Georges Bataille

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Georges Bataille, né le 10 septembre 1897 à Billom (Puy-de-Dôme) et mort le 8 juillet 1962, est un écrivain français.

La Notion de dépense, 1933[modifier]

Chaque fois que le sens d’un débat dépend de la valeur fondamentale du mot utile, c’est-à-dire chaque fois qu’une question essentielle touchant la vie des sociétés humaines est abordée, quelles que soient les personnes qui interviennent et quelles que soient les opinions représentées, il est possible d’affirmer que le débat est nécessairement faussé et que la question fondamentale est éludée. Il n’existe en effet aucun moyen correct, étant donné l’ensemble plus ou moins divergent des conceptions actuelles, qui permette de définir ce qui est utile aux hommes.

  • La Part maudite précédé de La Notion de dépense (1933), Georges Bataille, éd. Éditions de Minuit, coll. Critique, 2003 (ISBN 2-7073-0181-7), p. 25


La Part maudite, 1949[modifier]

Mon travail tendait d’abord à accroître la somme des ressources humaines, mais ses résultats m’enseignaient que l’accumulation n’était qu’un délai, un recul devant l’échéance inévitable, où la richesse accumulée n’a de valeur que dans l’instant. Écrivant le livre où je disais que l’énergie ne peut être finalement que gaspillée, j’employais moi-même mon énergie, mon temps, au travail : ma recherche répondait d’une manière fondamentale au désir d’accroître la somme des biens acquis à l’humanité.

  • La Part maudite précédé de La Notion de dépense (1949), Georges Bataille, éd. Éditions de Minuit, coll. Critique, 2003 (ISBN 2-7073-0181-7), p. 51


À la surface du globe, pour la matière vivante en général, l’énergie est toujours en excès, la question est toujours posée en termes de luxe, le choix est limité au mode de dilapidation des richesses.

  • La Part maudite précédé de La Notion de dépense (1949), Georges Bataille, éd. Éditions de Minuit, coll. Critique, 2003 (ISBN 2-7073-0181-7), p. 61


La méconnaissance ne change rien à l’issue dernière. Nous pouvons l’ignorer, l’oublier : le sol où nous vivons n’est quoi qu’il en soit qu’un champ de destructions multipliées.

  • La Part maudite précédé de La Notion de dépense (1949), Georges Bataille, éd. Éditions de Minuit, coll. Critique, 2003 (ISBN 2-7073-0181-7), p. 62


La source et l’essence de notre richesse sont données dans le rayonnement du soleil, qui dispense l’énergie – la richesse – sans contrepartie. Le soleil donne sans jamais recevoir…

  • La Part maudite précédé de La Notion de dépense (1949), Georges Bataille, éd. Éditions de Minuit, coll. Critique, 2003 (ISBN 2-7073-0181-7), p. 66


De tous les luxes concevables, la mort, sous sa forme fatale et inexorable, est certainement le plus coûteux.

  • La Part maudite précédé de La Notion de dépense (1949), Georges Bataille, éd. Éditions de Minuit, coll. Critique, 2003 (ISBN 2-7073-0181-7), p. 72


De même que l’herbivore est, par rapport à la plante, un luxe, - le carnivore par rapport à l’herbivore, - l’homme est de tous les êtres vivants le plus apte à consumer intensément, luxueusement, l’excédent d’énergie que la pression de la vie propose à des embrasements conformes à l’origine solaire de son mouvement.

  • La Part maudite précédé de La Notion de dépense (1949), Georges Bataille, éd. Éditions de Minuit, coll. Critique, 2003 (ISBN 2-7073-0181-7), p. 75


La Littérature et le Mal, 1957[modifier]

De même que l'horreur est la mesure de l'amour, la soif du mal est la mesure du bien.

  • La littérature et le mal, Georges Bataille, éd. Gallimard, 1957, p. 152


L'Érotisme, 1957[modifier]

Sade — ce qu'il a voulu dire — généralement fait horreur à ceux-là mêmes qui affectent de l'admirer et n'ont pas reconnu par eux-même ce fait angoissant : que le mouvement de l'amour, porté à l'extrême, est un mouvement de mort.

  • L'Érotisme, Georges Bataille, éd. Éditions de Minuit, coll. Arguments, 1957, p. 48


Il n'est pas de sentiment qui jette dans l'exubérance avec plus de force que celui du néant.

  • L'Érotisme, Georges Bataille, éd. Éditions de Minuit, coll. Arguments, 1957, p. 78


Citation rapportée[modifier]

Si tu ris, c'est que tu as peur.

  • « Quand l'université nous la sort bonne », Georges Bataille, Les dossiers du Canard enchaîné, Juillet 2014, p. 80


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