Néant
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[modifier] Littérature
[modifier] Critique
[modifier] Annie Le Brun, Les châteaux de la subversion, 1982
[...] alors que Sade s'emploie déjà à inventorier toutes les variantes de la soumission et de la domination pour n'en pas finir de rencontrer à chaque fois le néant au-delà de la jouissance, l'expérimentation noire ne vise qu'à discerner l'obscur engrenage qui broie lentement l'image de l'homme normal.
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Les châteaux de la subversion, Annie Le Brun, éd. Garnier Frères, coll. Folio Essais, 1982 (ISBN 2-07-032341-2), partie III, Un engrenage de néant, p. 249
[...] à mesure qu'on croit entrevoir la possibilité de reconstruire vraiment une nouvelle image de l'homme, même si l'on a besoin pour ce faire de se référer à quelque modèle antique, l'imagination plurielle entreprend à l'ombre des constructions les plus frénétiquement naturelles une dislocation mécanique de la personne humaine. On n'en est plus à vouloir masquer le néant de l'engrenage mais bien au contraire on apprend à voir sous la continuité des apparences un engrenage de néant.
- Cette citation vien justifier l'existence du roman noir à la fin du XVIIIè siècle.
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Les châteaux de la subversion, Annie Le Brun, éd. Garnier Frères, coll. Folio Essais, 1982 (ISBN 2-07-032341-2), partie III, Un engrenage de néant, p. 256
[modifier] Maria-Concepcion Perez, Chateaubriand — Europe n°775-776, 1993
Désormais, l'avenir n'existe plus, et l'Histoire n'est qu'un théâtre vide, dans lequel il ne reste plus qu'un seul spectateur « devant le rideau baissé, avec le silence et la nuit », un dernier témoin. Il ne reste plus qu'une société décadente qui se décompose, formée, souligne Chateaubriand par des « générations mutilées, dédaigneuses, sans foi, vouées au néant qu'elles aiment », qui, ajoute-t-il, « ne sauraient donner l'immortalité », car « nul son ne sort du coeur des morts ».
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« Dernier chant, dernier témoin », Maria-Concepcion Perez, Chateaubriand — Revue Littéraire Europe (ISSN 0014-2751), nº 775-776, Novembre-décembre 1993, p. 91
[modifier] Prose poétique
[modifier] René Char, Fureur et mystère, 1948
Partage formel
Refuser la goutte d'imagination qui manque au néant, c'est se vouer à la patience de rendre à l'éternel le mal qu'il nous fait.
O urne de laurier dans un ventre d'aspic !
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Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1962 (ISBN 2-07-030065-X), partie SEULS DEMEURENT (1938-1944), Partage formel, p. 71
Un être qu'on ignore est un être infini, susceptible, en intervenant, de changer notre angoisse et notre fardeau en aurore artérielle.
Entre innocence et connaissance, amour et néant, le poète étend sa santé chaque jour.
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Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1962 (ISBN 2-07-030065-X), partie SEULS DEMEURENT (1938-1944), Partage formel, p. 74
Feuillets d'Hypnos
Les rares moments de liberté sont ceux durant lesquels l'inconscient se fait conscient et le conscient néant (ou verger fou).
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Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1962 (ISBN 2-07-030065-X), partie FEUILLETS D'HYPNOS (1943-1944), p. 131
Le Requin et la mouette
Quand je dis : j'ai levé la loi, j'ai franchi la morale, j'ai maillé le coeur, ce n'est pas pour me donner raison devant ce pèse-néant dont la rumeur étend sa palme au delà de ma persuasion. Mais rien de ce qui m'a vu vivre et agir jusqu'ici n'est témoin alentour. Mon épaule peut bien sommeiller, ma jeunesse accourir. C'est de cela seul qu'il faut tirer richesse immédiate et opérante.
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Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1962 (ISBN 2-07-030065-X), partie LE POEME PULVERISE (1945-1947), Le Requin et la mouette, p. 190
[modifier] Roman
[modifier] Marie d'Agoult, Nélida, 1866
Avec quel art merveilleux on parvient à maintenir debout cet édifice bâti de préjugés et de mensonges, dont chaque partie est près de tomber de vétusté, et dont l'ensemble pourtant présente encore une masse assez imposante ! Cette société affirme qu'elle est chrétienne ; l'éducation qu'elle donne à la jeunesse destinée de génération en génération à la renouveler est de tous points, assure-t-elle, conforme aux enseignements de l'Évangile. Elle en fait gloire et feint de ne pas s'apercevoir que la parole du Christ est la réprobation sévère de l'esprit qui l'anime ; car le fils du charpentier enseignait le mépris des richesses, la vanité des plaisirs, le néant des grandeurs, et le monde pratique ouvertement l'avide poursuite de tous ces faux biens, le culte aveugle de l'opinion, l'estime immodérée des honneurs et de la fortune. Cette contradiction est à tel point enracinée dans les moeurs qu'elle ne soulève pas une difficulté, pas un doute ; elle est disciplinée et ordonnée à la satisfaction de tous.
- Il est ici question du grand monde.
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Nélida (1866), Marie d'Agoult, éd. Calmann-Lévy, 2010 (ISBN 978-2-7021-4127-4), partie Première partie, chap. V, p. 75
[modifier] Psychologie
[modifier] Cédric Roos, La relation d'emprise dans le soin, 2006
La relation d'emprise (cadre psychanalytique)
Chez l’obsessionnel comme chez le pervers, le but ultime de la relation d’emprise est l’asservissement puis l’appropriation du désir de l’autre. Cependant, il ne s’agit plus ici de capter l’autre pour le réduire à n’être qu’une image, mais davantage de l’anéantir.
Très précisément, l’objet véritable de cette action de destruction, c’est, en tant que tel, l’autre comme sujet désirant qui doit impérieusement être gommé, annulé, néantisé.
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La relation d'emprise dans le soin, 2006, La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de l'instigateur d'une relation d'emprise L'obsessionnel : détruire l'autre parce qu'il est différent, dans [1], paru Textes Psy, Cédric Roos.
Dans la problématique perverse, il y a captation et neutralisation du désir, alors que dans les problématiques obsessionnelle et paranoïaque, le désir est néantisé par une opération de destruction. Dans tous les cas, quelque soit le mode opératoire, il s’agit d’atteindre l’autre comme sujet désirant et par là de nier sa singularité et sa spécificité, de gommer toute différence.
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La relation d'emprise dans le soin, 2006, La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de l'instigateur d'une relation d'emprise Economie psychique de la relation d'emprise, dans [2], paru Textes Psy, Cédric Roos.