Argile
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[modifier] Littérature
[modifier] Nouvelle
[modifier] André Pieyre de Mandiargues, Le Musée noir, 1924
Le sang de l'agneau
Au centre, un siège antique et de provenance espagnole montrait, feuilles ou flammes, ses sculptures aux trois quarts détruites, son or terni, son cuir éventré qui laissait jaillir une broussaille de crin sauvage ; seul meuble dans ce vaste espace, avec une table grossière et deux ou trois coffres bas tout encroûtés d'un sédiment de sang noir pareil à de l'argile fumée.
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Le Musée noir, André Pieyre de Mandiargues, éd. Gallimard, 1946 (ISBN 2-07-071990-1), Le sang de l'agneau, p. 58
[modifier] Poésie
[modifier] Octavio Paz, Liberté sur parole, 1958
Pierres éparses — Leçon de choses
Dieu qui sort d'une orchidée en terre
Entre les pétales d'argile
naît souriante
la fleur humaine.
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Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie I. CONDITION DE NUAGE (1939-1955), Pierres éparses — Leçon de choses, p. 38
[modifier] Prose poétique
[modifier] Robert Desnos, Deuil pour deuil, 1924
Amour, me condamnes-tu à faire de ces ruines une boule d'argile où je sculpterai mon image, ou dois-je la faire sortir en arme de mes yeux ? Dans ce cas, de quel oeil dois-je faire usage et n'est-il pas de mon intérêt d'employer les deux à la récréation d'un couple d'amoureux que je violerai aveuglément, nouvel Homère au pont des Arts dont je devrai à tâtons miner les piles sinistres, au risque d'être abandonné sans pouvoir guider mes pas dans ces grandes étendues jaunes et ensoleillées où les fusils montent la garde des sentinelles mortes.
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La liberté ou l'amour ! suivi de Deuil pour deuil (1924), Robert Desnos, éd. Gallimard, 1962 (ISBN 978-2-07-027695-0), p. 122
[modifier] Octavio Paz, Liberté sur parole, 1958
Papillon d'obsidienne
Jadis, chaque heure naissait de la légère buée de mon haleine, dansait un instant à la pointe de mon poignard et disparaissait par la porte resplendissante de mon petit miroir. J'étais midi tatoué et minuit nu, le petit insecte de jade qui chante parmi les herbes de l'aube et le rossignol d'argile qui convoque les morts.
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Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Papillon d'obsidienne, p. 92