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Sylvie Kandé

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Sylvie Kandé est une poétesse et historienne française d’origine franco-sénégalaise née le .

Citations

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Lagon, lagunes. Tableau de mémoire, 2000

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Il fallait d'abord retrouver mon symbole, ce bois suspendu à mon cou qui m'empêchait de parler mon langage. La poésie ne convient qu'aux autres – ces mâles ténors de l'incantation – et tant la menue prose m'exaspère ! Où placer juste ma voix ? Penser à la troisième personne : elle donne de l'audace et un certain mystère.
  • Lagon, lagunes : tableau de mémoire, Sylvie Kandé, éd. Gallimard, coll. « Continents noirs », 2000  (ISBN 2-07-075758-7), p. 12


La quête infinie de l’autre rive, 2011

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Trop tard trop tôt pour qu'on regrette
Dix jours comme ça on nous avait promis
dix jours seulement
Et qu'est-ce qu'une semaine
hein dans la vie d'un perdant…

  • La quête infinie de l’autre rive. Épopée en trois chants, Sylvie Kandé, éd. Gallimard, coll. « Continents Noirs », 2011  (ISBN 9782070132119), partie III, p. 87 (lire en ligne)


Mais de nos mères de nos sœurs et de nos compagnes
nul n'ignore bien sûr le dévouement :
elles auront payé cher notre naulage
et du brillant de leurs larmes se feront des colliers
Car chaque vie noyée est pierre précieuse
qui va joncher le fond de l'océan

  • La quête infinie de l’autre rive. Épopée en trois chants, Sylvie Kandé, éd. Gallimard, coll. « Continents Noirs », 2011  (ISBN 9782070132119), partie III, p. 89 (lire en ligne)


Entretiens

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Ce titre s'est imposé à moi lorsque j'écrivais et j'ai dû réfléchir à cette urgence des mots à s'installer d'eux-mêmes au bord du texte. Peut-être ce couple de mots tirait-il sa force du contraste entre féminin et masculin – contraste que j'ai renforcé par une opposition singulier/pluriel. J'ai pensé au rythme créé par l'allitération ; et puis au tableau de Matisse "Lagon" dans Jazz. Enfin j'ai retrouvé dans Le cahier d'un retour au pays natal de Césaire le vers suivant "dans ma mémoire sont des lagunes" et soudain j'ai su les lacunes de l'histoire que je voulais combler avec mon poème. Ce titre reflète aussi le plaisir que j'ai à habiter le français, une langue qui peut créer deux mots à la fois proches et différents, en attente de leur phrase.
  • au sujet de Lagon, lagunes.


Il me semble que la signification du poème apparaît mieux si l’on commence la lecture au chant III ; on revient ensuite sur ses pas pour imaginer une aventure ancienne, porteuse de rêve et de liberté, qui fait naufrage ou ne laisse pas de trace écrite dans l’Histoire.
  • au sujet de La quête infinie de l’autre rive.
  • « Sylvie Kandé dans les remous d’une quête infinie de l’autre rive », Afrik.com, Afrik.com, 30 mai 2011 (lire en ligne)


Tenter de témoigner pour les migrants qui, en dépit de leur démunition relative ou absolue, sont partout aujourd’hui la cible de persécutions politiques et de discours imprécatoires, est, depuis longtemps, un axe majeur de mon travail. En témoigne Lagon, lagunes. Tableau de mémoire avec, notamment, le passage qui s’ouvre sur le vers : « Ils sont venus à l’aube comme à l’accoutumée… ». Dans La quête infinie de l’autre rive, j’accompagnais en mots ceux et celles qui migrent par bateau, au Moyen-Âge comme aujourd’hui, persuadée qu’ils représentent la part la plus exigeante, la plus novatrice de notre humanité, celle qui « se refuse à croire qu’il n’y a rien au-delà de l’horizon ».
  • « Sur les traversées. Entretien avec Sylvie Kandé », Elara Bertho, Multitudes, 2019, p. 188-189 (lire en ligne)


La « littérature-refuge » est une catégorie épistémologique qui peut rendre compte de bien des aspects de mon travail, à ceci près que ma poésie n’est pas entièrement basée sur une recherche documentaire ni sur des enquêtes de terrain. […] Je rassemble des documents, j’écoute, je me replonge dans des souvenirs d’exil, ceux des autres de préférence, je m’en pénètre et j’écris. C’est-à-dire que j’élague, j’excède, je sculpte, avec le souci de ne pas plagier, de ne pas faire tort, de ne pas rendre maladroitement, mais au contraire d’aller à l’essence du dit, tout en prenant la responsabilité de la vérité subjective que je propose.
  • « Écriture poétique des eaux, traversées et migrations. Entretien avec Sylvie Kandé », Oriane Chevalier, Sociopoétiques, nº 10. Sociopoétique des migrations, 2025 (lire en ligne)


Voir aussi

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