Nègre
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[modifier] Littérature
[modifier] Nouvelle
[modifier] André Pieyre de Mandiargues, Le Musée noir, 1924
Le sang de l'agneau
De se trouver réunis, ainsi vêtus (si peu), elle et lui, en ce lieu, à cette heure, en cette solitude, l'avait jeté dans un trouble à lui faire craindre un peu de sorcellerie ; et puis il y avait cette ancienne croyance aux apparitions qui est si forte, chez les nègres, que jamais ils ne sont bien assurés dans la campagne après le coucher du soleil. Enfin, il se décida à parler, mais non sans se méfier un peu, et en caressant de la main un sachet pendu à son cou au bout d'un cordonnet de soie sous son plastron de chemise, sachet qui était formé d'une chauve-souris réduite, transpercée de corail branchu et remplie d'ingrédients pilés très efficaces contre les loups-garous que l'on sait se cacher parfois dans la peau des plus aimables jeunes filles.
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Le Musée noir, André Pieyre de Mandiargues, éd. Gallimard, 1946 (ISBN 2-07-071990-1), Le sang de l'agneau, p. 54
[modifier] Poésie
[modifier] Aimé Césaire, Cahier d'un retour au pays natal, 1939
C'était un nègre dégingandé sans rythme ni mesure.
Un nègre dont les yeux roulaient une lassitude sanguinolente.
Un nègre sans pudeur et ses orteils ricanaient de façon assez puante au fond de la tanière entrebaillée de ses souliers.
La misère, on ne pouvait pas dire, s'était donné un mal fou pour l'achever.
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Cahier d'un retour au pays natal, Aimé Césaire, éd. Présence africaine, 1956, p. 64 (voir la fiche de référence de l'œuvre)