Éric Faye

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Éric Faye (2012).

Éric Faye est un journaliste et écrivain français né à Limoges en 1963. Il se met à l'écriture au début des années 1990 et publie une nouvelle, Le Général Solitude, laquelle sera ensuite davantage développée sous la forme d'un roman (1995). Son recueil de nouvelles Je suis le gardien du phare remporte le Prix des Deux Magots en 1998, tandis que son roman Croisière en mer des pluies se voit décerner le Prix UNESCO-Françoise Gallimard en 1999. Le style d'Éric Faye se caractérise par le fantastique, l'anticipation et l'absurde, dernier thème qu'il aborde par ailleurs dans Nagasaki, roman qui a obtenu le Grand Prix du roman de l'Académie française en 2010 et qui s'inspire d'un fait divers survenu au Japon peu avant sa publication.


Nagasaki (2010)[modifier]

On raconte que les bambous de même souche fleurissent à même date, meurent à même date, si éloignés que soient les lieux où ils ont été plantés dans le monde.      — Pascal Quignard
  • Épigraphe placée en tête du roman
  • Nagasaki, Éric Faye, éd. Stock, 2010, p. 7


Certains jours, ceux qui longent à pied les chantiers navals ne perçoivent plus les coups de marteaux habituels. Plus d'échos, plus un choc, plus un appel. Dans le port, les grues ne chargent ni ne déchargent guère [...] Ces dinosaures de l'ère industrielle sont atteints d'un mal mystérieux. On l'a dit et répété à la télévision, il a pour nom la Crise et on ignore comment le vaincre. Les banques ne prêtent plus d'argent. Certaines n'en ont plus. Qu'est-il devenu ? Nul ne le sait vraiment et cela inquiète. La stupeur gagne. Dans le bac à sable où les enfants jouaient au capitalisme, on vient d'égarer la règle du jeu.
  • Nagasaki, Éric Faye, éd. Stock, 2010, p. 71-72


Je n'ai jamais aimé ceux qui réussissent. Non pas parce qu'ils réussissent, mais parce qu'ils deviennent le jouet de leur succès, d'un Moi aveuglé. Le Moi à tout prix est la fin de l'homme. La Crise rend les hommes un peu plus seuls. Que signifie encore ce nous qui revient à tire-larigot dans les conversations ? Le nous meurt. Au lieu de se regrouper autour d'un feu, les je s'isolent, s'épient. Chacun croit s'en sortir mieux que le voisin et cela, aussi, c'est probablement la fin de l'homme.
  • Nagasaki, Éric Faye, éd. Stock, 2010, p. 73


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