Tunis
[modifier] Littérature
[modifier] Récit de voyage
[modifier] Guy de Maupassant, La Vie Errante , 1890
Tunis
La ville arabe d’Alger est pleine d’agitation nocturne. Dès que le soir vient, Tunis est mort. Les petites rues étroites, tortueuses, inégales, semblent les couloirs d’une cité abandonnée, dont on a oublié d’éteindre le gaz, par places.
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La Vie errante, Guy de Maupassant, éd. P. Ollendorff, 1890, Tunis, p. 160
Ah ! la surprenante et délicieuse sensation qui se glissa dans mon cœur avec les premières notes si légères, si bizarres, si inconnues, si imprévues, des deux petites voix de ces deux petits tubes poussés dans l’eau. C’était fin, doux, haché, sautillant : des sons qui volaient, qui voletaient l’un après l’autre sans se rejoindre, sans se trouver, sans s’unir jamais ; un chant qui s’évanouissait toujours, qui recommençait toujours, qui passait, qui flottait autour de nous, comme un souffle de l’âme des feuilles, de l’âme des bois, de l’âme des ruisseaux, de l’âme du vent, entré avec ces deux grands bergers des montagnes kabyles dans cette maison publique d’un faubourg de Tunis.
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La Vie errante, Guy de Maupassant, éd. P. Ollendorff, 1890, Tunis, p. 167