Jean Arp

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Hans Arp.

Hans Arp ou Jean Arp, né à Strasbourg le 16 septembre 1886 et mort à Bâle en Suisse le 7 juin 1966, est un peintre, un sculpteur et un poète allemand puis français. Co-fondateur du mouvement Dada à Zurich en 1916, il fut proche ensuite du surréalisme. Il réalisa de nombreuses œuvres plastiques en étroite collaboration avec sa femme Sophie Taeuber.

Citations[modifier]

Note 2 sur l'art, 1917[modifier]

L'homme est sale, il tue les animaux, les plantes, ses frères, il querelle, il est intelligent, parle trop, ne peut pas dire ce qu'il pense.
Mais l'artiste est un créateur : il sait travailler une forme qui devient organique. Il décide. Il rend l'homme meilleur. Soigne le jardin des intentions, ordonne.
  • « Note 2 sur l'art », Hans Arp, Dada, nº 2, décembre 1917, p. 2


La pureté d'un principe me rend heureux, voir au-delà de l'horizontale qui s'élargit tranquillisant les nouveautés végétales des pays éloignés ; floraisons de glace. La verticale : dans la sérieuse pensée devant l'infini en sentant la profondeur d'un instant devant l'animal.
  • « Note 2 sur l'art », Hans Arp, Dada, nº 2, décembre 1917, p. 2


Jours effeuillés[modifier]

Nous ne voulons pas copier la nature. Nous ne voulons pas reproduire, nous voulons produire. Nous voulons produire comme une plante qui produit un fruit et ne pas reproduire. Nous voulons produire directement et non par truchement. Comme il n’y a pas la moindre trace d’abstraction dans cet art nous le nommons : art concret.
  • Préface du catalogue de l’exposition « Konkrete Kunst », Bâle, 1944.
  • « Art concret », dans Jours effeuillés, poèmes, essais, souvenirs, 1920-1965, Jean Arp, éd. Gallimard, 1966  (ISBN 2-07-020283-6), p. 183


Tu peignais une larme parmi la rosée,
une larme parmi les perles.
Tu peignais la clarté qui fait battre le cœur,
la douceur qui fait remuer les lèvres.

  • « Sophie rêvait Sophie peignait Sophie dansait », dans Jours effeuillés, poèmes, essais, souvenirs, 1920-1965, Jean Arp, éd. Gallimard, 1966  (ISBN 2-07-020283-6), p. 185


Kandinsky s’est livré dans ces poèmes [Résonances] aux recherches spirituelles les plus rares. De « l’être à l’état pur » il a fait surgir à la lumière des beautés que jamais personne n’avait encore contemplées. […] Kandinsky […] met le lecteur devant une image de mots qui meurt et qui devient, devant une suite de mots qui meurt et qui devient, devant un rêve qui meurt et qui devient. Par la poésie de Kandinsky, nous assistons au cycle éternel, au devenir et à la disparition, à la transformation de ce monde. Ses poèmes rendent manifestes l’absence, la nullité de la perception et de la raison.
  • « Kandinsky, le poète », dans Jours effeuillés, poèmes, essais, souvenirs, 1920-1965, Jean Arp, éd. Gallimard, 1966  (ISBN 2-07-020283-6), p. 370


et les échos et les phrases
et entre les échos et les phrases
les reflets
des échos de miroirs

  • « Echos de miroirs », dans Jours effeuillés, poèmes, essais, souvenirs, 1920-1965, Jean Arp, éd. Gallimard, 1966  (ISBN 2-07-020283-6), p. 611


J’aime calculer lentement lentement
mais faux.
J’aime les calculs faux
car ils donnent
des résultats plus justes.
J’aime également
calculer avec beaucoup de peine
sans obtenir le moindre résultat.

  • Jours effeuillés, poèmes, essais, souvenirs, 1920-1965, Jean Arp, éd. Gallimard, 1966  (ISBN 2-07-020283-6), p. 626


Autres citations[modifier]

Je trouve qu'un tableau ou une sculpture qui n'ont pas eu d'objet pour modèle sont tout aussi concrets et sensuels qu'une feuille ou une pierre.
  • « A propos d’art abstrait », Jean Arp, Cahiers d'art, 1931, p. 358 (lire en ligne)


Quatre espaces à croix brisée, 1932, Sophie Taeuber-Arp.
Elle dansait et rêvait / un triangle, un rectangle, / un rectangle dans un cercle, / un cercle dans un cercle, / un cercle qui luit, / un cercle qui sonne, / un rectangle immobile avec beaucoup / de petits cercles sonnants, / elle rêvait nuit et jour / de cercles vivants.
  • Spirale, 1.
  • « Sophie Taeuber-Arp », Angela Lampe, dans Collection art moderne, Brigitte Leal, éd. Centre Pompidou, 2008  (ISBN 978-2-84426-368-1), p. 586


Kandinsky est le dompteur des étoiles.
Il peint des étoiles de rêve.
Dans sa peinture il n'y a pas trace de nature morte
mais des soies qui ont le mors aux dents.
La boule la plus petite touche.
Il éveille d'un sommeil ténébreux
les ombres grondantes de la peinture.
Il les éveille avec des coups de pinceau
et elles commencent à fleurir.
Quand Kandinsky lève sa palette
un Quatorze-Juillet de l'infini
suivi d'un tonnerre surnaturel
sort de sa manche cosmique.
Vive Kandinsky!
Vive l'Infini!

  • « Dompteur des étoiles », Jean Arp, XXe siècle, nº 27, 1966, p. 91


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