Fedor Dostoïevski
Fedor (Fiodor) Mikhaïlovitch Dostoïevski (en russe Фёдор Михайлович Достоевский) est un écrivain russe, né à Moscou le 30 octobre du calendrier julien/11 novembre 1821 et mort à Saint-Pétersbourg le 28 janvier du calendrier julien/9 février 1881. Il est généralement considéré comme l'un des plus grands romanciers russes, et a influencé de nombreux écrivains et philosophes.
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[modifier] Les Carnets du sous-sol (1863)
[modifier] Partie I : Le Sous-sol
Maintenant que j'achève ma vie dans mon trou, je me moque de moi-même et je me console avec cette certitude aussi bilieuse qu'inutile : car quoi, un homme intelligent ne peut rien devenir - il n'y a que les imbéciles qui deviennent. Un homme intelligent du XIXe siècle se doit - se trouve dans l'obligation morale - d'être une créature essentiellement sans caractère ; un homme avec un caractère, un homme d'action, est une créature essentiellement limité.
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Les Carnets du sous-sol, Fedor Dostoïevski (trad. André Markowicz), éd. Babel, 1863 (ISBN 2-86869-799-2), p. 13 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[...] cette jouissance-là provient d'une conscience trop claire de votre abaissement ; du fait que vous sentez vous-même que vous en êtes au dernier stade ; et que c'est moche, et qu'il n'y a pas moyen de se sentir mieux ; qu'il ne vous reste aucune issue, que plus jamais vous ne serez un autre ; que, même s'il vous restait du temps et de la foi pour devenir quelque chose d'autre, vous ne voudriez plus vous-même, sans doute, vous transformer ; et que , si vous vouliez, vous ne pourriez rien faire de toute façon, parce qu'il est vrai, peut-être, que vous n'avez plus rien en quoi vous transformer. Surtout et à la fin des fins, cela se produit suivant les règles naturelles, fondamentales, de la conscience accrue et de l'inertie qui en découle directement, et donc, en conséquence, non seulement il n'y a plus moyen de se transformer, mais il n'y a, tout simplement, plus rien à faire.
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Les Carnets du sous-sol, Fedor Dostoïevski (trad. André Markowicz), éd. Babel, 1863 (ISBN 2-86869-799-2), p. 17 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
L'impossibilité, c'est donc un mur de pierre ? Quel mur de pierre ? Eh, comment ça ? - Les lois de la nature, les conclusions des sciences naturelles, les mathématiques. On vous démontre, par exemple, que vous descendez du singe : pas la peine de faire la grimace - acceptez-le comme c'est. Et quand on vous démontre qu'au fond, une seule goutte de votre propre graisse doit vous être plus chère qu'un bon million de vos semblables et que cet argument résout finalement les prétendues vertus et les devoirs, tous ces délires et autres préjugés - acceptez-le tel quel, qu'est-ce que vous y pouvez, c'est comme deux fois deux - mathématique. Répliquez donc, pour voir.
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Les Carnets du sous-sol, Fedor Dostoïevski (trad. André Markowicz), éd. Babel, 1863 (ISBN 2-86869-799-2), p. 22 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Comme si ce mur de pierre pouvait vraiment vous apporter le repos, comme si, vraiment, il renfermait en lui ne serai-ce qu'un seul mot d'apaisement pour cette unique raison que deux fois deux font quatre. Absurdité des absurdités ! Ah non, mais - tout comprendre, avoir conscience de tout, de tous les impossibles, de tous les murs de pierre ; ne se soumettre à rien, aux impossibles, aux murs de pierre, si cela vous répugne de vous soumettre; arriver par les combinaisons logiques les plus inévitables aux conclusions les plus dégoûtantes sur ce sujet toujours d'actualité que le mur de pierre, c'est comme si vous, vous en étiez coupable, même si - encore une fois - vous n'êtes à l'évidence, coupable de rien, ce qui amène, sans dire un mot et en grinçant des dents par impuissance, à se figer voluptueusement dans l'inertie et à songer qu'il apparaît ainsi que vous n'avez même plus personne sur qui déverser votre bile, que l'objet du délit n'y est plus, vous ne le retrouverez plus jamais peut-être, vous êtes là, devant un tour d'escamotage, un truc, une pire et simple filouterie, un genre de mélasse, on ne sait quoi, on ne sait qui, et que pour vous, malgré les mystères et les trucs, ça vous fait toujours mal - et moins vous comprenez, et plus ça vous fait mal !
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Les Carnets du sous-sol, Fedor Dostoïevski (trad. André Markowicz), éd. Babel, 1863 (ISBN 2-86869-799-2), p. 23 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Et, qui sait, (on n'en jurerait pas), peut-être tout notre but en ce monde, ce but vers quoi l'humanité tend tellement, ne tient-il justement que dans le caractère continuel du processus de sa conquête.
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Les Carnets du sous-sol, Fedor Dostoïevski (trad. André Markowicz), éd. Babel, 1863 (ISBN 2-86869-799-2), p. 48 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] Partie II : Sur la neige mouillée
Les gens ne comptent que leur malheur ; leur bonheur, ils ne le comptent jamais. S'ils le comptaient comme il faut, ils comprendraient que chacun a sa part en réserve.
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Les Carnets du sous-sol, Fedor Dostoïevski (trad. André Markowicz), éd. Babel, 1863 (ISBN 2-86869-799-2), p. 123 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Citation choisie citation du jour pour le 26 novembre 2008.
[...] il faut d'abord apprendre à vivre soi-même avant de faire la leçon aux autres !
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Les Carnets du sous-sol, Fedor Dostoïevski (trad. André Markowicz), éd. Babel, 1863 (ISBN 2-86869-799-2), p. 126 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Citation choisie citation du jour pour le 8 février 2009.
[modifier] Les Frères Karamazov
On assure que le monde, en abrégeant les distances, en transmettant la pensée dans les airs, s'unira toujours davantage, que la fraternité régnera. Hélas! ne croyez pas à cette union des hommes. Concevant la liberté comme l'accroissement des besoins et leur prompte satisfaction, ils altèrent leur nature, car ils font naître en eux une foule de désirs insensés, d'habitudes et d'imaginations absurdes. Ils ne vivent que pour s'envier mutuellement, pour la sensualité et l'ostentation.
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Les Frères Karamazov, Fedor Dostoïevski (trad. Henri Montgault), éd. Gallimard, 2006 (ISBN 2-07-038962-6), p. 426 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] L'Idiot
Est-il vrai, prince, que vous ayez dit une fois que la « beauté » sauverait le monde ? Messieurs, s'écria-t-il en prenant toute la société à témoin, le prince prétend que la beauté sauvera le monde! (…) Ne rougissez pas, prince! vous me feriez pitié. Quelle beauté sauvera le monde ?
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L'Idiot, Fedor Dostoïevski (trad. Albert Mousset), éd. Livre de Poche, 2010 (ISBN 978-2-07-038963-6), p. 464 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] Divers
[...] c'est à partir de sa propre culture que chaque peuple va vers l'universel.
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« Soljenitsyne: favoriser l'autogestion des établissements et la culture nationale », Fedor Dostoïevski, cité par Alexandre Soljenitsyne, Courrier international, nº 255, 21 au 27 septembre 1995, p. XXVII
L'amour, c'est le droit que l'on donne à l'autre de nous persécuter.
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Que serais-je sans toi ?, Guillaume Musso, éd. XO Éditions, 2009 (ISBN 978-2-84563-419-0), partie 2 (« Les rues de San-Francisco »), chap. 19 (« Tu vois, je n'ai rien oublié... »), p. 189 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
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