Respect

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Enseignement[modifier]

Guide[modifier]

Christine Harache, Toute la fonction d'assistante, 2008[modifier]

Une approche de l'interculturel

[En France] Les supérieurs hiérarchiques peuvent être respectés ou méprisés selon leur comportement. A quelqu'un qu'on respecte, on obéit sans contrainte, car on s'élève soi-même. Obéir par crainte ou par intérêt avilit.

  • Toute la fonction d'assistante, Christine Harache, éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-10-050545-6), partie 1. Les Savoirs, Une approche de l'interculturel : La France ou la logique de l'honneur, p. 31


Littérature[modifier]

Essai[modifier]

Léon Bloy, Éxégèse des lieux communs, 1902[modifier]

Il est inutile de respecter les vivants, à moins qu'ils ne soient les plus forts. Dans ce cas, l'expérience suggère plutôt de lécher leurs bottes, fussent-elles merdeuses. Mais les morts doivent toujours être respectés.

  • Éxégèse des lieux communs, Léon Bloy, éd. Rivages, coll. Rivages poche / Petite Bibliothèque, 2005, p. 101


Nouvelle[modifier]

Renée Vivien, La Dame à la Louve, 1904[modifier]

La Chasteté paradoxale

citation Quelque chose de grave et de lointain qui était en elle inspirait, ou plutôt imposait, un respect involontaire.

  • La Dame à la Louve, Renée Vivien, éd. Alphonse Lemaire, 1904, La Chasteté paradoxale, p. 103


Prose poétique[modifier]

Robert Desnos, Deuil pour deuil, 1924[modifier]

J'ai appris, comme il convient, aux vieillards à respecter mes cheveux noirs, aux femmes à adorer mes membres ; mais de ces dernières j'ai toujours préservé mon grand domaine jaune où, sans cesse, je me heurte aux vestiges métalliques de la haute et inexplicable construction de forme lointainement pyramidale.


Foules qui passes dans cette rue, respecte mon sommeil. Les grandes orgues du soleil te font marcher au pas, moi je m'éveillerai ce soir quand la lune commencera sa prière.


André Breton, Poisson soluble, 1924[modifier]

Les serpents réputés inacclimatables qui glissaient dans l'herbe comme des mandolines, les décolletés impossibles et les figures géométriques de papier feu s'éclairant parmi eux qu'on s'effrayait d'apercevoir par la fenêtre, tinrent longtemps dans une sorte de respect miraculeux les chenapans de velours et de liège.


Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927[modifier]

Il leur avait fallu figurer à la Cour d’assises parmi les pièces à conviction. Singulier tribunal ! Jack l’éventreur n’avait jamais pu être atteint et le box des accusés était vide. Les juges avaient été nommés parmi les plus vieux aveugles de Paris. La tribune des journalistes regorgeait de monde. Et le public au fond, maintenu par une haie de gardes municipaux, était un ramassis de bourgeois pansus. Sur tous ces gens silencieux planait un vol de mouches bourdonnantes. Le procès dura huit jours et huit nuits et, à l’issue, quand un verdict de miracle eut été prononcé contre l’assassin inconnu, le pot à eau, la cuvette et la table de toilette avec le petit plat à savon où subsistait encore une savonnette rose regagnèrent la chambre marquée par le passage d’un être surnaturel.
Louise Lame et Corsaire Sanglot considérèrent avec respect, eux qui n’avaient que peu de choses à respecter en raison de leur valeur morale, ces reliefs d’une aventure qui aurait pu être la leur. Puis, après une lutte de regards, ils se déshabillèrent.


Roman[modifier]

Marie d'Agoult, Nélida, 1966[modifier]

Guermann, irrité par ce calme qui lui semblait presque une insulte, élevait sa voix et lui donnait un accent de plus en plus vibrant. Il en vint à déclamer certains passages avec une puissance d'organe et de geste qui ne pouvait laisser aucun doute sur l'application directe qu'il en faisait à Nélida ; mais en vain. Mme de Kervaëns demeurait immobile, ne l'interrompait pas, ne levait pas les yeux ; pas un pli de sa robe ne froissait la soie du divan. On n'entendait que le bruit régulier et de plus en plus affaibli de son haleine. Indigné, à bout de patience, exalté par le retentissement de sa parole dans l'espace sonore, Guermann, ne se contenant plus, jeta le livre loin de lui et s'approcha, résolu à dire enfin à cette femme hautaine qui ne voulait rien comprendre tout ce qu'il ressentait pour elle d'ardeurs brûlantes et de violents désirs. Mais il s'arrêta tout à coup en la voyant endormie ou évanouie, c'est ce qu'il ne pouvait discerner. Les yeux de Nélida étaient clos, sa bouche était décolorée, son bras alangui avait glissé hors des coussins [...].
— Ô Galatée, s'écria-t-il en la saisissant d'une étreinte passionnée, marbre divin, éveille-toi dans les bras de ton amant ; éveille-toi à la vie, éveille-toi à l'amour...
Nélida rouvrit les yeux, et, recouvrant tout à coup ses esprits, elle s'arracha des bras de Guermann qui n'essaya pas de la retenir, tant le regard qu'elle lui jeta commandait le respect. Elle alla lentement, en silence, à la fenêtre, et, l'ouvrant malgré l'orage, elle s'appuya sur le balcon que commençaient à mouiller de larges gouttes de pluie. Guermann se laissa tomber à la place qu'elle venait de quitter, et fondit en larmes


Psychologie[modifier]

Cédric Roos, La relation d'emprise dans le soin, 2006[modifier]

La relation d'emprise (cadre psychanalytique)

[...] Ces individus ne peuvent exister qu’en « cassant » quelqu’un : il leur faut rabaisser les autres pour acquérir une bonne estime de soi, et par là même acquérir le pouvoir, car ils sont avides d’admiration et d’approbation. Ils n’ont ni compassion ni respect pour les autres puisqu’ils ne sont pas concernés par la relation. Respecter l’autre, c’est le considérer en tant qu’être humain et reconnaître la souffrance qu’on lui inflige (Hirigoyen, 1998).

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de l'instigateur d'une relation d'emprise Le pervers narcissique : conformer l'autre en un identique, dans [1], paru Textes Psy, Cédric Roos.


Sur le plan social, l’obsessionnel est conformiste, respectueux des convenances et des lois. Sur le plan personnel, il se montre exigeant, dominateur, intolérant, égoïste et avare ; il redoute les débordements émotionnels et apparaît froid et peu démonstratif. Ayant besoin de tout maîtriser, il ne supporte chez l’autre aucune singularité. Sa violence s’exerce par la contrainte et par la force, pour contrôler, modifier ou freiner tout ce qui lui est extérieur. N’usant pas de la violence physique par peur des sanctions plus que par intérêt pour autrui, sa destructivité intervient au quotidien par une pression et un contrôle incessants.

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de l'instigateur d'une relation d'emprise L'obsessionnel : détruire l'autre parce qu'il est différent, dans [2], paru Textes Psy, Cédric Roos.