Tombe

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Shelley's Tomb in the Protestant Cemetery in RomeWalter Crane (1873)

Une tombe (du grec tumbos) est l'endroit où le corps d'un être décédé est enterré, généralement après des funérailles.

Elle consiste généralement en une fosse recouverte d'une plaque en pierre.

Sommaire

Citations[modifier]

Ô tombe ruinée, ô briques dispersées, mon bien-aimé n'est plus que poussière
Et le vent de la plaine l'emporte loin de moi.

  • Le suicide et le chant. Poésie populaire des femmes pashtounes, Sayd Bahodine Majrouh (trad. André Velter), éd. Les Cahiers des Brisants, 1988 (ISBN 2-90539564-8), p. 37


Mon berceau a de ma tombe, ma tombe a de mon berceau.

  • « Avant-propos », dans Mémoires d'outre-tombe, François-René Chateaubriand, éd. Arpin, 1848, t. 1, p. 4


Sachons-le bien, la honte est la meilleure tombe.

  • Les Châtiments, Victor Hugo, éd. Jeffs, 1862, p. 118


Un trou, qu’asperge un prêtre âgé qui se morfond,
Bâille à ce libéré de l’être; et voici qu’on

Le déverse
Au fond.

  • « Complainte de l'ange incurable », dans Les Complaintes et les premiers poèmes (1885), Jules Laforgue, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1979, p. 76


Tel nom lu sur une tombe autrefois ne contient pas entre ses syllabes le souffle rapide et le cri perçant qui se fit le jour de son imposition baptismale.

  • La Décomposition, Anne F. Garréta, éd. Grasset (Le Livre de Poche), 1999, p. 91


Votre tombe : ou comment, par une concession perpétuelle vous donnez votre nom à l'arpent.

  • La Décomposition, Anne F. Garréta, éd. Grasset (Le Livre de Poche), 1999, p. 120-121


Mort, pourquoi non, pour que les assauts venteux soulèvent ma pierre tombale, bancale, et qu'ils sèchent ta langue sur mes os. D'un soir nous fûmes putréfiés.

  • Les Boyaux de la Pomme à Guillaume, Loïc Decrauze, éd. Res Universalis, 1987, p. 53


La pierre tombale est moins une chose qu'une fonction. Elle constitue toujours un dispositif sacré : marque, trace, écart, vide préservé, point de passage.

  • Dernières nouvelles des choses, Roger-Pol Droit, éd. Odile Jacob, 2003, p. 142


La pierre tombale masque et désigne le cadavre. À ce titre, elle est chose suprême, avec une face plane et l'autre invisible. Une pleine, et l'autre creuse.

  • Dernières nouvelles des choses, Roger-Pol Droit, éd. Odile Jacob, 2003, p. 142


Littérature[modifier]

Nouvelle[modifier]

Gérard de Nerval, Les Filles du feu, 1834[modifier]

Sylvie

Voici les peuplier de l'île, et la tombe de Rousseau, vide de ses cendres. Ô sage ! tu nous avais donné le lait des forts, et nous étions trop faibles pour qu'il pût nous profiter. Nous avons oublié tes leçons que savaient nos pères, et nous avons perdu le sens de ta parole, dernier écho des sagesses antiques. Pourtant ne désespérons pas, et comme tu fis à ton suprême instant, tournons nos yeux vers le soleil !

  • Les Filles du feu (1834), Gérard de Nerval, éd. Maxi-Livres, coll. Maxi-Poche Classiques Français, 1997 (ISBN 2-8771-4348-1), partie Sylvie — Souvenir du valois, IX. Ermenonville, p. 131


Poésie[modifier]

Paul Eluard , L'Amour la poésie, 1929[modifier]

Armure de proie

Pour en finir
Une tombe ornée de très jolis bibelots
Un voile de soie sur les lenteurs de la luxure
Pour en finir
Une hache dans le dos d'un seul coup.

  • Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie (1929), Paul Eluard, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 978-2-07-030095-2), partie Comme une image, IV. Armure de proie, p. 205


Prose poétique[modifier]

Robert Desnos, Deuil pour deuil, 1924[modifier]

Un fossoyeur s'assied sur une tombe [...]. D'une taupinière à ses pieds sort une lumière verdâtre qui ne l'étonne guère, lui, habitué au silence, à l'oubli et au crime et qui ne connaît de la vie que le doux bourdonnement qui accompagne la chute perpendiculaire du soleil au moment où, serrées l'une contre l'autre les aiguilles de la pendule fatiguées d'attendre la nuit appellent inutilement du cri fatidique douze fois répété le violet défilé des spectres et des fantômes retenus loin de là, dans un lit de hasard, entre l'amour et le mystère, au pied de la liberté bras ouverts contre le mur.


Et tandis que les cieux retentissaient du bruit des serrures divines fermées en hâte, le fossoyeur, le fossoyeur mourait sous l'entassement cannibale des clefs, sur la tombe de Guillaume le Conquérant, tandis que, dans la taupinière, à la lumière verte, se déroulaient les funérailles de la fourmi d'or, la serrure des intelligences.


L'espace d'une minute je considérai les différents aspects de cette importante question, j'évoquai les vieilles femmes des côtes réduites à rechercher la compagnie des hippocampes et qui, lorsque l'étreinte a été trop longue, remontent lentement à la surface. Les molitors les repêchent à l'aube et cela fait une tombe de plus et une femme de moins.


Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927[modifier]

Perdu entre les segments d’un horizon féroce, l’explorateur casqué de blanc s’apprête à mourir et rassemble ses souvenirs pour savoir comment doit mourir un explorateur : si c’est les bras en croix ou face dans le sable, s’il doit creuser une tombe fugitive en raison du vent et des hyènes, ou se recroqueviller dans la position dite en chien de fusil qui tourmente les mères de famille, quand elles constatent que leur progéniture l’a choisie pour dormir, si le lion sera son bourreau, ou l’insolation, ou la soif.


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