Vassily Kandinsky

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Vassili Vassilievitch Kandinski ((ru) : Василий Васильевич Кандинский) est un peintre russe et un théoricien de l'art né à Moscou (Russie) le 4 décembre 1866 et mort à Neuilly-sur-Seine (France) le 13 décembre 1944.

Du spirituel dans l’art, 1911[modifier]

En règle générale, la couleur n'est donc pas un moyen d'exercer une influence directe sur l'âme. La couleur est la touche. L'oeil est le marteau. L'âme est le piano aux cordes nombreuses. L'artiste est la main qui, par l'usage convenable de telle ou telle touche, met l'âme humaine en vibration. Il est donc clair que l'harmonie des couleurs doit reposer uniquement sur le principe de l'entrée en contact efficace avec l'âme humaine. Cette base sera définie comme le principe de la nécessité intérieure.

  • Du spirituel dans l’art, Vassily Kandinsky, éd. Denoël, coll. folio / essais, 1989, p. 112


Mais, de même que le corps, l’esprit se fortifie et se développe par l’exercice. Comme un corps qu’on néglige et qui devient faible et finalement impotent, l’esprit s’affaiblit. Le sentiment inné de l’artiste est comme le talent de l’Évangile qui ne doit pas être enterré. L’artiste qui laisse ses dons inemployés est le serviteur paresseux.

  • Du spirituel dans l’art, Vassily Kandinsky, éd. Denoël, coll. folio / essais, 1989, p. 141


La peinture est un art, et l’art dans son ensemble n'est pas une vaine création d'objets qui se perdent dans le vide, mais une puissance qui a un but et doit servir à l'évolution et à l'affinement de l'âme humaine, au mouvement du Triangle. Il est le langage qui parle à l'âme, dans la forme qui lui est propre, de choses qui sont le pain quotidien de l'âme et qu'elle ne peut recevoir que sous cette forme.

  • Du spirituel dans l’art, Vassily Kandinsky, éd. Denoël, coll. folio / essais, 1989, p. 200


Est beau ce qui procède d'une nécessité intérieure de l'âme. Est beau ce qui est beau intérieurement.

  • Du spirituel dans l’art, Vassily Kandinsky, éd. Denoël, coll. folio / essais, 1989, p. 203


Regards sur le passé, 1912-1922[modifier]

Dans ce tableau, j’étais à vrai dire en quête d’une certaine heure, qui était et qui reste toujours la plus belle heure du jour à Moscou. Le soleil est déjà bas et a atteint sa plus grande force, celle qu’il a cherchée tout le jour, à laquelle il a aspiré tout le jour. […] Le soleil fond tout Moscou en une tache qui, comme un tuba forcené, fait entrer en vibration tout l’être intérieur, l’âme toute entière. […] Rendre cette heure me semblait le plus grand, le plus impossible des bonheurs pour un artiste. Ces impressions se renouvelaient chaque jour ensoleillé. Elles me procuraient une joie qui me bouleversait jusqu’au fond de l’âme, et qui atteignait jusqu’à l’extase.

  • Regards sur le passé, Vassily Kandinsky, éd. Hermann, 1974, p. 91


Le monde est rempli de résonances. Il constitue un cosmos d’êtres exerçant une action spirituelle. La matière morte est un esprit vivant.

  • Regards sur le passé, Vassily Kandinsky, éd. Hermann, 1974, p. 160
  • « Regards sur le passé », dans Écrits complets, Vassily Kandinsky, éd. Denoël-Gonthier, 1975, vol. 2 (« La forme »), p. 239


Point et ligne sur plan, 1926[modifier]

Tout phénomène peut être vécu de deux façons. Ces deux façons ne sont pas arbitrairement liées aux phénomènes – elles découlent de la nature des phénomènes, de deux de leurs propriétés : Extérieur – Intérieur.

  • « Point-ligne-plan », dans Écrits complets, Vassily Kandinsky, éd. Denoël-Gonthier, 1975, vol. 2 (« La forme »), p. 53
  • Point et ligne sur plan, Vassily Kandinsky, éd. Gallimard, coll. folio / essais, 1991, p. 15


Le point géométrique est un être invisible. Il doit donc être défini comme immatériel. Du point de vue matériel, le point égale Zéro [...]. Ainsi le point géométrique est, selon notre conception, l'ultime et unique union du silence et de la parole.

  • « Point-ligne-plan », dans Écrits complets, Vassily Kandinsky, éd. Denoël-Gonthier, 1975, vol. 2 (« La forme »), p. 61
  • Point et ligne sur plan, Vassily Kandinsky, éd. Gallimard, coll. folio / essais, 1991, p. 27


La ligne géométrique est un être invisible. Elle est la trace du point en mouvement, donc son produit. Elle est née du mouvement - et cela par l'anéantissement de l'immobilité suprême du point. Ici se produit le bond du statique vers le dynamique. [...] Les forces extérieures qui transforment le point en ligne peuvent être de nature très différente. La diversité des lignes dépend du nombre de ces forces et de leurs combinaisons.

  • « Point-ligne-plan », dans Écrits complets, Vassily Kandinsky, éd. Denoël-Gonthier, 1975, vol. 2 (« La forme »), p. 93
  • Point et ligne sur plan, Vassily Kandinsky, éd. Gallimard, coll. folio / essais, 1991, p. 67


Voir l'invisible, Michel Henry, 1988[modifier]

Le « Super-pionnier » [Kandinsky] n’a pas seulement produit une œuvre dont la magnificence sensorielle et la richesse d’invention éclipsent celle de ses contemporains les plus remarquables ; il a donné en outre une théorie explicite de la peinture abstraite, exposant ses principes avec la plus grande précision et la plus grande clarté. Ainsi l’œuvre peint se double-t-il d’un ensemble de textes qui l’éclairent en même temps qu’ils font de Kandinsky l’un des principaux théoricien de l’art.

  • Voir l’invisible, sur Kandinsky, Michel Henry, éd. François Bourin, 1988, p. 10


Kandinsky appelle abstrait le contenu que la peinture doit exprimer, soit cette vie invisible que nous sommes. En sorte que l'équation kandinskienne, à laquelle nous avons fait allusion, s'écrit en réalité comme suit : Intérieur ≡ intériorité ≡ invisible ≡ vie ≡ pathos ≡ abstrait.

  • Voir l’invisible, sur Kandinsky, Michel Henry, éd. François Bourin, 1988, p. 25


Kandinsky a été fasciné par le pouvoir d’expression des formes linéaires. Le pathos d’une force qui entre en action et dont aucun obstacle ne vient contrarier l’effort victorieux, c’est le lyrisme. C’est parce que la ligne droite procède de la mise en jeu d’une force unique à laquelle rien ne s’oppose que son domaine est lyrique. Quand deux forces au contraire sont en présence et entrent en conflit, comme c’est le cas avec la courbe ou avec la ligne brisée, nous sommes dans le drame.

  • Voir l’invisible, sur Kandinsky, Michel Henry, éd. François Bourin, 1988, p. 92


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