de sa réception à l'Académie française en 1933.

Abel Bonnard, né le 19 décembre 1883 à Poitiers et mort le 31 mai 1968 à Madrid, est un écrivain, poète, essayiste et homme politique français.

Citations d'Abel Bonnard[modifier]

Ouvrages[modifier]

Le Palais Palmacamini (1914)[modifier]

« Ah, disait-il à Horace, quelle gaieté, dans ce temps-là ! Et de vrais seigneurs, courtois, généreux, faciles ! Toutes les nuits, ajouta-t-il en français, ils arrivaient à une heure du matin, et alors, des huîtres et du vin blanc ! » Il s'arrêta, et lui qui n'avait fait que les servir, il regrettait leurs plaisirs comme s'il les avait partagés.
  • Le Palais Palmacamini, Abel Bonnard, éd. Fasquelle, 1914, p. 65


« Il aimait les femmes », se dit Horace exalté, cela n'est donc pas indigne et puisque je lui ressemble, je dois les aimer aussi !
  • Le Palais Palmacamini, Abel Bonnard, éd. Fasquelle, 1914, p. 67


Si le jour éclaire et chauffe le présent, la nuit au contraire favorise le passé : tout ce qui était neuf semblait reculer, tout ce qui était ancien semblait avancer, et la lune, répandant du zénith sa lueur oisive, conférait une majestueuse préséance aux ruines.
  • Le Palais Palmacamini, Abel Bonnard, éd. Fasquelle, 1914, p. 71


Pour tous les motifs possibles, le prince avait horreur du présent, et, comme un artilleur qui range ses pièces, il prenait une sorte de délectation à mettre en ordre ses arguments. Il affirmait que l'art d'être heureux s'est perdu, que les hommes modernes sont tous des esclaves, et qu'enchaînés à leur besogne, les plaisirs qu'ils se donnent encore, sans rien de savant ni d'exquis, ne sont plus que d'ignobles congés de la brute.
  • Le Palais Palmacamini, Abel Bonnard, éd. Fasquelle, 1914, p. 79


— Moi, j'admire la Rome future ! cria Romualdo. Je le dis franchement, pour le présent, je trouve l'Amérique plus belle que l'Italie, je préfère New-York, oui, New-York ! Et en parlant ainsi, il avait l'air d'y être allé.
  • Le Palais Palmacamini, Abel Bonnard, éd. Fasquelle, 1914, p. 108


Il recula un peu, gêné d'être là. L'inconnue, en entrant, leva instinctivement les yeux vers lui. Il la vit. Son cœur battit.
Elle était belle.
  • Le Palais Palmacamini, Abel Bonnard, éd. Fasquelle, 1914, p. 169


La jeune femme passait parmi elles avec la tiédeur d'une vivante. Horace lui expliquait tout de son mieux et le zèle même qu'il mettait à l'intéresser l'empêchait de songer davantage à elle. Mais en allant au premier étage, comme elle le précédait dans l'escalier, la ligne de sa hanche, à chaque marche qu'elle gravissait, se heurtait voluptueusement à celle du buste. Elle avait légèrement relevé sa robe et il vit, jaillissant du soulier découvert, sa jambe svelte et forte qui montait tout droit, comme si elle avait eu hâte d'aller soutenir toute la gloire intime du corps.
  • Le Palais Palmacamini, Abel Bonnard, éd. Fasquelle, 1914, p. 196


Certaines mortifications délicates sont les derniers plaisirs des âmes sensibles.
  • Le Palais Palmacamini, Abel Bonnard, éd. Fasquelle, 1914, p. 208


C'était un de ces personnages vulgaires et encombrants qui semblent jetés dans le monde à titre de figurants, pour y peupler le décor de ce qui arrive à d'autres.
  • Le Palais Palmacamini, Abel Bonnard, éd. Fasquelle, 1914, p. 263


Il y avait dans le groupe une jeune fille assez brutalement belle, il la remarqua, et comme s'il avait eu un droit nouveau sur toutes les femmes, il fut surpris qu'elle ne l'eût pas regardé.
  • Le Palais Palmacamini, Abel Bonnard, éd. Fasquelle, 1914, p. 269


Derrière lui, il avait la vieille terre, passive et soumise, sous son harnais de chemins, mais il ne la voyait plus, il ne voyait que la mer jamais changée et toujours nouvelle, la mer salubre, libre et guerrière, l'antique adversaire d'Ulysse, la mer d'Aphrodite, la mer de Circé.
  • Le Palais Palmacamini, Abel Bonnard, éd. Fasquelle, 1914, p. 270-271


Mais la merveille de la vie était l'amour. Tout le reste était prescrit et prévu : l'amour était la seule liberté des hommes. Comment avait-on pu en médire ?
  • Le Palais Palmacamini, Abel Bonnard, éd. Fasquelle, 1914, p. 273


Tous les héros vivaient dans son cœur, et comme il se rappelait certains d'entre eux, Achille, Alexandre, il lui sembla que ce n'était là, dans le passé, que des noms sublimes de lui.
  • Le Palais Palmacamini, Abel Bonnard, éd. Fasquelle, 1914, p. 274


L'Argent (1928)[modifier]

L'argent ne doit être que le plus puissant de nos esclaves.
  • L'Argent, Abel Bonnard, éd. Hachette, 1928, p. 7


Le monde moderne est le monde de l'argent : c'est le plus brève façon de dire qu'il n'a plus d'âme.
  • L'Argent, Abel Bonnard, éd. Hachette, 1928, p. 7


Pauvres ou riches, la pire misère qui puisse nous arriver est que ce caractère accidentel devienne la définition de nous-mêmes. .
  • L'Argent, Abel Bonnard, éd. Hachette, 1928, p. 8


La pauvreté n'empêche pas un être de montrer ce qu'il a de noble, mais il lui faut un peu d'argent, pour manifester ce qu'il a de charmant.
  • L'Argent, Abel Bonnard, éd. Hachette, 1928, p. 26


La richesse illumine la médiocrité.
  • L'Argent, Abel Bonnard, éd. Hachette, 1928, p. 26


Quand un artiste ou un auteur se vante de gagner de l'argent, il nous avertit, sans y prendre garde, qu'il a changé de métier.
  • L'Argent, Abel Bonnard, éd. Hachette, 1928, p. 58


Il faut reconnaître que les hommes de l'aristocratie française ont presque toujours su dépenser l'argent très élégamment. Ils n'ont fait de bassesses que pour en avoir.
  • L'Argent, Abel Bonnard, éd. Hachette, 1928, p. 62


Saint François d'Assise (1929)[modifier]

La dure existence des femmes de ce pays leur fait une beauté austère, où leurs joues brûlées de soleil, que n'arrondit pas la moindre trace de graisse, s'étendent comme un désert entre leurs yeux et leur bouche.
  • Saint François d'Assise, Abel Bonnard, éd. Flammarion, 1929, p. 24-25


Comme pour toutes les âmes exquises, le Bien et le Mal devaient lui apparaître sous les espèces du Beau et du Laid.
  • Saint François d'Assise, Abel Bonnard, éd. Flammarion, 1929, p. 214


La sainteté : c'est de la grandeur consumée.
  • Saint François d'Assise, Abel Bonnard, éd. Flammarion, 1929, p. 242


Les Modérés (1936)[modifier]

[Les modérés sont] les femmes de la politique : ils souhaitent qu'on leur fasse une agréable violence.
  • Les Modérés, Abel Bonnard, éd. Grasset, 1936, p. 154


Quand une société qui ne vit plus que par survivance se désagrège en hommes épars, qui ne sont sauvés de leur pauvreté intérieure par aucun rapport avec un fonds commun à tous, sans terroir, sans religion, sans disciplines, fonctionnaires ennuyés de leur emploi, artisans dépris de leur métier, ouvriers qui n'aiment plus leur besogne et qui ont, trop souvent, une besogne qu'ils ne peuvent pas aimer, comment ces individus désintégrés pourraient-ils essayer de revivre autrement que par des opinions révolutionnaires ? Comment le grain de poussière rentrerait-il dans le drame universel, sinon par la turbulence des vents ?
  • Les Modérés, Abel Bonnard, éd. Grasset, 1936, p. 175


Rien ne fait tableau comme la chute et la ruine éblouissante d'un grand fleuve, et ce grondement de discours, ces arcs-en-ciel de poèmes, ces feux des idées trempés dans les gouttelettes des mots, ce n'est pourtant que l'Homme qui tombe.
  • Les Modérés, Abel Bonnard, éd. Grasset, 1936, p. 240


La République telle qu'elle est ne peut plus suffire aux circonstances où la France est placée.
  • Les Modérés, Abel Bonnard, éd. Grasset, 1936, p. 273


Je manquerais à la haute idée que je me fais de l'Ordre, si je chantais ici la louange des dictatures. Elles ne peuvent être regardées que comme le remède très pénible d'un mal très profond.
  • Les Modérés, Abel Bonnard, éd. Grasset, 1936, p. 280


Les circonstances où nous sommes auront paru vainement, si elles ne donnent pas lieu à une rentrée de l'homme. Les crises ne font jamais que nous sommer d'être nous-mêmes ; les choses aboient autour de nous pour provoquer quelqu'un qui les dompte, et cette même clameur qui donne aux âmes lâches l'envie de s'enfuir donne aux âmes fortes celle de se montrer.
  • Les Modérés, Abel Bonnard, éd. Grasset, 1936, p. 290


L'action ne peut se chercher de sources qu'au-dessus d'elle.
  • Les Modérés, Abel Bonnard, éd. Grasset, 1936, p. 323


Le Comte de Gobineau (1968)[modifier]

Ayant moi-même cette Asie pour patrie personnelle et pour immense refuge, loin du vulgaire Occident, je lui suis reconnaissant d'avoir été l'un de ceux qui la dévoilèrent.
  • Le Comte de Gobineau, Abel Bonnard, éd. Dynamo, 1968, p. 8-9


Berlin, Hitler et moi (1987)[modifier]

Le Destin n'attend pas : dans la vie des nations comme dans celle des individus, il n'y a que de rares moments de choix, dont il faut reconnaître l'insigne importance, si l'on veut profiter pleinement des chances qu'ils nous offrent. L'Occasion est une déesse qui ne s'assied pas.
  • Berlin, Hitler et moi. Inédits politiques, Abel Bonnard, éd. Avalon, 1987, p. 246


Citations rapportées[modifier]

Les vrais amis sont les solitaires ensemble.
  • Le cadeau de l'amitié, Helen Exley, éd. Exley, 2002, p. 68


Citations sur Abel Bonnard[modifier]

Abel Bonnard, l'académicien ministre de l'Éducation Nationale, surnommé Gestapette, qui s'était entiché d'un nouvel éphèbe, soldat allemand blond et hâlé, qu'il voulait soustraire au front à tout prix en prétendant, qu'à lui seul, ce militaire d'élite, aux proportions idéales et aux goûts particuliers, pouvait incarner l'œuvre monumentale du génial sculpteur du Reich, Arno Breker.


Un fascinant personnage, le réfugié le plus prestigieux et spirituel d'entre nous.


Bonnard ou la symphonie en gris sans grisaille aucune. Fluet, menu, ce petit-maître très XVIIIe siècle, au beau langage et aux nobles manières, semblait toujours poudré à frimas.


Ce précieux savait mordre, cet abbé d'opérette pouvait, à l'occasion, faire montre de violence et insuffler son élégant venin.


Ce banni dérisoire aux mains pleines de grâces, ce ménestrel aux goûts grecs et à l'esprit latin qui m'avait appris à jongler avec les hasards de l'existence...


Les articles d’Abel Bonnard, dont le style périodique et fleuri sent un peu trop le discours académique — heureux temps, où le défaut des académiciens français était d’écrire trop bien le français !
  • « Un beau gâchis ? Je suis partout (1932-1944) », Flavien Blanchon, fr.novopress.info, 15 juin 2015 (lire en ligne)


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