Élite
Élite est un substantif de genre féminin, dérivé de l'ancien français eslite (du latin eligere qui donnera élu). Étymologiquement, le terme se rattache donc à l'idée d'élection, non au sens du suffrage mais à celui de l'approbation par autrui de la place détenue par quelqu'un dans la société. L'élite, c'est la fleur d'une société : de même que la fleur se dresse sur sa tige, l'élite entend dépasser le niveau du sol.
À l'origine, le statut d'élite n'est pas accordé par la détention du pouvoir, mais par l'autorité morale, c'est d'ailleurs pourquoi le terme est employé au singulier. Aujourd'hui il est plus courant d'évoquer les élites. Le pluriel donne une connotation négative : ce n'est plus la qualité de l'être qui est concernée, mais la domination d'une catégorie sociale sur les autres
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[modifier] Histoire
[modifier] Discours
[modifier] Discours à la Commission Trilatérale, 1991
La souveraineté supranationale d'une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l'autodétermination nationale pratiquée dans les siècles passés.
- (en) The supranational sovereignty of an intellectual elite and world bankers is surely preferable to the National autodetermination practiced in past centuries.
- La source dont elle est tirée est partiellement une oeuvre de fiction, ce qui peut mettre en doute l'authenticité de cette citation.
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Discours à la Commission Trilatérale, juin 1991, Baden Baden, dans Matrix of Power: How the World Has Been Controlled by Powerful Men Without Your Knowledge, paru en 2000.
[modifier] Littérature
[modifier] Récit de voyage
[modifier] Guy de Maupassant, La Vie errante, 1890
Lassitude
[...] pas un ami qui dîne chez lui ou qui consente à dîner chez vous.
Quand on l’invite, il accepte à la condition qu’on banquettera sur la tour Eiffel. C’est plus gai. Et tous, comme par suite d’un mot d’ordre, ils vous y convient ainsi tous les jours de la semaine, soit pour déjeuner, soit pour dîner.
Dans cette chaleur, dans cette poussière, dans cette puanteur, dans cette foule de populaire en goguette et en transpiration, dans ces papiers gras traînant et voltigeant partout, dans cette odeur de charcuterie et de vin répandu sur les bancs, dans ces haleines de trois cent mille bouches soufflant le relent de leurs nourritures, dans le coudoiement, dans le frôlement, dans l’emmêlement de toute cette chair échauffée, dans cette sueur confondue de tous les peuples semant leurs puces sur les sièges et par les chemins, je trouvais bien légitime qu’on allât manger une fois ou deux, avec dégoût et curiosité, la cuisine de cantine des gargotiers aériens, mais je jugeais stupéfiant qu’on pût dîner, tous les soirs, dans cette crasse et dans cette cohue, comme le faisait la bonne société, la société délicate, la société d’élite, la société fine et maniérée qui, d’ordinaire, a des nausées devant le peuple qui peine et sent la fatigue humaine.
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La Vie errante, Guy de Maupassant, éd. P. Ollendorff, 1890, Lassitude, p. 5
[modifier] Roman
[modifier] Isaac Asimov, Seconde Fondation, 1953
Quels que fussent les bouleversements économiques et sociologiques [...], il subsistait toujours une élite ; et de tout temps, la caractéristique d'une élite a été de posséder des loisirs comme récompense primordiale de sa propre condition.
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Seconde Fondation, Isaac Asimov (trad. Pierre Billon), éd. Denoël, 1966 (ISBN 2-207-24913-1), partie II.Arcadia Darell, p. 157 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] Médias
[modifier] Presse
[modifier] Serge de Beketch, Le libre journal n°26, 2002
[…] il ne faut pas oublier que tout le monde n'est pas capable de comprendre un message complexe. Que tout le monde ne mérite pas que l'on consacre son énergie a faire comprendre un message complexe. Il ne faut pas viser le grand nombre. C'est un piège qui, sous le masque de la sacro-sainte démocratie, use en pure perte l'énergie des chefs naturels. Il faut s'adresser au petit nombre. À l'élite. Les autres suivront. Et s'ils ne suivent pas, on se passera d'eux.
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« Le libre journal, Serge de Beketch », Serge de Beketch, Jeune Résistance (ISSN 1279 - 4759), nº 26, printemps 2002, p. 11
Citation choisie citation du jour pour le 20 septembre 2009.
[modifier] Philosophie
[modifier] Friedrich Nietzsche, Par-delà bien et mal, 1886
Si l'on admet [...] que, de tout temps, le danger n'a rapproché que des hommes qui pouvaient désigner, au moyen de signes semblables, des besoins semblables, des événements semblables, il résulte, dans l'ensemble, que la facilité de communiquer dans le péril, c'est-à-dire en somme le fait de ne vivre que des événements moyens et communs, a dû être la force la plus puissante de toutes celles qui ont dominé l'homme jusqu'ici. Le hommes les plus semblables et les plus ordinaires eurent toujours et ont encore l'avantage ; l'élite, les hommes raffinés et rares, plus difficiles à comprendre, courent le risque de rester seuls et, à cause de leur isolement, ils succombent aux dangers et se reproduisent rarement. Il faut faire appel à de prodigieuses forces adverses pour entraver ce naturel, trop naturel, progressus in simile, le développement de l'homme vers le semblable, l'ordinaire, le médiocre, le troupeau — le commun !
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Par-delà le bien et le mal, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Le Livre de Poche, coll. Les Classiques de Poche, 1991 (ISBN 978-2-253-05614-0), partie IX, chap. « Qu'est-ce qui est noble ? », § 268, p. 344
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