Franz Kafka
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Franz Kafka (1883 — 1924) est un auteur d'origine juive et de langue allemande. C'est l'un des écrivains occidentaux majeurs du XXe siècle.
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[modifier] Œuvres
[modifier] Le Procès
Il reconnaît qu'il ignore la loi, et il affirme en même temps qu'il n'est pas coupable !
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« Le Procès » (trad. Alexandre Vialatte), dans Œuvres complètes, Franz Kafka, éd. Gallimard, 1984, vol. 1, chap. 1 (« Arrestation de Joseph K. »), p. 264 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
Dois-je laisser dire de moi qu'au début de mon procès je voulais le finir et qu'à la fin je ne voulais que le recommencer ?
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« Le Procès » (trad. Alexandre Vialatte), dans Œuvres complètes, Franz Kafka, éd. Gallimard, 1984, vol. 1, chap. 10 (« Fin »), p. 464 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
La logique a beau être inébranlable, elle ne résiste pas à un homme qui veut vivre. Où était le juge qu'il n'avait jamais vu ? Où était la haute cour à laquelle il n'était jamais parvenu ? Il leva les mains et écarquilla les doigts.
Mais l'un des deux messieurs venait de le saisir à la gorge ; l'autre lui enfonça le couteau dans le cœur et l'y retourna par deux fois. Les yeux mourants, K. vit encore les deux messieurs penchés tout près de son visage qui observaient joue contre joue.
« Comme un chien ! » dit-il, c'était comme si la honte dût lui survivre.
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« Le Procès » (trad. Alexandre Vialatte), dans Œuvres complètes, Franz Kafka, éd. Gallimard, 1984, vol. 1, chap. 10 (« Fin »), p. 466 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
[modifier] La Colonie pénitentiaire
Le principe d'après lequel je décide, le voici : la faute est toujours certaine. Les autres tribunaux ne peuvent pas observer ce principe, car ils sont composés de plusieurs juges et ont d'autres cours au-dessus d'eux. Chez nous il n'en est pas ainsi. [...] Tout cela est très simple. Si j'avais commencé par faire comparaître l'homme et par l'interroger, il n'en serait résulté que confusion. Il aurait menti ; si j'avais réussi à réfuter ses mensonges, il en aurait forgé de nouveaux et ainsi de suite, au lieu que maintenant je le tiens et je ne le lâche plus. Tout est-il clair ?...
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« La Colonie pénitentiaire » (trad. Alexandre Vialatte), dans Œuvres complètes, Franz Kafka, éd. Gallimard, 1984, vol. 2, p. 309-310 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)
[modifier] Les Recherches d'un chien
Certes, la science progresse ; c'est un mouvement irrésistible ; ce progrès va même en s'accélérant, il va toujours plus vite. Mais qu'y a-t-il là qui mérite des éloges ? C'est comme si on voulait faire l'éloge de quelqu'un, parce qu'il vieillit à mesure que ses années augmentent et que, par conséquent, la mort approche toujours plus vite. C'est un processus naturel et, de surcroît, assez laid, dans lequel je ne trouve rien à louer. Je ne vois là que décadence.
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« Les Recherches d'un chien » (trad. Claude David), dans Œuvres complètes, Franz Kafka, éd. Gallimard, 1984, vol. 2, p. 696 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Notre génération est peut-être perdue, mais elle est plus innocente que celle d'avant.
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« Les Recherches d'un chien » (trad. Claude David), dans Œuvres complètes, Franz Kafka, éd. Gallimard, 1984, vol. 2, p. 696 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
La raison profonde de mon inaptitude à la science me semble être un instinct, qui n'est sans doute pas un mauvais instinct. [...] Ce fut [cet] instinct qui, peut-être justement au nom de la science, mais d'une autre science que celle qui est pratiquée aujourd'hui, d'une science des choses dernières, me fit estimer la liberté plus que tout le reste. La liberté ! Certes, la liberté qui est possible aujourd'hui est une plante chétive. Mais elle reste malgré tout la liberté ; elle est une chose que l'on possède.
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« Les Recherches d'un chien » (trad. Claude David), dans Œuvres complètes, Franz Kafka, éd. Gallimard, 1984, vol. 2, p. 713 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
L'éducation est sans doute toujours à deux faces : elle consiste, d'une part, à réprimer le mouvement impétueux qui pousse les enfants dans leur ignorance à l'assaut de la vérité ; d'autre part à humilier les enfants pour les amener ensuite peu à peu et insensiblement dans le mensonge.
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« Les Recherches d'un chien » (trad. Claude David), dans Œuvres complètes, Franz Kafka, éd. Gallimard, 1984, vol. 2, p. 1228 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] Correspondance
Nous avons besoin de livres qui agissent sur nous comme un malheur dont nous souffririons beaucoup, comme la mort de quelqu'un que nous aimerions plus que nous-mêmes, comme si nous étions proscrits, condamnés à vivre dans des forêts loin de tous les hommes, comme un suicide - un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous.
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« Lettre à Oskar Pollak, 27 janvier 1904 » (trad. Marthe Robert), dans Œuvres complètes, Franz Kafka, éd. Gallimard, 1984, vol. 4, p. 575 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] Journal
Tout ce qui n'est pas littérature m'ennuie et je le hais.
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« Journal, 21 août 1913 » (trad. Marthe Robert), dans Œuvres complètes, Franz Kafka, éd. Gallimard, 1984, vol. 3, p. 308 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Les parents qui attendent de la reconnaissance de leurs enfants (il y en a même qui l'exigent) sont comme ces usuriers qui risquent volontiers le capital pour toucher les intérêts.
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« Journal, 12 novembre 1914 » (trad. Claude Marthe), dans Œuvres complètes, Franz Kafka, éd. Gallimard, 1984, vol. 3, p. 367 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
En un certain sens, le Bien est désolant.
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« Journal, 21 novembre 1917 » (trad. Claude Marthe), dans Œuvres complètes, Franz Kafka, éd. Gallimard, 1984, vol. 3, p. 450 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
L'oisiveté est le commencement de tous les vices, le couronnement de toutes les vertus.
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« Journal, 30 novembre 1917 » (trad. Claude Marthe), dans Œuvres complètes, Franz Kafka, éd. Gallimard, 1984, vol. 3, p. 454 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Dans le combat entre toi et le monde, seconde le monde.
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« Journal, 8 décembre 1917 » (trad. Claude Marthe), dans Œuvres complètes, Franz Kafka, éd. Gallimard, 1984, vol. 3, p. 456 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
J'ai passé ma vie à me défendre de l'envie d'y mettre fin.
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« Journal, 17 septembre 1920 » (trad. Claude Marthe), dans Œuvres complètes, Franz Kafka, éd. Gallimard, 1984, vol. 3, p. 507 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
La jeunesse éternelle est impossible, même s'il n'y avait pas d'autre obstacle, l'introspection s'y opposerait.
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« Journal, 11 avril 1922 » (trad. Claude David), dans Œuvres complètes, Franz Kafka, éd. Gallimard, 1984, vol. 3, p. 543 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] Divers
L'oisiveté est le commencement de tous les vices et le couronnement de tous les vertues.
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(fr) Dictionnaire de citations du monde entier, Florence Montreynaud et Jeanne Matignon, éd. Le Robert, 1979, p. 991