Émile Borel

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Félix Édouard Justin Émile Borel (né à Saint-Affrique le 7 janvier 1871 - mort à Paris le 3 février 1956), mathématicien, professeur à la Faculté des sciences de Paris, spécialiste de la théorie des fonctions et des probabilités, membre de l'Académie des sciences, est aussi un homme politique français, député, ministre.

Citations[modifier]

Quels que soient les progrès des connaissances humaines, il y aura toujours place pour l'ignorance et par suite pour le hasard et la probabilité.

  • Le hasard, Emile Borel, éd. Librairie Félix Alcan, 1914, p. 12-13


Il semble que la valeur éducative de l’enseignement mathématique ne pourra qu’être augmentée si la théorie y est, le plus souvent possible, mêlée à la pratique. L’élève comprendra qu’il est sans doute excellent de bien raisonner, mais qu’un raisonnement juste ne conduit à des résultats exacts que si le point de départ est lui-même exact ; qu’il faut, par suite, ne pas croire aveuglément à tout raisonnement, à toute démonstration d’apparence scientifique, mais se dire toujours que la conclusion n’a de valeur qu’autant que les données ont été scrupuleusement vérifiées par l’expérience. C’est la meilleure éducation que nous pouvons souhaiter donner à nos élèves. Quand ils auront bien compris à la fois la puissance indéfinie du raisonnement abstrait et son incapacité absolue à créer de toutes pièces une vérité pratique, ils seront mieux armés pour la vie.

  • « Les exercices pratiques de mathématiques dans l’enseignement secondaire », Emile Borel, Conférence au musée pédagogique, 3 mars 1904 (lire en ligne)


Mais, si les Grecs ont été nos premiers éducateurs, si nous leur devons une reconnaissance éternelle pour avoir, les premiers, proclamé les droits de la raison humaine et compris que le monde n’est pas gouverné par les Dieux ni par le hasard, nous savons aussi qu’ils ne se sont pas toujours exactement rendu compte des limites imposées à la raison par l’expérience, au possible par le réel. Dans le premier essor de son affranchissement, la raison a cru pouvoir, à elle seule, construire a priori le Monde, et de là sont nés les systèmes idéalistes où des esprits supérieurs, depuis Platon jusqu’à Hegel, ont montré à quelles aberrations peut aboutir l’intelligence humaine lorsqu’elle veut planer au-dessus et en dehors des réalités.

  • « Les exercices pratiques de mathématiques dans l’enseignement secondaire », Emile Borel, Conférence au musée pédagogique, 3 mars 1904 (lire en ligne)


Pour M. Keynes, si attaché aux réalités, à ce qui est matter of fact, les propriétés des gaz, des dissolutions, des émulsions, des substances radioactives [...] ne sont-elles pas des réalités ? [...] Ceci prouve une fois de plus combien sont différents les esprits des Anglais et les esprits des continentaux; nous ne devons pas nous hypnotiser sur ces différences et chercher avec obstination à comprendre ce qui est pour nous incompréhensible; il vaut mieux admettre ces différences comme une matter of fact et essayer néanmoins d'adapter à notre mentalité particulière les idées originales des Anglais. Ce faisant, nous sommes à peu près sûrs de les trahir, mais en même temps de leur donner la seule chance qu'ils peuvent avoir d'exercer une influence sur des esprits faits autrement que les leurs.

  • « A propos d'un traité de probabilités », Emile Borel, Rev. philos., 1924, t. 98, p. 321-326


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