Personnalité

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Sommaire

[modifier] Littérature

[modifier] Écrit intime

[modifier] Paul Klee, Journal, 1957

Rétrospective. Inspection de moi-même ; j'ai dit résolument adieu à la littérature, à la musique. Abandonné mes efforts pour acquérir une expérience sexuelle raffinée dans ce cas particulier. Je pense à peine aux arts plastiques, je ne veux travailler qu'à ma personnalité.


[modifier] Anaïs Nin, Henry et June — Les cahiers secrets, 1986

Janvier (1932)

Je ne peux rien avaler en sa présence. Extérieurement, je suis calme, avec cette placidité orientale si trompeuse. Elle boit et elle fume. En un sens, elle est complètement folle, sujette à des peurs et des passions incontrôlées. Sa conversation, essentiellement inconsciente, serait très révélatrice pour un analyste, mais je suis incapable d'analyse. Ce sont surtout des mensonges. Pour elle, tout ce qu'elle imagine devient réalité. Mais que construit-elle avec tant de soin ? Essaie-t-elle de gonfler, de fortifier, de glorifier sa personnalité ? Dans la douce chaleur de mon admiration, elle s'épanouit.


[modifier] Psychanalyse

[modifier] Carl Gustav Jung, Dialectique du Moi et de l'inconscient, 1933

Quiconque progresse sur la route de la réalisation de son Soi, inconscient, rendra nécessairement conscients les contenus de l'inconscients personnel, ce qui élargira considérablement l'étendue, les horizons et la richesse de la personnalité. Soulignons tout de suite que cet « élargissement » concerne au premier chef la conscience morale et la connaissance de soi-même ; car les contenus de l'inconscient que l'analyse libère et qui passent dans le conscient sont, en règle générale, tout d'abord des contenus désagréables, qui comme tels ont été refoulés : souvenirs, désirs, tendances, projets, etc.

  • Dialectique du Moi et de l'inconscient (1933), Carl Gustav Jung (trad. Docteur Roland Cahen), éd. Gallimard, coll. Folio Essais, 1964 (ISBN 2-07-032372-2), partie I. Des effets de l'inconscient sur le conscient, chap. I. L'inconscient personnel et collectif, p. 43


La valeur personnelle ne peut résider que dans l'élaboration philosophique, et non point dans la vision primaire. Celle-ci, au début, chez le philosophe aussi, germe simplement et pousse ses bourgeons à partir du même fond d'idées communes à l'humanité, patrimoine auquel participe en principe tout un chacun : c'est du même pommier que proviennent toutes les pommes d'or, que ce soit un apprenti serrurier débile ou un Schopenhauer qui les ramasse, lorsqu'elles tombent au souffle de la vie.
Mais cet exemple nous apprend encore davantage : il nous apprend que les contenus psychiques suprapersonnels ne sont en aucune façon une matière morte et inerte et indifférente que l'on pourrait s'approprier au petit bonheur et à son gré. Bien au contraire, il s'agit d'entités vivantes, de forces dynamiques qui exercent une grande attraction, une fascination sur le conscient. L'identification avec sa charge ou son titre possède en soi quelque chose de si séduisant que nombreux voit-on les hommes qui ne sont plus rien d'autres que la dignité que la société a bien voulu leur conférer. Il serait vain de rechercher derrière cette façade une trace de personnalité. Si on cherche quand-même, tout ce que l'on trouve derrière la grandiloquence de façade, ce n'est qu'un petit fantoche assez pitoyable. Voilà pourquoi les charges (ou les titres ou les honneurs qui y sont attachés, quelle que soit la dénomination de la coquille extérieure que l'on a revêtue) sont si captivantes : elles constituent une compensation facile, un masque commode derrière lesquels on peut dissimuler les insuffisances, les débilités, les inconsistances personnelles (la liste n'est point close).

  • Dialectique du Moi et de l'inconscient (1933), Carl Gustav Jung (trad. Docteur Roland Cahen), éd. Gallimard, coll. Folio Essais, 1964 (ISBN 2-07-032372-2), partie I. Des effets de l'inconscient sur le conscient, chap. II. Les conséquences de l'assimilation de l'inconscient, p. 58


De même [...] que certains peuvent disparaître, engloutis en quelque sorte par un rôle social, d'autres peuvent être engloutis par une vision intérieure, échappant ainsi à leur entourage. Certaines modifications incompréhensibles de la personnalité, telles des conversations subites et inattendues ou mainte autre perturbation en profondeur, proviennent de l'attraction exercée par une image collective, attraction qui [...] peut déterminer une inflation tellement poussée que la personnalité s'en trouve comme dissoute. Or une telle dissolution de la personnalité constitue une maladie mentale, soit passagère, soit durable, une « dissociation de l'âme » pour laquelle Bleuler a créé la dénomination de « schizophrénie ».

  • Dialectique du Moi et de l'inconscient (1933), Carl Gustav Jung (trad. Docteur Roland Cahen), éd. Gallimard, coll. Folio Essais, 1964 (ISBN 2-07-032372-2), partie I. Des effets de l'inconscient sur le conscient, chap. II. Les conséquences de l'assimilation de l'inconscient, p. 63


[...] un individu qui attribue la psyché collective — qui lui est donnée a priori et à son insu — à son patrimoine acqui ontogénétiquement comme si elle en faisait partie, s'attribue cela en quelque sorte illégitimement, et agrandit de façon démesurée le périmètre de sa personnalité, avec toutes les conséquences que cela comporte : car, dans la mesure où la psyché collective constitue les « parties inférieures » des fonctions psychiques, et par conséquent cette base qui soutient implicitement toute personnalité, son attribution au Moi va alourdir et dévaloriser la personnalité, ce qui s'exprimera dans l'inflation, soit par un écrasement du sentiment de soi-même, soit par une exaltation inconsciente et une mise en évidence du Moi, qui peut alors atteindre à une volonté morbide de domination.

  • Dialectique du Moi et de l'inconscient (1933), Carl Gustav Jung (trad. Docteur Roland Cahen), éd. Gallimard, coll. Folio Essais, 1964 (ISBN 2-07-032372-2), partie I. Des effets de l'inconscient sur le conscient, chap. II. Les conséquences de l'assimilation de l'inconscient, p. 65


Le secret de [la] philosophie alchimique, et sa clé ignorée pendant des siècles, c'est précisément le fait, l'existence de la fonction transcendante, de la métamorphose de la personnalité, grâce au mélange et à la synthèse de ses facteurs nobles et de ses constituants grossiers, de l'alliage des fonctions différenciées et de celles qui ne le sont pas, en bref, des épousailles, dans l'être, de son conscient et de son inconscient.

  • Dialectique du Moi et de l'inconscient (1933), Carl Gustav Jung (trad. Docteur Roland Cahen), éd. Gallimard, coll. Folio Essais, 1964 (ISBN 2-07-032372-2), partie II. L'Individuation, chap. III. Les techniques de la différenciation entre le Moi et les figures de l'inconscient, p. 216


Quiconque y réfléchit se fera une idée approximative de la manière dont se déroule la métamorphose de la personnalité. Du fait de sa participation active, le sujet se mêle aux processus inconscients et il en devient détenteur en se laissant pénétrer et saisir par eux. Ainsi, il relie en lui les plans conscients et les plans inconscients. Le résultat en est un mouvement ascensionnel dans la flamme, la métamorphose dans la chaleur alchimique et la naissance de l'« esprit subtil ».

  • Dialectique du Moi et de l'inconscient (1933), Carl Gustav Jung (trad. Docteur Roland Cahen), éd. Gallimard, coll. Folio Essais, 1964 (ISBN 2-07-032372-2), partie II. L'Individuation, chap. III. Les techniques de la différenciation entre le Moi et les figures de l'inconscient, p. 225


[modifier] Psychologie

[modifier] Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, Les Perversions sexuelles et narcissiques, 2005

Perversions narcissiques

Si les perversions sexuelles visent à « détourner », à des fins de jouissance, les pratiques sexuelles, les perversions narcissiques opèrent, dans une société à dominante narcissique (Lipovetski, Ehrenberg), des détournements visant l'identité et la personnalité de l'autre.


[modifier] Cédric Roos, La relation d'emprise dans le soin, 2006

Application à la relation de soin

[...] il n’existe pas de critères spécifiques permettant d’affirmer qu’une personne est plus à risque qu’une autre d’être victime d’une relation d’emprise. La victime est en outre souvent décrite comme riche de par sa personnalité (originalité, ouverture d’esprit...), son inventivité, ses qualités humaines (altruisme, chaleur, abnégation...), son statut social, familial ou professionnel. C’est d’ailleurs de cette richesse que l’instigateur de la relation d’emprise va tenter de s’emparer.

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, Application à la relation de soin : Facteurs de vulnérabilité à la relation d'emprise, dans [1], paru Textes Psy, Cédric Roos.


Conclusion

Dans la théorie psychanalytique, la pulsion d’emprise représente une caractéristique commune du développement et de la personnalité du sujet. C’est une pulsion non sexuelle qui apparaît au stade anal du développement psychoaffectif de l’enfant et qui a pour but de contrôler l’environnement.

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, Conclusion, dans [2], paru Textes Psy, Cédric Roos.


La pulsion d’emprise pousse le moi à dominer le monde dans un sentiment de toute puissance qui ignore le sort et jusqu’à l’existence même d’un objet encore mal différencié. Cruelle, la pulsion d’emprise poursuit son but égoïste en se protégeant d’un objet pour lequel elle ne connaît aucune pitié. Elle est par la suite pondérée, dans une structure de personnalité équilibrée, par l’intégration dans le surmoi des interdits parentaux qui permettent, en contrôlant les exigences instinctuelles du çà, une adaptation sociale harmonieuse du sujet.

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, Conclusion, dans [3], paru Textes Psy, Cédric Roos.
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