Kabyles

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Les Kabyles sont un peuple berbère (amazigh) originaire de la Kabylie, une région d'Algérie.

Troupe d’idheballen

Marie-Nicolas Bouillet[modifier]

KABYLES ou Kabaîls. On désigne sous ce nom les tribus montagnardes, la plupart d'origine berbère, qui habitent les massifs de l'Atlas dans l'Algérie et le Maroc. C'est le reste et comme le mélange de toutes les races qui ont habité primitivement le Nord de l'Afrique et qui ont résisté aux invasions successives dont cette contrée a été le théâtre. Il ne faut les confondre ni avec les Arabes, ni avec les Maures, ni avec les Turcs. Les Kabyles mènent une vie sédentaire et habitent des villages (gourbis) : plusieurs gourbis réunis forment une kébyla; d'où leur nom. Leur gouvernement est une sorte de confédération démocratique. Ils cultivent le sol et vont vendre de l'huile, des dattes et du miel aux habitants de la plaine; ils exercent divers genres d'industrie : ils sont forgerons, armuriers, orfèvres; leurs burnous, leurs cuirs, leurs poteries, leurs huiles, sont recherchés. Les Kabyles sont sobres, laborieux, infatigables; ils sont braves et hospitaliers, mais violents, vindicatifs et superstitieux. L'amour de l'indépendance est leur qualité dominante. Ils ont été de tout temps divisés en nombreuses tribus : les plus importantes en Algérie sont celles des Béni-Abbès, des Béni-Iani, des Bêni Ratten, des Henneichas, etc.

  • Dictionnaire universel d'histoire et de géographie (1869), Marie-Nicolas Bouillet, éd. Hachette et Cie, 1869, p. 1984


Hervé le Bras[modifier]

Les Kabyles sont venus en France pour échapper à l'islam.


Louis Chevalier[modifier]

C'est la France qui a contribué au progrès de l'Islam [en Algérie], en rendant par exemple l'usage de l'arabe obligatoire dans les justices de paix. L'islamisation de la Kabylie en particulier est d'époque récente.

  • Le problème démographique nord-africain (1947), Louis Chevalier, éd. Presses universitaires de France, 1947, p. 196


Général Jean Cler[modifier]

La race kabyle que je viens de visiter, plutôt en voyageur qu'en ennemi, est belle. Les hommes sont tous d'un tempérament sec et maigre, d'une taille plus élevée que la moyenne, et généralement bien faits. Leur figure est expressive; leur regard vif et pénétrant [...]. Les vieux marabouts ont des figures graves et vénérables; malgré soi, on est porté à les respecter. Les chefs, surtout les jeunes, ont les traits fins et distingués; leur visage est souvent d'une pâleur aristocratique.

  • général Jean Cler, 30 septembre 1842, Cherchell, dans Le voyage en Algérie, paru chez Robert Laffont, 2008, p.135-136, Franck Laurent.


Eugène Daumas[modifier]

Contrairement aux résultats universels de la foi islamique, en Kabylie nous découvrons la sainte loi du travail obéie, la femme à peu près réhabilitée, de nombreux usages où respirent l'égalité, la fraternité, la commisération chrétienne. [...] Plus on creuse dans ce vieux tronc, plus, sous l'écorce musulmane, on trouve de sève chrétienne. On reconnaît alors que le peuple kabyle, en partie autochtone, en partie germain d'origine, autrefois chrétien tout entier, ne s'est pas complètement transfiguré dans sa religion nouvelle. Sous le coup du cimeterre, il a accepté le Koran, mais il ne l'a point embrassé; il s'est revêtu du dogme ainsi que d'un burnous; mais il a gardé, par dessous sa forme sociale antérieure, et ce n'est pas uniquement dans les tatouages de sa figure qu'il étale devant nous, à son insu, le symbole de la Croix.

  • Mœurs et coutumes de l'AlgérieTell, Kabylie, Sahara, Eugène Daumas, éd. Hachette, 1858, p. 254-255


Hans Günther[modifier]

Chez les Berbères, en particulier chez les Kabyles du Rif au Maroc puis dans la Djurdjura, à Enfida, et avant tout parmi les tribus des Chavias dans le massif des Aurès, on constate un apport de la race nordique, ou bien plutôt nordique et falique, que l'on peut attribuer à des invasions préhistoriques. Dans cette région, les blonds représentent, semble-t-il, un cinquième à un tiers de la population.

  • Les peuples de l'europe (1927), Hans Günther, éd. Editions du Lore, 2006, p. 173-174


Augustin Ibazizen[modifier]

Le Kabyle n’est pas un sémite, mais un méditerranéen confiné par l’histoire dans les montagnes du Djurdjura, et dont la sensibilité est proche de celle des peuples latins. [...] A la différence de l’Arabe, le Kabyle n’a pas le culte de son passé historique qu’il n’oppose pas à l’histoire de France. Le jeune Kabyle n’a pas de dieux, ni la civilisation musulmane, ni le culte de Mahomet : c’est une table rase.

  • Augustin Ibazizen, dans un article de la Nouvelle revue des jeunes (1930) , analysant "L’évolution de la jeunesse kabyle".
  • Algérie: le passé revisité, Chems-Eddine Chitour, éd. Casbah Éditions, 1998, p. 152


Ernest Renan[modifier]

Le Kabyle, personne n'en doute, n'a été amené dans le pays ni par la conquête musulmane, ni par celle des Romains. Ce n'est ni un Vandale, ni un Carthaginois ; c'est le vieux Numide, le descendant des sujets de Masinissa, de Syphax et de Jugurtha .

  • « La société berbère » (1873), dans Mélanges d'histoire et de voyages (1878), Ernest Renan, éd. Calmann Lévy, 1890, p. 321


[P]our n'avoir qu'un rang assez humble dans l'échelle du génie, la race berbère n'en est pas moins importante dans l'ensemble de l'humanité. Son étonnante vivacité est un des phénomènes de l'histoire les plus dignes d'être étudiés. A l'époque romaine, d'ailleurs, le monde berbère a introduit quelques éléments essentiels dans le mouvement général de la civilisation, en prenant une part considérable à la formation du christianisme latin.

  • « La société berbère » (1873), dans Mélanges d'histoire et de voyages (1878), Ernest Renan, éd. Calmann Lévy, 1890, p. 323


Dans un pays où il n'ya pas d'hôtelleries, l'hospitalité devient une charge publique, et chez des populations aussi pauvres que celles dont nous parlons c'est une charge pénible. Les Kabyles s'en acquittent d'une façon vraiment touchante. […] Voilà qui est admirable et montre tout ce qu'il y a d'excellentes qualités de coeur dans la race berbère. Les pages héroiques et touchantes de l'histoire du christianisme africain s'expliquent par cet esprit d'humanité, de douceur.

  • « La société berbère » (1873), dans Mélanges d'histoire et de voyages (1878), Ernest Renan, éd. Calmann Lévy, 1890, p. 336-337


Élisée Reclus[modifier]

Les Kabyles sont en général un peu moins foncés que les Arabes, ce qui s'explique par leur vie plus sédentaire. En moyenne, ne diffèrent que peu des Européens du midi, et parmi eux on rencontre des milliers d'individus qui, en changeant de costume, pourraient être confondus avec des Auvergnats, des Cadurques, des Limousins. Les prétendus Arabes des environs de Saïda et de Frenda, Berbères presque purs en dépit de leur généalogie, sont de ceux qui rappellent la physionomie de paysans la plus commune dans le midi français.

  • Nouvelle géographie universelle: la terre et les hommes, Élisée Reclus, éd. Hachette, 1886, t. 11, Moeurs des Kabyles, p. 386


Certes, on peut compter sur l'avenir historique de cette nation forte et laborieuse à laquelle l'humanité doit déjà le service immense d'avoir, sous le nom d'Arabes, conservé et développé en Espagne les sciences léguées par le monde hellénique et qui, dans le reste de l'Europe, étaient menacées de se perdre à jamais sous la nuit du moyen âge.

  • Nouvelle géographie universelle: la terre et les hommes, Élisée Reclus, éd. Hachette, 1886, t. 11, Moeurs des Kabyles, p. 464


Alfred Rosenberg[modifier]

Les Berbères, dont une partie conservent encore la peau claire et souvent même les yeux bleus, ne remontent pas aux raids ultérieurs des Vandales, mais bien à la très ancienne vague atlanto nordique. De nombreux chasseurs Kabyles, par exemple, sont aujourd'hui encore irréfutablement d'origine nordique. Ainsi, dix pour cent de la population dans les environs de Constantine, et encore davantage dans le Djebel Scheschor, sont des Berbères blonds.

  • Le Mythe du vingtième siècle (1930), Alfred Rosenberg, éd. Deterna, 2005, p. 42


Maréchal Saint-Arnaud[modifier]

Ces Kabyles sont les soldats les plus braves de toute l'Afrique.

  • Djidjelli, 25 mai 1839


Divers[modifier]

Le premier indigène qui entra au service de la France après la conquête d'Alger, fut un Zouaoui ou homme des Zouaoua, de là le nom des Zouaves.

  • Les Zouaves composés par la suite d'européens furent l'un des corps d'élite de l'armée française.
  • Mémoires de la société de géographiqe de Genève, Société de géographie de Genève, éd. Société de géographie de Genève, 1860, t. 1, p. 215


Voir aussi[modifier]


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