Édouard Zarifian
Apparence
Édouard Zarifian est un psychiatre et professeur d'université français d'origine arménienne, né le 22 juin 1941 à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine), mort le 20 février 2007 à Ouistreham (Calvados). Il est connu pour ses ouvrages alertant sur les dangers de l'utilisation systématique des psychotropes, en place de traitements humanistes remettant la personne du malade au cœur de la prise en charge.
Citations
[modifier]Les Jardiniers de la folie, 1988
[modifier]Personne ne se posant en général la vraie question : les thérapeutiques issues de ces positions théoriques ont-elles fait la preuve de leur efficacité pour les malades ?
- À propos des guerres de religion, entre tenants d'écoles différentes.
- Les Jardiniers de la folie (1988), Édouard Zarifian, éd. Odile Jacob, coll. « Poches Odile Jacob », 2000 (ISBN 978-2-7381-0797-8), p. 16
On peut douter de la réalité, on ne doute jamais de son délire.
- Les Jardiniers de la folie (1988), Édouard Zarifian, éd. Odile Jacob, coll. « Poches Odile Jacob », 2000 (ISBN 978-2-7381-0797-8), p. 33
Le terme « folie » est bien vague si l'on suit les dictionnaires, mais c'est une insulte dans la langue de tous les jours.
Ėtrange, en vérité, qu'une insulte serve aussi à désigner une maladie...
- Les Jardiniers de la folie (1988), Édouard Zarifian, éd. Odile Jacob, coll. « Poches Odile Jacob », 2000 (ISBN 978-2-7381-0797-8), p. 13
Les propriétés comportementales des psychotropes ont été découvertes par hasard et grâce à la sagacité des cliniciens. Nulle stratégie neurobiologique n'a abouti au développement de psychotropes originaux.
- Les Jardiniers de la folie (1988), Édouard Zarifian, éd. Odile Jacob, coll. « Poches Odile Jacob », 2000 (ISBN 978-2-7381-0797-8), p. 63
Une certaine idée de la folie, 2001
[modifier]La totalité des grandes classes de médicaments psychotropes a été […] découverte par des cliniciens avisés, observateurs, qui écoutaient les malades, et pas du tout sur la base de raisonnements neurobiologiques.
- Une certaine idée de la folie, Édouard Zarifian, éd. Éditions de l'Aube, coll. « Monde en cours / intervention », 2001 (ISBN 978-2-87678-612-7), p. 58
Dire qu’on soigne la dépression ou la schizophrénie est un abus de langage, un raccourci dont on est dupe. Un raccourci, c’est toujours commode.
- Une certaine idée de la folie, Édouard Zarifian, éd. Éditions de l'Aube, coll. « Monde en cours / intervention », 2001 (ISBN 978-2-87678-612-7), p. 59
N’importe lequel d’entre nous est capable de délirer, d’avoir des hallucinations dans des circonstances exceptionnelles, pharmacologiques et psychologiques. Dans la vie de tous les jours, les gens dits « normaux » ont un seuil d’apparition de symptômes, symptômes délirants par exemple, suffisamment élevé pour que les événements habituels de la vie ne les fassent pas délirer.
- Une certaine idée de la folie, Édouard Zarifian, éd. Éditions de l'Aube, coll. « Monde en cours / intervention », 2001 (ISBN 978-2-87678-612-7), p. 64-65
Le Goût de vivre, 2005
[modifier]Parler n'est pas une question de mots. Cela met en jeu tous les moyens de transmettre du sens, de l'intention, par la prosodie, la gestuelle, la mimique, les silences. C'est donc par simplification que le mot « parole » est utilisé pour condenser ces moyens d'échange entre les êtres humains.
- Le Goût de vivre, Édouard Zarifian, éd. Odile Jacob, 2005 (ISBN 978-2-73811-107-4), p. 52
Impalpable mais perceptible par tous, notre psychisme constitue notre identité pendant le temps de la vie. Il est notre vie. C'est un édifice invisible, même par imagerie cérébrale, qui fonde ce que nous sommes, tel que les autres nous perçoivent. Cette vie psychique ne nous est pas donnée en arrivant au monde. Elle s'élabore petit à petit au cours de l'existence.
- Le Goût de vivre, Édouard Zarifian, éd. Odile Jacob, 2005 (ISBN 978-2-73811-107-4), p. 107