Émile Guillaumin

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Buste d'Émile Guillaumin

Émile Guillaumin (1873-1951) est un écrivain paysan français. Il est connu pour son roman La vie d'un simple qui documente la vie paysanne en France dans la seconde moitié du XIXème siècle.

Citations[modifier]

Je trouve qu'un des bons avantages des fortunés est d'avoir des appartements de plusieurs pièces, celle où l'on mange étant distincte de celles où l'on couche, chaque ménage ayant sa chambre propre et, conséquemment, son intimité particulière. [...] Tandis que dans l'unique pièce des maisonnées pauvres, c'est tous les spectacles mêlés, la misère de chacun s'étalant aux yeux de tous sans possibilité contraire.


Si l'on raisonnait avec sagesse on n'aurait pas souvent, je pense, l'occasion de croire aux sorts.


Étais-ce donc ma faute si parlais de façon peu correcte ? Je parlais comme on me l'avait appris, voilà tout. Lui, qui était resté sans doute jusqu'à vingt ans dans les écoles, avait pu acquérir la science des belles phrases. Moi j'avais fait autre chose pendant ce temps-là. Et, à l'heure actuelle, j'employais ailleurs sans doute aussi utilement que lui mes facultés : car, de faire venir le pain, c'est bien aussi nécessaire que d'écrire des livres, je suppose ! Ah ! si je l'avais vu à l’œuvre avec moi, l'homme célèbre, à labourer, à faucher ou à battre, je crois bien qu'à mon tour j'aurais eu la place de rire ! J'ai fait souvent ce souhait d'avoir sous ma direction, pendant quelques jours, au travail des champs, tous les malins qui se fichent des paysans.


Se démener sans trêve de l'aube au soir, se hâter d'achever un travail pour en recommencer bien vite un autre qui se trouve en retard, dormir cinq ou six heures seulement d'un sommeil léger coupé d'inquiétudes, c'est un régime qui n'engraisse pas, mais d'où l'ennui est banni. Ce régime, six mois chaque année, était le mien. Car, après la rentrée des récoltes venaient les fumures, les labours, les semailles qui sont temps de grande presse aussi et jusqu'au environs de la Saint-Martin je continuais de me lever dès quatre heures du matin.


Certes, on n'avait pas encore idée à cette époque du luxe d'à présent, mais on s'éloignait déjà beaucoup de la simplicité de ma jeunesse.


[...] toutes les fibres de mon organisme tenaient à cette terre et à ce vieux logis d'où un Monsieur me chassait sans autre motif que la cupidité, parce qu'il était le maître. [...] Je me pris à réfléchir sur la vie que je trouvais cruellement bête et triste pour les pauvres gens comme nous, voués aux travaux forcés perpétuels.


Le vrai devoir de chacun me semble tenir dans cette ligne de conduite toute simple : bien travailler, se comporter honnêtement, ne chagriner personne, s'efforcer de rendre service quand on le peut, en particulier à ceux qui sont dans la misère et dans la peine...