Mariage

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Dans la plupart des sociétés, le mariage est l'alliance d'un homme et d'une femme, dans le but de former une famille. C'est parfois aussi l'alliance de deux hommes ou de deux femmes dans le même but.

Cinéma[modifier]

Henri Jeanson, Fanfan la Tulipe, 1952[modifier]

Adeline la Franchise : Pourquoi t'ont-ils arrêté ?
Fanfan : Pour mettre fin à mes exploits.
Adeline la Franchise : Qu'est-ce que tu as fait ?
Fanfan : L'amour. Avec préméditation.
Adeline la Franchise : C'est pas un crime.
Fanfan : Si, quand il y a récidive.
Adeline la Franchise : Et où te conduisent-ils ?
Fanfan : Au supplice : ils vont me marier !


Littérature[modifier]

Essai[modifier]

Jacques Chardonne, Le ciel dans la fenêtre, 1959[modifier]

Le mariage est une religion ; il promet le salut, mais il faut la grâce.


Charles Dantzig, Dictionnaire égoïste de la littérature française, 2005[modifier]

Quantité de gens se marient pour la même raison qu’ils lisent : ils s’ennuient. Aussitôt s’anéantit le romanesque de l’amour, car, marié, on se rend compte qu’on est le même avec du poids en plus. Les membres du couple s’ennuient. Ils se remettent à lire. La facilité du divorce a réduit le nombre de lecteurs de romans.

  • Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2005, p. 280-281


Prose poétique[modifier]

Benjamin Péret, L'Auberge du cul volant, 1922[modifier]

L'homme à la couille sauvage descendit de l'arbre qu'il occupait depuis son premier mariage. Il tenait dans chaque main un sexe, d'où sortaient des millions de petites larves qui s'envolaient aussitôt et allaient se poser sur de grosses fleurs bleues. Au contact de ces larves, les fleurs jaillissaient comme si elles eussent été de caoutchouc.

  • « L'Auberge du cul volant », Benjamin Péret, Littérature Nouvelle Série, nº 3, Mai 1922, p. 16


André Breton, Poisson soluble, 1924[modifier]

L'écrivain qui signe la rubrique de la mode, aux environs de la forêt susdite, parle un langage fort obscur dans lequel je crois, pourtant, pouvoir démêler que le déshabillé de la jeune mariée se commandera cette saison à la Compagnie des Perdrix, nouveau grand magasin qui vient de s'ouvrir dans le quartier de la Glacière.


L'auteur, qui paraît s'intéresser tout particulièrement au trousseau des jeunes femmes, insiste sur la faculté laissée à ces dernières de changer leur linge de corps pour du linge d'âme, en cas de divorce.


Qu'a-t-on su faire des diamants, sinon des rivières ? La pluie grossit ces rivières, la pluie blanche dans laquelle s'habillent les femmes à l'occasion de leurs noces, et qui sent la fleur de pommier.


Roman[modifier]

Boileau-Narcejac[modifier]

Quand on se marie, on croit épouser une femme et on épouse une famille, toutes les histoires d'une famille.


Wilkie Collins, La dame en blanc, 1860[modifier]

Alors, je pensai qu'il avait sans doute, lui aussi, des ennuis matrimoniaux et qu'il venait, comme les autres, m'en faire supporter les conséquences.

  • La dame en blanc (1860), Wilkie Collins, éd. Le Masque, coll. Labyrinthes, 2010 (ISBN 978-2-7024-3501-4), partie II, L'histoire continue, racontée par Frederick Fairlie, Esquire, de Limmeridge House, p. 297


Marie d'Agoult, Nélida, 1866[modifier]

. Qui ne s'étonnerait en venant à considérer à quel pharisaïsme prodigieux le monde a su interpréter et fausser le sens de la divine Écriture ? Quelle tolérance pour le vice hypocrite, quelle rigidité pour la passion sincère ! Combien la coquetterie rusée et la galanterie circonspecte y trouvent peu de censeurs ; mais l'amour, s'il osait s'y montrer, comme on le couvrirait d'anathèmes ! L'amour ? ne craignez pas de l'y voir ; il en est banni comme une faiblesse ridicule ; il est banni de son plus pur sanctuaire, du coeur même de la jeune fille : il y est étouffé avant de naître par la cupidité et la vaine gloire qui pervertissent tous les instincts, jusqu'au plus naturel, au plus légitime, au plus religieux de tous : le désir du bonheur dans le mariage.

  • Il est ici question du grand monde.


[...] quinze jours après le départ de son mari, elle reçut la lettre qu'on va lire :
« Vous me pardonnerez, n'est-il pas vrai, mon cher ange, de n'avoir pas cédé à un caprice enfantin, le premier que je vous aie vu, et sans doute ausi le dernier. Des gens bien nés, tels que nous, se doivent l'un à l'autre une liberté entière, car il est bien certain qu'ils n'en sauraient abuser. Je pars pour Milan avec Mme Zepponi. Elle n'a pas trouvé à Paris la personne qui devait l'accompagner, et je ne puis lui laisser faire seule un si long trajet. Quoi qu'on puisse vous dire de ce voyage de pure courtoisie, n'écoutez pas les méchants propos. Ne donnez pas à nos envieux la joie de vous savoir inquiète. Allez à Paris ; préparez-vous à ouvrir votre maison à l'entrée de l'hiver. Je serai ravi d'apprendre que vous vous amusez, et que vous avez tous les succès qui vous sont dus.
Tout à vous,
Timoléon.
P.-S. J'oubliais de vous dire que je prendrai peut-être le plus long pour revenir, c'est-à-dire l'Algérie et l'Espagne. Le démon des voyages me parle à l'oreille ; je lui sacrifie volontiers ; il m'a toujours été propice. »
|...] Elle lut et relut vingt fois cette lettre si étrange, si polie, si glaciale, si peu soucieuse de ce qu'elle devait souffrir. Tout ce qu'elle avait entrevu avec effroi du monde et de ses habitudes était donc bien véritable. Les hommes les meilleurs y pratiquaient ouvertement le plus abominable égoïsme ; les noeuds du mariage n'étaient qu'un simulacre qui n'engageait à rien qu'à des politesses mutuelles, et la foi jurée ne pesait pas un atome dans la balance des fantaisies.


Un mariage, quelque brillant qu'il fût, me plaçait sous le pire des jougs, celui du caprice d'un individu qui pouvait être noble et intelligent à la vérité, mais qui pouvait aussi être vulgaire et stupide. D'ailleurs, le mariage, c'était le ménage, le gynécée, la vie des salons. C'était le renoncement presque certain à l'expansion de ma force, à ce rayonnement de ma vie sur d'autres vies, dont l'image seule enflammait mon cerveau d'irréfrénables désirs.


James Joyce, Ulysse, 1922[modifier]

Délicieux et délicat épithalame de la plus mollifiante efficace pour amoureux jeunets que les odoriférants flambeaux des paranymphes escortèrent jusques au théâtre quadrupédé de la communion conjugale.


Renée Dunan, La Culotte en jersey de soi, 1923[modifier]

En réalité notre « élevage », le dressage pour la nuit de noces et le principe de l'obéissance passive dans le mariage sont des actions catastrophiques. Il est prodigieux que des siècles de ces règles n'aient pas ramenée la femme au rôle de bête à joie, exclusivement. Par chance nous avons du ressort.
Mais comme le radiologiste se voit souvent cinq, dix, vingt ans après avoir subi le contact des rayons mortels, atteint de maux pitoyables et rongeants, il advient que des femmes soient amenées aux désordres sexuels, amours irrésistibles, folies galantes et nymphomanies à diverses manifestations. C'est le fruit des traités de Fénelon sur l'éducation des filles...
Mais la plupart de nous préféreraient vivre sans homme, c'est assuré.


Dominique Fernandez, Porporino ou les mystères de Naples, 1974[modifier]

— La mort, le sentiment de la mort imprègne tout ici, même la vie économique !
— Elle favorise en tout cas de curieuses institutions, dit le duc de Serracapriola. Les nobles se font enterrer dans leurs chapelles, le peuple est jeté dans la fosse creusée sous la grande nef de l'église, mais les plus pauvres terminent leur carrière en dehors des murs, transportés par deux croque-morts dans une simple charette. C'est l'épreuve la plus cruelle, la punition la plus avilissante qu'on puisse infliger à ces malheureux, qui ont lutté toute leur vie contre la misère, et qui maintenant, tout de suite après leur mort, recommencent à être écrasés sous son poids. Pour échapper au terrain vague, aux croque-morts et à la charette, ils s'associent de leur vivant en confraternités. Vous trouverez ainsi dans la joyeuse ville de Naples une cinquantaine de clubs mortuaires, qui assurent à chacun de leurs affiliés, contre une petite obole versée mensuellement, l'assistance gratuite pour toutes les occasions indispensables et ruineuses, toutes les fêtes de la vie et de la mort : le mariage, le baptême et la communion des enfants, l'extrême onction, les funérailles. Surtout les funérailles.

  • Porporino ou les mystères de Naples (1974), Dominique Fernandez, éd. Grasset, coll. Les Cahiers Rouges, 1974 (ISBN 978-2-246-01243-6), partie II « Les pauvres de Jésus-Christ », Dévotion, dérision, p. 203


Leonid S. Sukhorukov, All About Everything, 2005[modifier]

Amoureux nous sommes poètes. Mariés, nous sommes philosophes.

  • All About Everything, Leonid S. Sukhorukov, éd. Susanna Page, 2005, p. 106


Médias[modifier]

Presse[modifier]

Pascal Bruckner, La séduction est un mystère insondable, 2009[modifier]

[...] le mariage d'amour, une nouveauté qui remonte au début du XXè siècle. Dans le mariage d'amour, on veut une réussite absolue; réussite érotique, passionnelle, professionnelle, affective, familiale. Chacun des partenaires demande à l'autre des choses exorbitantes, la perfection en tout. Finalement, nous nous persécutons les uns les autres par le biais d'un idéal inhumain.


Psychanalyse[modifier]

Alberto Eiguer, Psychanalyse du libertin, 2010[modifier]

Libertinage, le plaisir et la joie

En toute connaissance de cause, Catherine se révèle comme une femme libérée, proche des libertins de son siècle, et qui réalise en priorité ce qui favorise son épanouissement personnel, sans regrets, sans nostalgie, sans véritable attachement, évitant les situations qui pourraient faire dévier sa ligne de conduite. Je pense que Catherine se comporte comme une pionnière de la libération sexuelle au titre de sa vie privée, comme elle le fut concernant les idées de culture, d'éducation et de progrès dans l'action de son gouvernement. L'amie de Voltaire, de Diderot, de D'Alembert est un exemple de liberté féminine et sexuelle. A ce titre, Catherine a compris que le mariage peut devenir un enfermement.

  • Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie I. Libertinage, le plaisir et la joie, chap. Le libertinage faisant l'histoire, La tsarine Catherine II la Grande et son groupe, p. 78


Psychologie[modifier]

Mary Esther Harding, Les Mystères de la femme, 1953[modifier]

Dans notre système patriarcal occidental, la jeune fille non mariée appartient à son père, mais en des temps plus reculés, et comme c'est encore le cas dans certaines communautés primitives, elle était sa propre maîtresse jusqu'à son mariage. Le droit de disposer de soi-même jusqu'à ce qu'on se marie fait partie du concept primitif de la liberté. Une protection générale est accordée aux jeunes filles dans les sociétés primitives, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la tribu [...]. Cette liberté d'action implique le droit de refuser les privautés aussi bien que celui de les accepter. Une fille appartient à elle-même tant qu'elle est vierge, célibataire, et l'on ne peut l'obliger ni à conserver sa chasteté ni à consentir à une étreinte non désirée. En tant que vierge elle n'appartient qu'à elle-même, elle est une.

  • Les Mystères de la femme (1953), Mary Esther Harding (trad. Eveline Mahyère), éd. Payot & Rivages, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2001 (ISBN 2-228-89431-1), chap. VII. La lune mère, p. 170


Articles connexes[modifier]

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