États-Unis

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Les États-Unis sont une république constitutionnelle à régime présidentiel, et un État fédéral d'Amérique du Nord.

[modifier] Denis Lacorne

La force du patriotisme américain tient à son caractère désengagé : il ne repose pas sur une ethnie ou une religion particulière; il est fondé sur des objets ou des symboles anonymes, « inventés plutôt qu'hérités » : le serment au drapeau, le serment de citoyenneté, le culte de la Constitution et de ses amendements, le respect de la décision des juges de la Cour suprême. Ce qui constitue l'Unum n'est pas le lieu de naissance, mais l'attachement à des principes de gouvernement exprimés dès 1776 dans la Déclaration d'indépendance : l'égalité des hommes, disposant tous de « droits inaliénables » - la vie, la liberté et la recherche du bonheur -, l'Etat assumant la tâche essentielle de « garantir ces droits ». Ces principes abstraits n'ont bien sûr pas toujours été appliqués, loin s'en faut, mais leur existence ancienne, constamment réaffirmés à l'école et lors de cérémonies officielles constituent bien le substrat d'un véritable patriotisme constitutionnel américain.

  • La crise de l’identité américaine, Denis Lacorne, éd. Gallimard, 2003, p. 385


[modifier] André Kaspi

Les Etats-Unis ressemblent à une auberge espagnole. [...] Rien n'est, en effet, plus facile que de découvrir tout et son contraire, les attitudes les plus libérales et les plus conservatrices, les valeurs profondes de la démocratie et la persécution des minorités, la richesse acquise par le mérite et par le travail en même temps que la pauvreté la plus insupportable. Les Etats-Unis sont le pays des contrastes, qui touchent à la nature et aux climats, aux structures sociales et politiques, aux diversités culturelles. Nous avons beau décréter que les Américains sont de grands enfants, aux idées simplistes et aux comportements aisément prévisibles, nous découvrons vite qu'ils sont au moins aussi compliqués et divers que nous, les Européens, le sommes.

  • Comprendre les Etats-Unis aujourd'hui, André Kaspi, éd. Perrin, 2008, p. 307


A la réflexion, cette prétention à l'universalisme, ce mélange d'insolence et de fraternité, cet appel aux grands sentiments et à l'intérêt égoïste, ne nous rappellent-ils rien ? C'est peut-être aussi ce qui décrit le mieux l'attitude des Français, leur référence aux grands principes de la Révolution, la fierté, voire la suffisance qu'ils affichent et que bon nombre d'étrangers leur reprochent. Oui, entre les Français et les Américains, les points communs ne manquent pas. C'est ce qui les unit et les sépare. Voilà deux nations qui ont, l'une et l'autre, vocation à incarner les grandes aspirations de l'humanité, à parler au nom de tous, à transcender, par les valeurs qu'elles défendent, les vicissitudes de la conjoncture. L'Amérique s'étonne que la France puisse exprimer les mêmes prétentions qu'elle. La France n'est plus le phare de l'humanité et dénonce une Amérique qui lui aurait volé son rôle.

  • Comprendre les Etats-Unis aujourd'hui, André Kaspi, éd. Perrin, 2008, p. 309


[modifier] Stetson Kennedy

Le fascisme a bien des visages, et le racisme en est un des plus laids. En Allemagne, les nazis brûlaient des Juifs; au Etats-Unis, les racistes blancs brûlent des Noirs. L'un des premiers actes des alliés après la défaite de Hitler a été d'abroger les lois racistes; et pourtant, en Amérique, des codes aussi néfastes se sont non seulement maintenus, mais encore renforcés.

  • Avant-Propos de S.Kennedy dans son livre en 1955
  • Introduction à l'Amérique raciste (1955), Stetson Kennedy, éd. L'Aube, 2008, chap. Avant-Propos, p. 2


Si vous êtes un véritable Américain, c'est-à-dire un Indien américain, vous avez de la chance d'être vivant. Qu'il en ait eu conscience ou non, la conduite du blanc a été basée sur ce principe que « les seuls bon Indiens sont les Indiens morts ». C'est là, à coup sûr, la pierre de base sur laquelle les envahisseurs blancs de l'Amérique du Nord ont édifié la République des Etats-Unis d'Amérique.

  • Introduction à l'Amérique raciste (1955), Stetson Kennedy, éd. L'Aube, 2008, chap. Pas de place pour les Peaux-Rouges, p. 11


Pourquoi tirer aujourd'hui un tel squelette de notre placard national ? demanderons certains. Pour la même raison que nous cultivons le souvenir de l'Holocauste nazi, qui, sous des prétextes raciaux oblitéra près de dix millions de vie (dont six millions de Juifs) : nous espérons qu'une mémoire vivante empêchera que se reproduise une telle barbarie. Car la ségrégation raciale et son cortège de maux (qu'on les nomme « le système Jim Crow », « l'apartheid » ou autrement) fut aussi une forme d'holocauste, qui marqua au fer rouge la vie et l'âme de millions de gens.

  • Préface de Stetson Kennedy dans la réédition de son livre en 1996
  • Introduction à l'Amérique raciste (1955), Stetson Kennedy, éd. L'Aube, 2008, chap. Préface (1996), p. V