Harmonie
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[modifier] Enseignement
[modifier] Guide
[modifier] Christine Harache, Toute la fonction d'assistante, 2008
Une approche de l'interculturel
Dans les cultures communautaires, l'harmonie doit régner dans les relations entre les individus. Le conflit n'est pas autorisé. Il risquerait de faire perdre la face à l'un des deux protagonistes, ce qui est inenvisageable. On ne peut pas facilement dire ce que l'on pense. D'autant moins qu'une pensée originale n'est pas encouragée. La pensée est façonnée par le groupe d'appartenance.
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Toute la fonction d'assistante, Christine Harache, éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-10-050545-6), partie 1. Les Savoirs, Une approche de l'interculturel : Les conséquences de l'individualisme, p. 29
[modifier] Littérature
[modifier] Critique
[modifier] Giovanni Macchia, Chateaubriand — Europe n°775-776, 1993
Le mythe de Chateaubriand est d'essence aristocratique. Il est irrigué par une volonté d'affirmation ou de réaction : soit en rejetant les distinctions entre le beau et le laid, l'authentique et le faux, comme le proposait Sainte-Beuve, soit en repoussant les attaques, les offenses, les liquidations hâtives auxquelles Chateaubriand fut souvent exposé. Mythe aristocratique : respect de la cohérence. Il n'existait aucune divergence, aucun écart, aucune contradiction entre ses idées politiques, son sentiment religieux, le rôle qu'il joua dans l'histoire de son pays et la forme d'art qu'il cultiva et réalisa : une telle harmonie est en revanche introuvable, pour citer un contemporain, chez le Balzac monarchiste et légitimiste. Romantique au plein sens du terme, Chateaubriand ne dissimulait pas son admiration pour l'une des périodes les plus aristocratiques de la littérature française, le classicisme du Grand Siècle, en opposition à la prose sèche, économique et fonctionnelle des philosophes et des idéologues des Lumières.
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« L'homme de la mort — Mythification de l'écrivain », Giovanni Macchia, Chateaubriand — Revue Littéraire Europe (ISSN 0014-2751), nº 775-776, Novembre-décembre 1993, p. 10
[modifier] Essai
[modifier] Léon Bloy, Sur la tombe de Huysmans, 1913
Huysmans et son dernier Livre
Quand des livres tels que celui dont il vient d’être si longuement parlé font écho à l’état moral de tout un monde, il se peut très bien qu’à l’aurore on ait entendu d’harmonieux soupirs, mais le soir — c’est un hurlement !
- Il est ici question du roman de Joris-Karl Huysmans : En Rade.
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Sur la tombe de Huysmans, Léon Bloy, éd. Paris, coll. Collection des Curiosités littéraires, 1913, Avant la Conversion : Huysmans et son dernier Livre, p. 44
[modifier] Prose poétique
[modifier] Alberto Savinio, Un vomissement musical, 1917
Le charme de l’harmonie est la plus grave atteinte à l’honneur de l’homme libre. Parmi les principales causes de criminalité par dégénérescence il faut placer — en premier lieu la musique : bien avant l’alcoolisme !
Des populations denses de gens idiots, ignorants, sales, malades, dégénérés, entrent dans le Temple de la Musique comme chez eux. Ils s’y trouvent — en effet — parfaitement chez eux, car on y célèbre un culte à la portée de toutes les plus répugnantes misères de l’esprit : c’est l’Assistance Publique pour tout le rejet de l’humanité.
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« Un vomissement musical », Alberto Savinio, Dada, nº 1, Juillet 1917, p. 6
[modifier] René Char, Fureur et mystère, 1948
Le Requin et la mouette
Je vois enfin la mer dans sa triple harmonie, la mer qui tranche de son croissant la dynastie des douleurs absurdes, la grande volière sauvage, la mer crédule comme un liseron.
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Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1962 (ISBN 2-07-030065-X), partie LE POEME PULVERISE (1945-1947), Le Requin et la mouette, p. 190
[modifier] Roman
[modifier] Gabriele D'Annunzio, Le Feu, 1900
Une clameur nouvelle, plus forte et plus longue, s’éleva d’entre les deux tutélaires colonnes de granit, pendant que la barque royale abordait à la Piazzetta noire de peuple. Quand le bruit cessait, la foule épaisse avait des remous ; et les galeries du Palais des Doges s’emplissaient d’une rumeur confuse, pareille au bourdonnement illusoire qui anime les volutes des conques marines. Puis, tout à coup, la clameur rejaillissait dans l’air limpide, montait se briser contre la légère forêt marmoréenne, franchissait les têtes des hautes statues, atteignait les pinacles et les croix, se dispersait dans le lointain crépusculaire. Puis, c’était une autre pause pendant laquelle, imperturbable, dominant l’agitation inférieure, continuait l’harmonie multiple des architectures sacrées et profanes où couraient comme une agile mélodie les modulations ioniques de la Bibliothèque et s’élançait comme un cri mystique la cime de la tour nue. Et cette musique silencieuse des lignes immobiles était si puissante qu’elle créait le fantôme presque visible d’une vie plus belle et plus riche, superposé au spectacle de la multitude inquiète. Celle-ci sentait la divinité de l’heure ; et, lorsqu’elle acclamait cette forme nouvelle de la royauté abordant au rivage antique, cette fraîche Reine blonde qu’illuminait un inextinguible sourire, peut-être exhalait-elle son obscure aspiration à dépasser l’étroitesse de la vie vulgaire et à recueillir les dons de l’éternelle Poésie épars sur les pierres et sur les eaux.
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Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. I. L'épiphanie du feu, p. 3
Ils se turent quelques minutes, absorbés par le tourbillon intérieur qui ébranlait leur être jusqu’aux racines, comme pour les arracher. Des Jardins, les effluves descendaient autour d’eux et nageaient comme des huiles sur l’eau qui, çà et là, portait dans ses plis le lustre du vieux bronze. Il y avait dans l’air comme un reflet épars du faste d’autrefois, et leurs yeux le percevaient de la même façon que, en contemplant les palais noircis par les siècles, ils avaient, dans l’harmonie des marbres durables, retrouvé la note éteinte de l’or.
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Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. I. L'épiphanie du feu, p. 21
[...] dans le silence favorable, s’éleva un prélude de violons. Les violes et les violoncelles unirent à cette plainte suppliante un plus profond soupir. N’était-ce pas, après la flûte et le crotale, après les instruments orgiaques dont les sons troublent la raison et provoquent le délire, n’était-ce pas l’auguste lyre dorienne, grave et suave, harmonieux support du chant ? Ainsi du bruyant Dithyrambe était né le Drame. La grande métamorphose du rite dionysiaque, la frénésie de la fête sacrée devenant la créatrice inspiration du poète tragique, était figurée dans cette alternance musicale. L’ardent souffle du dieu thrace avait donné la vie à une forme sublime de l’Art. La couronne et le trépied, prix décernés à la victoire du poète, avaient remplacé le bouc lascif et la corbeille de figues attiques. Eschyle, gardien d’une vigne, avait été visité par le dieu, qui lui avait infusé son esprit de flamme.
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Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. I. L'épiphanie du feu, p. 56
[modifier] Médias
[modifier] Presse
[modifier] Charles-Augustin Sainte-Beuve, Causeries du lundi, 1858
Le classique [...], dans son caractère le plus général et dans sa plus large définition, comprend les littératures à l'état de santé et de fleur heureuse, les littératures en plein accord et en harmonie avec leur époque, avec leur cadre social, avec les principes et les pouvoirs dirigeants de la société ; contentes d'elles-mêmes — contentes d'être de leur nation, de leur temps, du régime où elles naissent et fleurissent (la joie de l'esprit, a-t-on dit, en marque la force : cela est vrai pour les littératures comme pour les individus) ; les littératures qui sont et qui se sentent chez elles, dans leur voie, non déclassées, non troublantes, n'ayant pas pour principe le malaise, qui n'a jamais été un principe de beauté.
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Le siècle du progrès — Anthologie établie et présentée par Pierre Berès, Charles-Augustin Sainte-Beuve, éd. Hermann (éditeurs des sciences et des arts), coll. Collection savoir : lettres, 1992 (ISBN 2-7056-6179-4), partie De la tradition en littérature, 12 avril 1858. Causeries du lundi, t. XV, p. 8