Conquête
La conquête est acte de guerre visant à la soumission d'un peuple, une invasion. Une conquête sociale désigne un ou plusieurs acquis sociaux. Une conquête amoureuse est une réussite d'une tentative de séduction.
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[modifier] Histoire
[modifier] Marie-Jo Bonnet, Les Relations amoureuses entre les femmes, 1981
Pour la lesbienne, l'amour est un risque et une conquête, non une pulsion. C'est un acte gratuit, conscient de ne déboucher sur rien socialement.
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Les Relations amoureuses entre les femmes (1995), Marie-Jo Bonnet, éd. Odile Jacob, coll. Poches, 1981, Introduction, p. 12
Paru durant la Fronde et dédié à la Duchesse de Longueville, Artamène ou le Grand Cyrus est symptomatique de la perte de pouvoir politique infligé aux femmes par la monarchie. Sa fin marque pourtant l'espoir de la conquête possible d'un territoire propre, forteresse de l'âme, terre de liberté où le génie féminin, sous la double protection des Amazones et de l'amour de soi reconquis, se retire.
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Les Relations amoureuses entre les femmes (1995), Marie-Jo Bonnet, éd. Odile Jacob, coll. Poches, 1981, partie 1. Te nommer corps lesbien (XVIè-XVIIè siècle), chap. III Le pays des Sauromates : Sappho chez les Amazones, Introduction, p. 76
[modifier] Littérature
[modifier] Écrit intime
[modifier] Claire Julliard, Boris Vian, 2007
C'est une impression de paradis que j'ai encore. Les galettes de bouse, les tranchées d'eau dans la terre noire. Tout plat l'horizon gris océan ou pas, mais comme. Le plancher rugueux, terreux du wagon, avec les têtes brillantes des clous usés. C'est six heures du matin. Être debout à cette heure là, ça fait toujours une espèce de joie de conquête.
- Propos de Boris Vian rapportés par la biographe Claire Julliard.
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Boris Vian (2007), Claire Julliard, éd. Folio, coll. Biographies, 2007 (ISBN 978-2-07-031963-3), Amours, études et surprises-parties, p. 27
[modifier] Prose poétique
[modifier] Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927
Corsaire Sanglot sentait croître une estime nouvelle pour lui-même et en lui-même. Depuis qu’il avait compris et accepté la monotonie de l’Éternité, il avançait droit comme un bâton à travers les aventures, lianes glissantes, qui ne l’arrêtaient pas dans sa marche. Une exaltation nouvelle avait succédé à la dépression. Une espèce d’enthousiasme à rebours qui lui faisait considérer sans intérêt l’échec de ses plus chères tentatives. La liberté du temps l’avait enfin conquis.
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La liberté ou l'amour ! (1927), Robert Desnos, éd. Gallimard, coll. L'Imaginaire, 1962 (ISBN 978-2-07-027695-0), VIII. A perte de vue, p. 87
[modifier] René Char, Fureur et mystère, 1948
Suzerain
La connaissance eut tôt fait de grandir entre nous. Ceci n'est plus, avais-je coutume de dire. Ceci n'est pas, corrigeait-il. Pas et plus étaient disjoints. Il m'offrait, à la gueule d'un serpent qui souriait, mon impossible que je pénétrais sans souffrir. D'où venait cet Ami ? Sans doute, du moins sombre, du moins ouvrier des soleils. Son énergie que je jugeais grande éclatait en fougères patientes, humidité pour mon espoir. Ce dernier, en vérité, n'était qu'une neige de l'existence, l'affinité du renouveau. Un butin s'amoncelait, dessinant le littoral cruel que j'aurais un jour à parcourir. Le coeur de mon Ami m'entrait dans le coeur comme un trident, coeur souverain égaillé dans des conquêtes bientôt réduites en cendres, pour marquer combien la tentation se déprime chez qui s'établit, se rend. Nos confidences ne construiraient pas d'église ; le mutisme reconduisait tous nos pouvoirs.
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Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1962 (ISBN 2-07-030065-X), partie LE POEME PULVERISE (1945-1947), Suzerain, p. 192
[modifier] Récit de voyage
[modifier] Guy de Maupassant, La Vie errante, 1890
La Côte italienne
On éprouve à Gênes ce qu’on éprouve à Florence et encore plus à Venise, l’impression d’une très aristocrate cité tombée au pouvoir d’une populace.
Ici surgit la pensée des rudes seigneurs qui se battaient ou trafiquaient sur la mer, puis, avec l’argent de leurs conquêtes, de leurs captures ou de leur commerce, se faisaient construire les étonnants palais de marbre dont les rues principales sont encore bordées.
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La Vie errante, Guy de Maupassant, éd. P. Ollendorff, 1890, La Côte italienne, p. 34
[modifier] Psychanalyse
[modifier] Alberto Eiguer, Psychanalyse du libertin, 2010
Introduction
Le libertin ne fuit pas l'engagement ; cela est plutôt l'apanage du phobique névrosé, qui redoute de se laisser captiver par le féminin et d'y sombrer, si c'est un homme, ou de succomber aux assauts du phallus, si c'est une femme.
Si le libertin ne croit pas à la relation, c'est aussi par conviction ; pour deux raisons au moins : pour lui, la durée mène à coup sûr au désenchantement, autrement dit à la perte de cette intensité de la rencontre et de la conquête, émotion qu'il cherche par-dessus tout ; l'intimité psychologique de l'autre ne l'intéresse pas.
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Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie Introduction, p. 2