Utilisateur:Malik2Mars/Mohammed Dib
Apparence
« Un écrivain n’enseigne pas, il désenseigne. Il n’apporte pas de réponses, il apporte des questions. »
Citations
[modifier]La Grande maison, 1952
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L'Incendie, 1954
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Le Métier à tisser, 1957
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Ombre gardienne, 1961
[modifier]- Ombre gardienne (1961), Mohammed Dib, éd. La Différence, 2003 (ISBN 2-7291-1446-7), p.
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Qui se souvient de la mer, 1962
[modifier]Sans la mer, sans les femmes, nous serions restés définitivement des orphelins ; elles nous couvrirent du sel de leur langue et cela, heureusement, préserva maints d’entre nous ! Il faudra le proclamer un jour publiquement.
- Qui se souvient de la mer (1962), Mohammed Dib, éd. La différence, 2007 (ISBN 978-2-7291-1677-4), p. 33
À la question, qui m'a été posée – et que chaque lecteur pourrait légitimement se poser : pourquoi, dans ce nouveau roman, le drame algérien m'a poussé à prendre pareil ton et à mettre ces grandes années de malheur dans un cadre terrible et légendaire, je ne sais trop aujourd'hui que répondre. Pourquoi Picasso a-t-il peint Guernica comme il l'a fait, et non comme une reconstitution historique ? À la vérité, il est difficile d'expliquer tout à fait une manière d'écrire qui est moins la mise en application d'une théorie préconçue que le résultat d'une intuition et d'un besoin qui n'avaient ni forme ni nom avant que le livre ne fût commencé. La brusque conscience que j'avais prise à ce moment-là du caractère illimité de l'horreur et, en même temps, de son usure extrêmement rapide est, sans doute aucun, à l'origine de cette écriture de pressentiment et de vision.
- Qui se souvient de la mer (1962), Mohammed Dib, éd. La différence, 2007 (ISBN 978-2-7291-1677-4), partie Postface, p. 217
L'horreur ignore l'approfondissement ; elle ne connaît
que la répétition.
- Qui se souvient de la mer (1962), Mohammed Dib, éd. La différence, 2007 (ISBN 978-2-7291-1677-4), partie Postface, p. 218
NB:Dib, « Quelques mots à propos de Qui se souvient de la mer » Europe, 2020, p. 133-135 (2 avril 1962)
Formulaires, 1970
[modifier]- Œuvres complètes de Mohammed Dib. I, Poésies, Mohammed Did (édition établie et présentée par Habib Tengour), éd. La différence, 2007 (ISBN 978-2-7291-1676-7), p.
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Le maître de chasse, 1973
[modifier]Un trou dans le temps s'agrandit sans qu'on y pense et c'est vite irréparable.
- Le Maître de chasse, Mohammed Dib, éd. Seuil, 1973 (ISBN 2-02-032642-6), p. 26
- Le Maître de chasse, Mohammed Dib, éd. Seuil, 1973 (ISBN 2-02-032642-6), p. 50
Ignorer ce qu'on cherche et continuer à le chercher, c'est visiter la banlieue de l'enfer.
- Le Maître de chasse, Mohammed Dib, éd. Seuil, 1973 (ISBN 2-02-032642-6), p. 54
Citation choisie pour le 3 mars 2021.
Ce qui est facile, c'est de proclamer des idéaux ! Mais quand il faut prendre le taureau par les cornes, c'est une autre histoire. On s'aperçoit que la vérité réside dans l'autorité, l'autorité seule, et le reste - tout le reste - n'est que du vent.
- Le Maître de chasse, Mohammed Dib, éd. Seuil, 1973 (ISBN 2-02-032642-6), p. 66
- Le Maître de chasse, Mohammed Dib, éd. Seuil, 1973 (ISBN 2-02-032642-6), p. 154
Il y a plus à redouter d'un défunt inoffensif en fuite que d'un vivant, si dangereux et criminel qu'il puisse jamais l'être.
- Le Maître de chasse, Mohammed Dib, éd. Seuil, 1973 (ISBN 2-02-032642-6), p. 196
Le Sommeil d'Ève, 1989
[modifier](Ed. MMSH uniquement sur place)
- Le Sommeil d'Ève, Mohammed Dib, éd. Sindbad, 1989 (ISBN 2-7274-0164-7), p.
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Le Désert sans détour, 1992
[modifier]- Le Désert sans détour, Mohammed Dib, éd. Sindbad, 1992 (ISBN 2-7274-0208-2), p.
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La nuit sauvage, 1995
[modifier]Un écrivain n’enseigne pas, il désenseigne. Il n’apporte pas de réponses, il apporte des questions.
- La Nuit sauvage, Mohammed Dib, éd. Albin Michel, 1995 (ISBN 2-226-07801-0), chap. Postface, p. 246 (lire en ligne)
L’arbre à dires, 1998
[modifier] Quand bien même le sens de telle ou telle œuvre ne nous semblerait pas, au prix d'un certain effort de réflexion, impossible à saisir, ce résultat ne saurait être atteint pleinement, et vérifié, sans l'usage d'un code de lecture, dont il nous faut encore posséder la clé. Cette clé nous est fournie avec notre culture – le mot culture étant pris dans son acception large de formation de la personnalité dans une société donnée – sous les espèces d'un système de références. Seul ce dernier est à même de nous ouvrir le sens d'une œuvre, et de toute œuvre, à condition que l'œuvre en question relève de notre aire de culture.
- Brouillon : « Ecrire lire comprendre », Horizons Maghrébins - Le droit à la mémoire, 28-29, 1995 https://www.persee.fr/doc/horma_0984-2616_1995_num_28_1_1351_t1_0223_0000_1 (24 heures du livre, Le Mans, 1994, voir, « Les 24 heures du livre du Mans, Hommes et Migrations, 1181, novembre 1994) + La Quinzaine littéraire, 665, 1er-15 mars 1995, [lire en ligne] (cité dans Utilisateur:Malik2Mars/Malika Mokeddem#Helm2000, p. 93 (passage sur le désert à la porte)), – en p. 6 texte de Utilisateur:Malik2Mars/Leïla Sebbar « Ecrire le croisement »
- L’arbre à dires, Mohammed Dib, éd. Albin Michel, 1998 (ISBN 2-226-10565-4), partie Le retour d’Abraham, chap. 2. Ecrire lire comprendre, p. 15
Le français est devenu ma langue adoptive. Mais écrivant ou parlant, je sens mon français manœuvré, manipulé d'une façon indéfinissable par la langue maternelle. Est-ce une infirmité ? Pour un écrivain, ça me semble un atout supplémentaire, si tant est qu'il parvienne à faire sonner les deux idiomes en sympathie. Bien plutôt me visite parfois la crainte que, à la suite de quelque accident d'une espèce inconnue, la langue française n'en arrive à me trahir, à se taire en moi. Son silence pourrait alors devenir mon silence, parce qu'elle a fait sa demeure en moi avant que je ne le sache, avant que je ne sache rien d'elle. Depuis, elle n'a cessé de me parler, voix venue de loin pour me dire.
- L’arbre à dires, Mohammed Dib, éd. Albin Michel, 1998 (ISBN 2-226-10565-4), partie Le retour d’Abraham, chap. 7. Je parle une autre langue : qui suis-je ?, p. 48
Comment se fait-il que vous écriviez en français ? Une question ? Une accusation ? On m'en harcèle encore – après tant de livres publiés. Et quand bien même ce ne serait qu'une simple question, elle me met, je le sens toujours, en demeure de me justifier. J'en attrape des suées à force. Paradoxe : une question, cette question, qui émane chaque fois de Français – peu désireux il faut croire de se rappeler que l'Algérie a constitué des départements français durant près d'un siècle et demi et qu'ils y ont assumé le devoir d'instruction. Jamais Algérien ne me l'a posée, cette question; ou un quelconque étranger.
- L’arbre à dires, Mohammed Dib, éd. Albin Michel, 1998 (ISBN 2-226-10565-4), partie En marge, chap. I, p. 191
[…] il y a dans le français une transparence obscure qui me convient, dans laquelle à tort ou à raison je me reconnais. Sous sa surface lisse, indubitablement dorment cent villes d'Ys avec leurs mystères et leurs traîtrises. Comme à vivre aux côtés de l'être le plus proche : à écrire en français on côtoie sans cesse un gouffre insoupçonné.
- L’arbre à dires, Mohammed Dib, éd. Albin Michel, 1998 (ISBN 2-226-10565-4), partie En marge, chap. II, p. 193
Dès le départ, j'ai su que j'écrirais quelque chose d'ininterrompu, peu importe le nom qu'on lui donne, quelque chose au sein de quoi j'évolue et avec quoi je me bats encore après cinquante ans d'écriture. La même matière, le même univers, la même œuvre – si on veut ! – mais rien qui progresse linéairement, tout droit devant. Plutôt, qui pousse par récurrences, à la façon d'une étoile et, comme tel, rayonne dans tous les sens, plus fort dans un sens à un moment donné, plus fort dans un autre à un autre moment. […] De l'un à l'autre de mes livres, des passerelles sont jetées, non d'une manière calculée mais comme la conséquence naturelle d'une manière de procéder, traverses qui relient chaque livre à un autre, nullement dans une succession logique, mais organique.
- L’arbre à dires, Mohammed Dib, éd. Albin Michel, 1998 (ISBN 2-226-10565-4), partie En marge, chap. IX, p. 207-208
Simorgh, 2003
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- Simorgh, Mohammed Dib, éd. Albin Michel, 2003 (ISBN 2-226-13594-4), p.
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- Simorgh, Mohammed Dib, éd. Albin Michel, 2003 (ISBN 2-226-13594-4), p.
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Citations sur
[modifier]Louis Aragon
[modifier]- Voir le recueil de citations : Louis Aragon

Je dis à l’occasion de Mohammed Dib quelques mots aux critiques : pour leur rappeler que ce ne sont pas ses sévérités, ses incompréhensions, qui font la grandeur d’un Sainte-Beuve, mais ses enthousiasmes. Un grand critique, c’est quelqu’un qui sait aimer. Et les étoiles n’ont jamais dérangé les amoureux. J’ai beaucoup aimé ces deux livres de Mohammed Dib, tant pis si cela me dessert à certains yeux.
- Au sujet des deux premiers volets de la trilogie Algérie, La Grande Maison et L’Incendie.
- « A propos de deux livres de Mohammed Dib. Un roman qui commence », Louis Aragon, Les Lettres françaises, 8 juillet 1954 (lire en ligne)
Mohammed Dib écrit, lui, en Algérie où l’idée du roman est une idée neuve, comme le bonheur. Du premier coup, il s’est attaqué à l’œuvre de grand format, au roman national, historiquement situé, où la distinction fondamentale entre le héros choisi et l’auteur est posée d’abord comme une garantie, et une condition, de l’objectivité. Et sur ce chemin d’audace, il avait affaire à une difficulté première. L’absence de modèle. Ou presque.
- « A propos de deux livres de Mohammed Dib. Un roman qui commence », Louis Aragon, Les Lettres françaises, 8 juillet 1954 (lire en ligne)
L’audace de Mohammed Dib, ce pour quoi il devrait lui être donné beaucoup de patience, de confiance (même s’il risque, cette patience, cette confiance, de les décevoir, le beau malheur !), c’est d’avoir tenté au milieu de ce drame, c’est d’avoir entrepris comme si tout était déjà résolu l’aventure du roman national de l'Algérie.
- « A propos de deux livres de Mohammed Dib. Un roman qui commence », Louis Aragon, Les Lettres françaises, 8 juillet 1954 (lire en ligne)
J'imagine Mohammed Dib d'après moi. Comment autrement m'y prendre ? Puis-je de mes yeux français saisir la naissance de la poésie algérienne ? Le roman, toujours, le conte, la nouvelle, c'est comme une invitation au voyage : j'entre avec l'auteur dans son Algérie inconnue. Mais le poème ? Nécessairement allusif, chargé d'un potentiel étranger, de tout ce que l'économie des mots suppose d'une réalité que le poète partage avec d'autres que moi. Je surprends leur conversation, les gestes pour eux familiers qui résument, et je suis étranger au-dedans de ce grand secret collectif. […] Cet homme d'un pays qui n'a rien à voir avec les arbres de ma fenêtre, les fleuves de mes quais, les pierres de nos cathédrales, parle avec les mots de Villon et de Péguy.
- « De la douleur naît le chant[1] », Louis Aragon (1961), dans Ombre gardienne (1961), Mohammed Dib, éd. La Différence, 2003 (ISBN 2-7291-1446-7), p. 8
Je m'arrête avec le sentiment d'une indiscrétion bizarre au seuil de cet homme, à l'entrée de son monde à lui, où les choses mûrissent autrement, et je l'écoute dire :
et je ne suis pas sûr de vraiment l'entendre, d'avoir droit de l'entendre, je m'étonne de cette hospitalité de sa part, qui me laisse entrer à l'intime d'une maison où je me sens une sorte de profanateur. Ô Mohammed, entre toi et moi, pourquoi cette confiance ? Qu'avons-nous qui ne nous sépare ? Et il sourit pour la première fois, et il me répond par son plus court poème : « L'avenir… »«
Les mots que je porte
Sur la langue sont
Une étrange annonce…»
- « De la douleur naît le chant », Louis Aragon (1961), dans Ombre gardienne (1961), Mohammed Dib, éd. La Différence, 2003 (ISBN 2-7291-1446-7), p. 11
Jean Dejeux
[modifier]- Voir le recueil de citations : Jean Dejeux
C'est l'écrivain de la précision dans les termes, de la retenue et de la réflexion. L'air qu'il fait entendre sur son clavecin est une musique intérieure qui parle au cœur. Écrivant en français, sans complexe et assumant sa double culture, l'auteur ne se livre pas purement et simplement au lecteur. Sa création littéraire demande souvent plusieurs lectures pour pénétrer jusqu'au sens.
Assia Djebar
[modifier]- Voir le recueil de citations : Assia Djebar

- Poème lu pour l’ « Hommage à Mohammed Dib », Centre culturel algérien, Paris, mai 1993.
- Ces voix qui m'assiègent… en marge de ma francophonie, Assia Djebar, éd. Albin Michel, 1999 (ISBN 2-226-10823-8), partie VII. « Chemins d’encre, chemins de sang », chap. Détresse insurgée, p. 251 (lire en ligne)
- Ces voix qui m'assiègent… en marge de ma francophonie, Assia Djebar, éd. Albin Michel, 1999 (ISBN 2-226-10823-8), partie VII. « Chemins d’encre, chemins de sang », chap. Détresse insurgée, p. 254 (lire en ligne)
Naget Khadda
[modifier]Maurice Nadeau
[modifier]Graves, poétiques, revendicateurs, les jeunes romanciers d'Afrique du Nord ont sans doute, sur le plan de la technique, beaucoup à apprendre, mais ils ont également beaucoup à dire. Celui qui, pour l'instant, risque de nous toucher le plus, est Mohammed Dib.
- « Romanciers d'Afrique du Nord », Mercure de France, mars 1953, p. 492 [texte intégral].
- Soixante ans de journalisme littéraire, Maurice Nadeau, éd. Maurice Nadeau, 2021 (ISBN 9782862313221), t. 2. Les années "Lettres nouvelles", 1952-1965, p. 187 (lire en ligne)
Habib Tengour
[modifier]- Voir le recueil de citations : Habib Tengour
Notes et références
[modifier]- ↑ Publié en préface de la première édition de Ombre gardienne, 1961, repris dans l’édition 2003 et en annexes de Œuvres complètes de Mohammed Dib (édition établie et présentée par Habib Tengour), vol. I, poésies, La différence, (ISBN 978-2-7291-1676-7), p. 539-541.
Voir aussi
[modifier]{{ouvrage|libellé=|auteur=|titre=|édition=|année=|isbn=|url=}}
- Mohammed Dib (Itinéraires et contacts de culture, 21-22), L’Harmattan, (ISBN 2-7384-4569-1).

- Horizons Maghrébins - Le droit à la mémoire, 37-38, 1999, https://www.persee.fr/issue/horma_0984-2616_1999_num_37_1
- Algérie : littérature et arts. Mohammed Dib (Hors série Europe), (ISBN 2-910814-79-3).

- « D’une langue l’autre. Mohammed Dib des deux côtés de la méditerranée », dans Écrire en situation bilingue, Presses universitaires de Perpignan, (ISBN 978-2-914518-51-2, DOI 10.4000/books.pupvd.34064, lire en ligne)
- Nicolas Couégnas, « La trilogie nordique de Mohammed Dib. De l’oeuvre aux titres, un parfum sémantique et tensif », Protée, vol. 36, no3, 2008 [texte intégral, lien DOI]
- Mohammed Dib. Jean Sénac (Europe, 1094-1096), (ISBN 978-2-351-50109-2).

- Le théâtre des genres dans l'oeuvre de Mohammed Dib, Presses universitaires de Rennes, 2023 (ISBN 978-2-7535-9310-7)
