Allégresse
Sommaire |
[modifier] Littérature
[modifier] Essai
[modifier] Léon Bloy, Sur la tombe de Huysmans, 1913
Huysmans et son dernier Livre
Une occasion superbe de baver se présente inopinément. Que la multitude des visqueux soit dans l’allégresse ! Le nouveau livre de Huysmans, En Rade, vient de paraître.
Cet artiste fut beaucoup traîné dans les ordures et conspué royalement dès son début. On se souvient encore de l’ouragan de salive et du compissement procellaire de toutes les presses à l’apparition de Marthe et des Sœurs Vatard. Les traditionnelles archives du bégueulisme et de la pudicité sociale dont la critique des journaux est l’immaculée chambellane furent, en ces temps-là, vidées de leurs trésors, et la besogne de vitupérer ce romancier fut si copieuse, que la clef des sacrées chancelleries de l’indignation, qui se vert-de-grisait auparavant dans les dos des fonctionnaires fut jetée au rancart. Ce fut un débordement fluvial d’humeurs pudibondes, une éruption de pus moral, une évacuation exanthémateuse des fluides blanchâtres de la vertu !
-
Sur la tombe de Huysmans, Léon Bloy, éd. Paris, coll. Collection des Curiosités littéraires, 1913, Avant la Conversion : Huysmans et son dernier Livre, p. 23
[modifier] Prose poétique
[modifier] Octavio Paz, Liberté sur parole, 1958
Majuscule
Crête-cri de l'aube qui flambe. Premier oeuf, premier coup de bec, cou coupé, allégresse !
-
Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Majuscule, p. 90
[modifier] Roman
[modifier] Gabriele D'Annunzio, Le Feu, 1900
L’allégresse de la vierge guerrière sur la roche cerclée de flammes atteignait les plus hauts sommets ; le cri de volupté et de liberté montait jusqu’au cœur du soleil.
-
Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. I. L'épiphanie du feu, p. 269
[modifier] Philosophie
[modifier] Gaston Bachelard, L'Air et les Songes, 1943
Le verbe n’est-il pas la première allégresse ? La parole a une tonicité si elle espère.
-
L'Air et les Songes (1943), Gaston Bachelard, éd. José Corti, 1950, Introduction, p. 20