Violon
Le violon est un instrument de musique à cordes frottées.
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[modifier] Littérature
[modifier] Nouvelle
[modifier] Renée Vivien, La Dame à la Louve, 1904
Les Soeurs du silence
Aux pieds du monastère, l’abîme bleuissait, plus attirant que le flot méditerranéen. Les fenêtres étaient larges, et, toujours grandement ouvertes sur la mer, elles contenaient toute la courbe glorieuse de l’Arc-en-Ciel. Lorsque l’orgue répandait la tempête de ses foudres et de ses tonnerres, lorsque les violons sanglotaient toute l’angoisse divine, les vagues mêlaient aux chants l’éternité de leur rythme monocorde.
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La Dame à la Louve, Renée Vivien, éd. Alphonse Lemaire, 1904, Les Soeurs du silence, p. 54
[modifier] Roman
[modifier] Gabriele D'Annunzio, Le Feu, 1900
[...] dans le silence favorable, s’éleva un prélude de violons. Les violes et les violoncelles unirent à cette plainte suppliante un plus profond soupir. N’était-ce pas, après la flûte et le crotale, après les instruments orgiaques dont les sons troublent la raison et provoquent le délire, n’était-ce pas l’auguste lyre dorienne, grave et suave, harmonieux support du chant ? Ainsi du bruyant Dithyrambe était né le Drame. La grande métamorphose du rite dionysiaque, la frénésie de la fête sacrée devenant la créatrice inspiration du poète tragique, était figurée dans cette alternance musicale. L’ardent souffle du dieu thrace avait donné la vie à une forme sublime de l’Art. La couronne et le trépied, prix décernés à la victoire du poète, avaient remplacé le bouc lascif et la corbeille de figues attiques. Eschyle, gardien d’une vigne, avait été visité par le dieu, qui lui avait infusé son esprit de flamme.
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Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. I. L'épiphanie du feu, p. 56
[modifier] Citations
Le luthier, en fabricant un violon, permet la naissance des « plus beaux sons de miel et d'or que l'oreille humaine puisse entendre »
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(fr) La Légende du violon, Yehudi Menuhin, éd. Flammarion, coll. La légende..., 1997 (ISBN 2080351435), chap. Du vide à la vibration, p. 63
À notre époque où la technique devient fétiche dans tous les domaines, elle passe de mode, ou est même condamnée chez les chefs d'orchestre. Est-ce parce qu'elle n'est pas directement perceptible chez les chefs, alors que, chez un violoniste sans technique par exemple, même un profane peut découvrir que les grincements et les gémissements de son instrument n'ont rien à voir avec la musique ?
- Citation de Rudolf Kempe, issue originalement de À l'écoute des grands interprètes, Lausanne, 1977.
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(fr) L'art du chef d'orchestre, Georges Liébert, éd. Hachette, coll. Pluriel, 1982 (ISBN 2-012-79271-5), p. 34
Une fois que le jeune musicien a atteint une certaine maîtrise du piano, il peut évidemment lui être fort utile d'acquérir une certaine habileté dans la pratique d'un second instrument ; à cet égard, le meilleur, bien que le plus difficile, est le violon. Les efforts pour obtenir une intonation pure exigent du violoniste une attention constante [...] ; ces efforts éduquent et aiguisent son ouïe.
- Citation de Bruno Walter, issue originalement de De la pratique musicale, chap. Des études professionnelles du chef d'orchestre, 1957.
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(fr) L'art du chef d'orchestre, Georges Liébert, éd. Hachette, coll. Pluriel, 1982 (ISBN 2-012-79271-5), p. 507
J'ose à peine l'avouer, mais j'ai horreur du son du violon, de ces aigus qui m'écorchent les oreilles. Je suis comme de ces personnes que le contact d'un chat font frissonner.
- Citation de François-René Duchâble
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(fr) Pour l'amour d'un stradivarius, Pierre Amoyal, éd. Robert Laffon, 2004 (ISBN 2-221-09473-5), chap. Mes violons, p. 232
Y a-t-il quelque chose de plus ridicule au monde que vingt hommes qui s'acharnent à redoubler le miaulement plaintif d'un violon ?
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(fr) L'Art des bruits, Manifeste futuriste 1913, Luigi Russolo, éd. Editions Allia, 2003 (ISBN 2844851142), p. 15
Violon : instrument destiné à chatouiller les oreilles de l'homme par le frottement de la queue d'un cheval sur les boyaux d'un chat.
- Citation de Ambrose Bierce issue de son Dictionnaire du Diable.
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(fr) Les Miscellanées de Mr Schott, Ben Schott, éd. Editions Allia, 2005 (ISBN 2-84485-198-3), p. 35
Citation choisie citation du jour pour le 6 avril 2010.
Le vibrato du violon n'est pas de mon temps. Toutefois, c'est évident, je ne veux pas qu'on détruise les violons.
- Citation d'Edgar Varèse.
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(fr) Entretiens avec Edgar Varèse, Georges Charbonnier, éd. Belfond, 1970, p. 44
Les violons [...] peuvent se prêter à une foule de nuances en apparence inconciliables. Ils ont (en masse) la force, la légereté, la grace, les accents sombres et joyeux, la rêverie et la passion. [...] Les violons sont des serviteurs fidèles, intelligents, actifs et infatigables. [...] C'est là la vraie voie féminine de l'orchestre, voix passionnée et chaste en même temps, déchirante et douce, qui pleure et crie et se lamente, ou chante et prie et rêve, ou éclate en accents joyeux, comme nulle autre ne pourrait le faire.
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(fr) Traité d'instrumentation et d'orchestration, Hector Berlioz, éd. Henry Lemoine, 2004, p. 33
Les violons souffrent-ils ? On dit que les perles reprennent vie sur la peau de leur propriétaire. […] La douleur des violons inactifs, des violons enfermés dans des vitrines, des violons couchés comme des décorations du pauvre oncle colonel sur un coussin de velours, des violons suspendus comme de précieuses charcuteries dans des cloches de verre, des violons serrés dans leurs casaques rouges, oranges ou brunes, avec l'archet reposant à leur côté comme l'épée au flanc d'un chevalier mort – la douleur des violons qui ne sentent plus l'appui d'une épaule agitée, d'une poitrine convulsée, qui ne se sentent pas dominés, caressés, effleurés par les doigts d'un Sarasate, d'un Joachim, d'un Kubelik, qui ne se sentent plus traversés par les courants mélodieux d'un Bach, d'un Mozart, d'un Beethoven –, la douleur des violons n'est peut-être pas aussi intense que celle de Niobé, mais un même processus de pétrification, ou pour le moins de refroidissement, s'accomplit dans le corps de ces pauvres êtres.
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« Antonio Stradivari, dit Stradivarius », Alberto Savinio, Symphonia, nº 2, Janvier 1996, p. 22
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