Aldous Huxley

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Aldous Huxley (Godalming, Surrey, 26 juillet 1894 - Los Angeles, 22 novembre 1963) est un écrivain britannique ayant émigré aux États-Unis d'Amérique.

Tour du monde d'un sceptique, 1926[modifier]

Partout et dans tous les types de sociétés, les valeurs sont plus ou moins les mêmes : la bonté, la beauté, la sagesse et la science.

  • Tour du monde d'un sceptique (1926), Aldous Huxley (trad. Fernande Dauriac), éd. Payot & Rivages, 2005, p. 280


Le voyageur observera ces différentes variations et créera sa propre échelle de valeurs de façon aussi personnelle, aussi indépendante du temps et des circonstances, aussi près de l'absolu que possible.

  • Tour du monde d'un sceptique (1926), Aldous Huxley (trad. Fernande Dauriac), éd. Payot & Rivages, 2005, p. 281


Le Meilleur des mondes, 1931[modifier]

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Il existe une fiche de références pour cette œuvre :
Le Meilleur des mondes.

Procuste en tenue moderne, le savant en recherches nucléaires préparera le lit sur lequel devra coucher l'humanité ; et si l'humanité n'y est pas adaptée, ma foi, ce sera tant pis pour l'humanité.

  • Préface Nouvelle de l'auteur de 1946


Un Etat totalitaire vraiment « efficient » serait celui dans lequel le tout-puissant comité exécutif des chefs politiques et leur armée de directeurs auraient la haute main sur une population d'esclaves qu'il serait inutile de contraindre, parce qu'ils auraient l'amour de leur servitude.

  • Préface Nouvelle de l'auteur de 1946


À mesure que diminue la liberté économique et politique, la liberté sexuelle a tendance à s'accroître en compensation.


Ce que l'homme a uni, la nature est impuissante à le séparer.


Il faut que les rouages tournent régulièrement, mais il ne peuvent tourner sans qu'on en ait soin. Il faut qu'il y ait des hommes pour les soigner, aussi constants que les rouages sur leurs axes, des hommes sains d'esprit stables dans leur satisfaction.


Sous l'effet de la raillerie, il se sentait un paria, et se sentant un paria, il se conduisait comme tel, ce qui fortifiait le péjugé contre lui et intensifiait le mépris et l'hostilité qu'éveillaient ses défauts physiques.


Les mots peuvent ressembler aux rayons X: si l'on s'en sert convenablement, ils transpercent n'importe quoi. On lit et l'on est transpercé.


Qu'est-ce que j'éprouverais si je le pouvais, si j'étais libre, si je n'étais pas asservi par mon conditionnement ?


« ... pour essayer l'effet produit par la répression de mes impulsions. »


« Ne remettez jamais à demain le plaisir que vous pouvez prendre aujourd'hui. »


« Dès que l'individu ressent, la communauté est sur un sol glissant. »


Fait à noter, malgré la sénélité de sa m... et son aspect repoussant à l'extrême, le Sauvage va fréquemment la voir et il lui semble fort attaché — exemple intéressant de la manière dont le conditionnement du jeune âge peut être amené à modifier et même à contrarier les impulsions naturelles (dans le cas présent, l'impulsion de reculer avec horreur devant un objet déplaisant).


C'est ce genre d'idée qui pourrait facilement déconditionner les esprits les moins solidement arrêtés parmi les castes supérieures, qui pourrait leur faire perdre la foi dans le bonheur comme Souverain Bien, et leur faire croire, à la place, que le but est quelque part au-delà, quelque part au-dehors de la sphère humaine présente ; que le but de la vie n'est pas le maintien du bien-être, mais quelque renforcement, quelque raffinement de la conscience, quelque accroissement de savoir... Chose qui, songea l'Administrateur, peut fort bien être vraie, mais est inadmissible dans les circonstances présentes.


Comme se serait amusant si l'on n'était pas obligé de songer au bonheur !


J'aimerais mieux être malheureux que de connaître cette espèce de bonheur faux et menteur.


L'une des fonctions principales d'un ami consiste à subir (sous une forme plus douce, et symbolique) les châtiments que nous désirerions, sans le pouvoir, infliger à nos ennemis.


Comme si la mort était quelque chose de terrible, comme si quiconque avait une telle importance !


Les gens sont heureux ; ils obtiennent ce qu'ils veulent, et ils ne veulent pas jamais ce qu'ils ne peuvent obtenir.


(...) toute notre science est tout simplement un livre de cuisine, avec une théorie orthodoxe de l'art culinaire que personne n'a le droit de mettre en doute, et une liste de recettes auxquelles il ne faut rien ajouter, sauf par permission spéciale du premier Chef. C'est moi le premier Chef, à présent. Mais il fut un temps où j'étais un jeune marmition plein de curiosité. Je me mis à faire un peu de cuisine à ma matière. De la cuisine hétérodoxe, de la cuisine illicite. Un peu de science véritable, en somme.


(...) s'il avait le moindre bon sens, il comprendrait que sa position est en réalité une récompense. On l'envoie dans une île. C'est-à-dire qu'on l'envoie dans un lieu où il fraiera avec la société la plus intéressante d'hommes et de femmes qui se puisse trouver nulle part au monde. Tous les gens qui, pour une raison ou une autre, ont trop individuellement pris conscience de leur moi pour pouvoir s'adapter à la vie en commun, tous les gens que ne satisfait pas l'orthodoxie, qui ont des idées indépendantes bien à eux, tous ceux, en un mot, qui sont quelqu'un.


Nous ne nous appartenons pas plus à nous-mêmes que nous appartient ce que nous possédons. Ce n'est pas nous qui nous sommes faits, nous ne pouvons avoir la juridiction suprême sur nous-mêmes. Nous ne sommes pas notre maître. Nous sommes la propriété de Dieu. N'est-ce pas notre bonheur d'envisager la chose de cette manière ?


L'indépendance n'a pas été faite pour l'homme.


On ne peut être indépendant de Dieu que pendant qu'on a la jeunesse et la prospérité.


Dieu n'est pas compatible avec les machines, la médecine scientifique, et le bonheur universel.


Il définissait la philosophie comme l'art de trouver une mauvaise raison à ce que l'on croit d'instinct. Comme si l'on croyait quoi que ce soit d'instinct ! On croit les choses parce qu'on a été conditionné à les croire. L'art de trouver de mauvaises raisons à ce que l'on croit en vertu d'autres mauvaises raisons, c'est cela, la philosophie.


On croit en Dieu parce qu'on a été conditionné à croire en Dieu.


Mais qui dit chasteté, dit passion ; qui dit chasteté, dit neurasthénie. Et la passion et la neurasthénie, c'est l'instabilité. Et l'instabilité, c'est la fin de la civilisation. On ne peut avoir une civilisation durable sans une bonne quantité de vices aimables.


Et si jamais, par quelque malchance, il se produisait d'une façon ou d'une autre quelque chose de désagréable, eh bien, il y a toujours le soma qui vous permet de prendre un congé, de vous évader de la réalité. Et il y a toujours le soma pour calmer votre colère, pour vous réconcilier avec vos ennemis, pour vous rendre patient et vous aider à supporter les ennuis. Autrefois, on ne pouvait accomplir ces choses-là qu'en faisant un gros effort et après des années d'entraînement moral pénible. A présent, on avale deux ou trois comprimés d'un demi-gramme, et voilà. Tout le monde peut être vertueux, à présent. On peut porter sur soi, en flacon, au moins la moitié de sa moralité. Le christianisme sans larmes, voilà ce qu'est le soma.

Île, 1962[modifier]

Les armements, la dette universelle et l'obsolescence programmée sont les trois piliers de la prospérité occidentale. Si la guerre, le gaspillage, et les usuriers sont abolis, vous vous effondreriez.

  • (en) Armaments, universal debt, and planned obsolescence— those are the 3 pillars of Western prosperity. If war, waste, and moneylenders were abolished, you'd collapse.
  • Île, Aldous Huxley, éd. ?, 1962, p. 177


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