Chat
Le chat est un félin de petite taille, généralement domestiqué.
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[modifier] Littérature
[modifier] Écrit intime
[modifier] Salvador Dali, Les moustaches radar, 1964
N'oublions pas que ces orgies d'informations devront être abondamment arrosées par le sang et le bruit de fortes doses d'opéras, d'irrationalité concrète, de musique concrétissime et de décors abstraits mathieusiens et millarésiens, comme celles déjà fameuses ou Dali veut le volume de bruit lyrique provoqué par la castration-supplice et la mise à mort de 558 porcs sur fond sonore de 300 motocyclettes, moteurs en marche, sans jamais oublier les hommages rétrospectifs tels que les passages d'orgue remplis de chats attachés aux claviers afin de mêler leurs miaulements irascibles à la divine musique du Padre Vittoria que Philippe II d'Espagne pratiqua déjà en son temps.
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Les moustaches radar (1964), Salvador Dali, éd. Gallimard, coll. Folio, 2008 (ISBN 9782070317004), p. 110
[modifier] Poésie
[modifier] Robert Desnos, Rrose Sélavy, 1922
André Breton serait-il déjà condamné à la tâche de tondre en enfer des chats d'ambre et de jade ?
- Cette citation provient d'une revue dirigée par André Breton.
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« Rrose Sélavy », Robert Desnos, Littérature Nouvelle Série, nº 7, Décembre 1922, p. 17
[modifier] Prose poétique
[modifier] Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris, 1869
L'horloge
Pour moi, si je me penche vers la belle Féline, la si bien nommée, qui est à la fois l'honneur de son sexe, l'orgueil de mon coeur et le parfum de mon esprit, que ce soit la nuit, que ce soit le jour, dans la pleine lumière ou dans l'ombre opaque, au fond de ses yeux adorables je vois toujours l'heure distinctement, toujours la même, une heure vaste, solennelle, grande comme l'espace, sans division de minutes ni de secondes, — une heure immobile qui n'est pas marquée sur les horloges, et cependant légère comme un soupir, rapide comme un coup d'oeil.
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Le Spleen de Paris (1869), Charles Baudelaire, éd. Maxi-Livres, coll. Maxi-Poche Classiques Français, 1995 (ISBN 2-87714-226-4), XVI. L'horloge, p. 46
[modifier] Proverbe
[modifier] Jean-Antoine de Baïf/Prosper Blanchemain, 1581
Absent le chat, les souris dansent.
- Plus tard repris et modernisé : « Quand le chat n’est pas là, les souris dansent ».
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Les Mimes, enseignements et proverbes (1581), Jean-Antoine de Baïf et Prosper Blanchemain, éd. L. Willem, 1880, p. 98
[modifier] Roman
[modifier] James Joyce, Ulysse, 1922
Une autre tranche de pain beurré ; trois, quatre ; bon. Elle n'aimait pas que son assiette fût pleine. Bon. Il laissa le plateau, prit la bouilloire sur le rebord du foyer et la plaça sur le feu, un peu de côté. Sise là, d'aplomb et maussade, le bec agressif. Thé bientôt. Tant mieux. Gorge sèche. La chatte tournait contre le pied de la table, raide et la queue en l'air.
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Ulysse (1922), James Joyce (trad. Auguste Morel), éd. Gallimard, coll. Folio, 1957 (ISBN 2-07-040018-2), p. 85
Ma femme et votre femme. Une chatte miaularde. Comme de la soie qu'on déchire.
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Ulysse (1922), James Joyce (trad. Auguste Morel), éd. Gallimard, coll. Folio, 1957 (ISBN 2-07-040018-2), p. 434
STEPHEN
[...] Que fit chacun à la porte de sortie ?
Bloom posa le bougeoir par terre. Stephen mit le chapeau sur sa tête.
Pour quel être la porte de sortie fut-elle une porte d'entrée ?
Pour une chatte.
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Ulysse (1922), James Joyce (trad. Auguste Morel), éd. Gallimard, coll. Folio, 1957 (ISBN 2-07-040018-2), p. 996
[modifier] Boris Vian, L'écume des jours, 1947
La souris écarta les mâchoires du chat et fourra sa tête entre les dents aiguës. Elle la retira presque aussitôt.
— Dis donc, dit-elle, tu as mangé du requin, ce matin ?
— Ecoute, dit le chat, si ça ne te plaît pas, tu peux t'en aller. Moi ce truc-là, ça m'assomme. Tu te débrouilleras toute seule.
Il paraissait fâché.
— Ne te vexe pas, dit la souris.
Elle ferma ses petits yeux noirs et replaça sa tête en position. Le chat laissa reposer avec précaution ses canines acérées sur le cou doux et gris. Les moustaches noires de la souris se mêlaient aux siennes. Il déroula sa queue touffue et la laissa traîner sur le trottoir.
Il venait, en chantant, onze petites filles aveugles de l'orphelinat de Jules l'Apostolique.
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L'écume des jours (1947), Boris Vian, éd. Pauvert, 1963 (ISBN 2-7202-1311-02), LXVIII., p. 215
[modifier] Anne F. Garréta/J. Roubaud, Eros mélancolique, 2008
Les jours, très vite, se firent clairs, tièdes, doux, éveillant des espoirs précoces et dangereux chez les arbres qui se couvrirent de feuilles naissantes, tendres et aveugles comme des chats nouveau-nés.
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Eros mélancolique, Anne F. Garréta et J. Roubaud, éd. Grasset, 2008, p. 57
[modifier] Philosophie
[modifier] Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, 1885
Tout comme vos sages illustres ne me parurent, au fond, pas tellement sages, de même j'ai trouvé la méchanceté des hommes inférieure à sa réputation.
Et souvent je me suis demandé en hochant la tête : pourquoi sonner encore, serpents à sonnettes [...] ?
Il faut d'abord que vos chats sauvages soient devenus des tigres et vos crapauds empoisonnés des crocodiles : car à bon chasseur, bonne chasse !
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Ainsi parlait Zarathoustra (1885), Friedrich Nietzsche (trad. Georges-Arthur Goldschmidt), éd. Le Livre de Poche, coll. Les Classiques de Poche, 1979 (ISBN 978-2-253-00675-6), partie II, chap. « Du discernement humain », p. 174