Chat

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Kätzchen im Boudoir — Carl Reichert (1918)

Le chat est un félin de petite taille, généralement domestiqué.

Littérature[modifier]

Écrit intime[modifier]

Salvador Dali, Les moustaches radar, 1964[modifier]

N'oublions pas que ces orgies d'informations devront être abondamment arrosées par le sang et le bruit de fortes doses d'opéras, d'irrationalité concrète, de musique concrétissime et de décors abstraits mathieusiens et millarésiens, comme celles déjà fameuses ou Dali veut le volume de bruit lyrique provoqué par la castration-supplice et la mise à mort de 558 porcs sur fond sonore de 300 motocyclettes, moteurs en marche, sans jamais oublier les hommages rétrospectifs tels que les passages d'orgue remplis de chats attachés aux claviers afin de mêler leurs miaulements irascibles à la divine musique du Padre Vittoria que Philippe II d'Espagne pratiqua déjà en son temps.


Poésie[modifier]

Robert Desnos, Rrose Sélavy, 1922[modifier]

André Breton serait-il déjà condamné à la tâche de tondre en enfer des chats d'ambre et de jade ?

  • Cette citation provient d'une revue dirigée par André Breton.
  • « Rrose Sélavy », Robert Desnos, Littérature Nouvelle Série, nº 7, Décembre 1922, p. 17


Prose poétique[modifier]

Joseph Delteil, Échec, 1923[modifier]

Je me chaussais de bottes, et je devins rapidement végétarien. Ma mère arrosait les salades. Mais mon père, médiocre chasseur, tuait quelquefois un roitelet, une pie ou une buse. Lorsque j'eus vingt roitelets, je fus tout décontenancé que cela ne fît point un grand Roi. Luce préférait les Reines et les reinettes. Elle en pêchait parfois dans la mare, et les apportait à notre chat. Les chats ont horreur du vert. Ils ont un poil dans les pattes, et mille piles dans la fourrure. Ils adorent ma prose, comme eux réticente, sèche et suspecte.

  • « Échec », Joseph Delteil, Littérature Nouvelle Série, nº 10, Octobre 1923, p. 7


Proverbe[modifier]

Jean-Antoine de Baïf/Prosper Blanchemain, 1581[modifier]

Absent le chat, les souris dansent.

  • Plus tard repris et modernisé : « Quand le chat n’est pas là, les souris dansent ».


Roman[modifier]

Colette, La Maison de Claudine, 1922[modifier]

Il n’est qu’un jeune chat, fruit des amours — et de la mésalliance — de Moune, chatte persane bleue, avec n’importe quel rayé anonyme. Dieu sait si le rayé abonde, dans les jardins d’Auteuil ! Par les jours de printemps précoce, aux heures du jour où la terre, dégelée, fume sous le soleil et embaume, certains massifs, certaines plates-bandes ameublies qui attendent les semis et les repiquages, semblent jonchés de couleuvres : les seigneurs rayés, ivres d’encens végétal, tordent leurs reins, rampent sur le ventre, fouettent de la queue et râpent délicatement sur le sol leur joue droite, leur joue gauche, pour l’imprégner de l’odeur prometteuse de printemps — ainsi une femme touche, de son doigt mouillé de parfum, ce coin secret, sous l’oreille.

  • La Maison de Claudine (1922), Colette, éd. Imprimerie Moderne de Nantes, coll. Super-Bibliothèque, 1976 (ISBN 2-261-00093-6), Les Deux Chattes, p. 215


Il n’est qu’un jeune chat, fils d’un de ces rayés. Il porte sur son pelage les raies de la race, les vieilles marques de l’ancêtre sauvage. Mais le sang de sa mère a jeté, sur ces rayures, un voile floconneux et bleuâtre de poils longs, impalpables comme une transparente gaze de Perse. Il sera donc beau, il est déjà ravissant, et nous essayons de le nommer Kamaralzaman — en vain, car la cuisinière et la femme de chambre, qui sont des personnes raisonnables, traduisent Kamaralzaman par Moumou.

  • La Maison de Claudine (1922), Colette, éd. Imprimerie Moderne de Nantes, coll. Super-Bibliothèque, 1976 (ISBN 2-261-00093-6), Les Deux Chattes, p. 216


Il est un jeune chat, gracieux à toute heure. La boule de papier l’intéresse, l’odeur de la viande le change en dragon rugissant et minuscule, les passereaux volent trop vite pour qu’il puisse les suivre de l’œil, mais il devient cataleptique, derrière la vitre, quand ils picorent sur la fenêtre. Il fait beaucoup de bruit en tétant, parce que ses dents poussent… C’est un petit chat, innocent au milieu d’un drame.

  • La Maison de Claudine (1922), Colette, éd. Imprimerie Moderne de Nantes, coll. Super-Bibliothèque, 1976 (ISBN 2-261-00093-6), Les Deux Chattes, p. 216

Anne Calife, Paul et le Chat, 2004[modifier]

Le Chat que j'appelle avec toujours la même intonation de la voix, tourne aussi la tête vers moi d'un air un peu distrait, orientant les oreilles dans ma direction. Il lève un début de queue pour montrer que, oui, il m’a repérée, puis fixe passionnément, parmi les hautes herbes, un éphémère, un papillon jaune – enfin, quelque chose que je ne vois pas. » Le Chat me donne aussi le même genre de baiser sauvage. Brusquement, il s'accroupit en forme de tortue laissant seulement dépasser ses pattes blanches, avance un museau rose, yeux clos et m'assène un ou deux petits coups froids et mouillés. » Malgré l’hiver, le Chat entrait, sortait. Durant la nuit, il dormait contre ma peau nue, une de ses pattes blanches dans ma paume ouverte. Je sentais les pointes froides de ses moustaches, son odeur de pluie et d’herbe froissée. Mal gonflé, ballon empli trop vite, le Chat chaloupait désormais un ventre distendu. Je me suis aperçu de manière inattendue qu'il attendait des petits…J’utiliserai pourtant l’article défini masculin pour qualifier le Chat, lui assignant ainsi son espace dans l’espèce animale, cette catégorie silencieuse d’êtres s’exprimant au travers de leur attitude.

  • Paul et le Chat, Anne Calife, éd. Mercure de France, réedition Menthol House, 2004 (ISBN 978-2-9599680-2-0), p. 46


Malgré l’hiver, le Chat entrait, sortait. Durant la nuit, il dormait contre ma peau nue, une de ses pattes blanches dans ma paume ouverte. Je sentais les pointes froides de ses moustaches, son odeur de pluie et d’herbe froissée. Mal gonflé, ballon empli trop vite, le Chat chaloupait désormais un ventre distendu. Je me suis aperçu de manière inattendue qu'il attendait des petits…J’utiliserai pourtant l’article défini masculin pour qualifier le Chat, lui assignant ainsi son espace dans l’espèce animale, cette catégorie silencieuse d’êtres s’exprimant au travers de leur attitude.(...)À ma connaissance, le Chat demeure le seul animal dont toutes les émotions se lisent au travers de l’orientation des oreilles, pupilles et battements de queue.

  • Paul et le Chat, Anne Calife, éd. Mercure de France, réedition Menthol House, 2004 (ISBN 978-2-9599680-2-0), p. 12


Les rayons verts, disposés en roue dans les yeux du Chat, rencontrèrent ceux jaunes du matin. Le Chat ferma les yeux, s'endormit.

  • Paul et le Chat, Anne Calife, éd. Mercure de France, réedition Menthol House, 2004 (ISBN 978-2-9599680-2-0), p. 30


Dans son berceau, le Chat était lové sur la grenouillère en velours. Dans la pénombre du store, les yeux de Paul concentraient toute la lumière. Contre le velours, le Chat ronronnait sourdement. Paul battait l’air de ses poings en demande d’explications. Je fis le « sshhhht » du chat signifiant « Ouste, va-t-en ! » Le Chat se lécha méthodiquement le bout des pattes. Paul, lui, ne bougeait plus, attentif à chaque mouvement du Chat, là, entre ses jambes. « Une fois encore je « crachais » pour que Chat descende – je me demandai, l’espace d’une seconde, qui était le Chat… Ce dernier mit son masque japonais le plus beau, deux traits noirs obliques sur ses yeux et lâcha un profond soupir de bien-être. Quant à moi, je restai là, debout, tête vide, éclaboussée par les paillettes vertes des yeux du Chat, submergée par le bleu des yeux de Paul.

  • Paul et le Chat, Anne Calife, éd. Mercure de France, réedition Menthol House, 2004 (ISBN 978-2-9599680-2-0), p. 61


Un cri, une sorte de couinement m’arracha au rêve, je pensai qu’il y avait des souris dans le lit. Le Chat roulait d’un côté puis de l’autre. Son ventre se durcissait, se détendait en flux douloureux, il appuyait ses pattes brûlantes contre mon ventre. Il accouchait. Là. Contre moi. Nue. Submergé par la douleur, son regard flottait, voguait par-delà, le faisant presque loucher. Haletant, pupilles dilatées, le nez presque rouge à force d’être rose, le Chat leva la patte arrière en l’air. Et voilà qu’il léchait vigoureusement une petite chose molle, ridiculement flasque. Surtout, qu’est-ce qu’il ronronnait . Un son de gorge puissant, un son de rage, de victoire. Il frottait ses joues sur moi, tellement joyeux qu'il me mordillait les doigts, me grignotait l’intérieur du poignet. Comme il m'amenait ses mulots égorgés, il m’avait offert son chaton sous la couette. C’était une petite chose au nez en triangle rouge, aux yeux clos, le poil encore plaqué de liquides vivants. La nuit s’accoudait massive, trapue contre la vitre ; il devait être deux ou trois heures du matin. (...).J’allais chercher dans la cuisine, le panier en velours que je couvris d’une serviette éponge. J’y plaçais le Chat, pattes raidies et son chaton mou. Le Chat haletait mais ronronnait éperdument. Roses et noirs, ses coussinets s'ouvraient, se refermaient comme des fleurs venimeuses. Je sentais les pétales blancs qui forçaient dans la nuit pour éclater leurs coques dures.

  • Paul et le Chat, Anne Calife, éd. Mercure de France, réedition Menthol House, 2004 (ISBN 978-2-9599680-2-0), p. 37


Le Chat disparaissait d’un bond leste, laissant imprimé le S noir de sa queue se découpant contre le ciel.

  • Paul et le Chat, Anne Calife, éd. Mercure de France, réedition Menthol House, 2004 (ISBN 978-2-9599680-2-0), p. 77


Le Chat que j'appelle avec toujours la même intonation de la voix, tourne aussi la tête vers moi d'un air un peu distrait, orientant les oreilles dans ma direction. Il lève un début de queue pour montrer que, oui, il m’a repérée, puis fixe passionnément, parmi les hautes herbes, un éphémère, un papillon jaune – enfin, quelque chose que je ne vois pas. (...)Le Chat me donne aussi le même genre de baiser sauvage. Brusquement, il s'accroupit en forme de tortue laissant seulement dépasser ses pattes blanches, avance un museau rose, yeux clos et m'assène un ou deux petits coups froids et mouillés.

  • Paul et le Chat, Anne Calife, éd. Mercure de France, réedition Menthol House, 2004 (ISBN 978-2-9599680-2-0), p. 78


Boris Vian, L'écume des jours, 1947[modifier]

La souris écarta les mâchoires du chat et fourra sa tête entre les dents aiguës. Elle la retira presque aussitôt.
— Dis donc, dit-elle, tu as mangé du requin, ce matin ?
— Ecoute, dit le chat, si ça ne te plaît pas, tu peux t'en aller. Moi ce truc-là, ça m'assomme. Tu te débrouilleras toute seule.
Il paraissait fâché.
— Ne te vexe pas, dit la souris.
Elle ferma ses petits yeux noirs et replaça sa tête en position. Le chat laissa reposer avec précaution ses canines acérées sur le cou doux et gris. Les moustaches noires de la souris se mêlaient aux siennes. Il déroula sa queue touffue et la laissa traîner sur le trottoir.
Il venait, en chantant, onze petites filles aveugles de l'orphelinat de Jules l'Apostolique.

  • L'écume des jours (1947), Boris Vian, éd. Pauvert, 1963 (ISBN 2-7202-1311-02), LXVIII., p. 215


Anne F. Garréta/J. Roubaud, Eros mélancolique, 2008[modifier]

Les jours, très vite, se firent clairs, tièdes, doux, éveillant des espoirs précoces et dangereux chez les arbres qui se couvrirent de feuilles naissantes, tendres et aveugles comme des chats nouveau-nés.

  • Eros mélancolique, Anne F. Garréta et J. Roubaud, éd. Grasset, 2008, p. 57


Philosophie[modifier]

Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, 1885[modifier]

Tout comme vos sages illustres ne me parurent, au fond, pas tellement sages, de même j'ai trouvé la méchanceté des hommes inférieure à sa réputation.
Et souvent je me suis demandé en hochant la tête : pourquoi sonner encore, serpents à sonnettes [...] ?
Il faut d'abord que vos chats sauvages soient devenus des tigres et vos crapauds empoisonnés des crocodiles : car à bon chasseur, bonne chasse !

  • Ainsi parlait Zarathoustra (1885), Friedrich Nietzsche (trad. Georges-Arthur Goldschmidt), éd. Le Livre de Poche, coll. Les Classiques de Poche, 1979 (ISBN 978-2-253-00675-6), partie II, chap. « Du discernement humain », p. 174