Marché
Le marché désigne communément un lieu public où l'on vend toutes sortes de denrées et d'objets.
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[modifier] Littérature
[modifier] Critique
[modifier] Cécile Guilbert, Les ruses du professeur Nabokov, 2010
Barthes n'a-t-il pas écrit, dès 1971, que « la vraie censure, la censure profonde, ne consiste pas à interdire (à couper, à retrancher, à affamer), mais à nourrir indûment, à maintenir, à retenir, à étouffer, à engluer » — ce que fait précisément le marché ?
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Littératures (1980), Vladimir Nabokov, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 2010, Préface de Cécile Guilbert — Les ruses du professeur Nabokov, p. VIII
[modifier] Nouvelle
[modifier] Gérard de Nerval, Les Filles du feu, 1834
Octavie
C'est en ce moment que je fus saisi de l'étourdissement dont j'ai parlé ; la pensée du rendez-vous qui m'avait été donné par la jeune Anglaise m'arracha aux fatales idées que j'avais conçues. Après avoir rafraîchi ma bouche avec une de ces énormes grappes de raisin que vendent les femmes du marché, je me dirigeai vers Portici et j'allai visiter les ruines d'Herculanum.
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Les Filles du feu (1834), Gérard de Nerval, éd. Maxi-Livres, coll. Maxi-Poche Classiques Français, 1997 (ISBN 2-8771-4348-1), partie Octavie, p. 188
[modifier] Poésie
[modifier] Pierre de Ronsard, Pour la fin d'une comédie, XVIè s.
Et bref tout ce monde est un publique marché ;
L'un y vend, l'un dérobe , & l'autre achete & change ;
Un même fait produit le blasme & la louange,
Et ce qui est vertu, semble à l'autre péché.
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« Pour la fin d'une comédie », Ronsard, dans Annales poétiques, ou almanach des muses, Collectif, éd. Mérigot, 1778, p. 168
[modifier] Henri de Régnier, Les jeux rustiques et divins, 1897
Avec l’aube, l’aurore et le premier soleil,
Éleveurs de bétail ou trieurs de méteil,
Vous entrerez, poussant en files devant vous
Les grands bœufs de labour qui bavent sous les jougs,
Le bouc noir qui renifle et l’agneau blanc qui bêle.
Le laboureur répond au bouvier qui le hèle ;
Et les femmes s’en vont, portant sur leurs épaules
Des coqs d’or enfermés en des cages de saule
Et la corbeille ronde où se gonflent les fruits.
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« Pour la porte des pasteurs », dans Les jeux rustiques et divins, Henri de Régnier, éd. Mercure de France, 1897, p. 187
[modifier] Prose poétique
[modifier] Octavio Paz, Liberté sur parole, 1958
Être naturel
Les fauves rongent des reliefs de soleil, des ossements d'astres, et ce qui reste du marché d'Oaxaca. En plein ciel, deux éperviers picorent un astre.
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Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Être naturel — II, p. 105
[modifier] Roman
[modifier] André Breton, L'Amour fou, 1937
Les passants matinaux qui hanteront dans quelques heures ce marché perdront presque tout de l'émotion qui peut se dégager au spectacle des étoffes végétales lorsquelles font vraiment connaissance avec le pavé de la ville. C'est merveille de les voir une dernière fois rassemblées par espèces sur le toit des voitures qui les amènent, comme elles sont nées si semblables les unes aux autres de l'ensemencement. Tout engourdies aussi par la nuit et si pures encore de tout contact qu'il semble que c'est par immense dortoirs qu'on les a transportées. Sur le sol pour moi à nouveau immobilisées, elles reprennent aussitôt leur sommeil, serrées les unes contre les autres et jumelles à perte de vue.
- Il est ici question du Quai aux fleurs à Paris.
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L'Amour fou, André Breton, éd. Gallimard, 1976 (ISBN 978-2070367238), p. 73 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] Anne F. Garréta, La Décomposition, 1999
Aujourd'hui, jour de marché, mon lecteur je vous emmène. Où ? Devant une pyramide d'asperges. Quoi faire ? Attendre que paraisse notre prochaine victime. Nous voulons, pour donner goût à notre œuvre, que ce soit l'épi même, finement pignoché de mauve et d'azur, de ces délicieuses fées comestibles qui nous désigne celle qu'au festin cruel que je vous ai promis nous devons sacrifier.
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La Décomposition, Anne F. Garréta, éd. Grasset (Le Livre de Poche), 1999, p. 109
[modifier] Philosophie
[modifier] César Chesneau Dumarsais, Des tropes ou des différents sens dans lesquels on peut prendre un même mot, 1730
[J]e suis persuadé qu'il se fait plus de figures [de style] un jour de marché à la Halle, qu'il ne s'en fait en plusieurs jours d'assemblées académiques.
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Des tropes ou des différents sens dans lesquels on peut prendre un même mot (1730), César Chesneau Dumarsais, éd. Veuve Dabot, 1824, p. 2
[modifier] Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, 1885
Où cesse la solitude commence le marché ; et où commence le marché, commence aussi le vacarme des grands comédiens et le bourdonnement des mouches venimeuses.
Dans le monde, les choses les meilleures ne valent rien sans quelqu'un pour les mettre en scène : le peuple appelle ces metteurs en scène : de grands hommes [...].
A cause de ces esprits hâtifs, retourne à ta sécurité : ce n'est qu'au marché que l'on est assailli par oui ou par non ! [...]
C'est à l'écart du marché et de la gloire que se passe tout ce qui est grand : c'est à l'écart de la place du marché et de la gloire qu'ont, de tout temps, habité les inventeurs de valeurs nouvelles.
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Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Georges-Arthur Goldschmidt), éd. Le Livre de Poche, coll. Les Classiques de Poche, 1972 (ISBN 978-2-253-00675-6), partie I, chap. « Des mouches du marché », p. 69
Vous, hommes supérieurs, laissez-moi vous apprendre ceci : sur la place du marché personne ne croit aux hommes supérieurs. Et voulez-vous y parler, allez-y ! Mais la populace clignera des yeux en disant : « Nous sommes tous pareils et égaux. »
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Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Georges-Arthur Goldschmidt), éd. Le Livre de Poche, coll. Les Classiques de Poche, 1979 (ISBN 978-2-253-00675-6), partie IV, chap. « De l'homme supérieur », p. 336