Natasha Kanapé Fontaine
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Natasha Kanapé Fontaine, née en à Baie-Comeau, est une écrivaine, poétesse, traductrice, peintre, artiste multidisciplinaire et militante autochtone francophone.
Citations
[modifier]N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures, 2012
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Republié sous le titre J'achève mon exil par un retour tremblant, 2022[1].
Trop longtemps
j'ai porté mon canot
en des forêts citadines
mon pays m'appelle
mon pays me revient
j'achève mon exil
pour un retour
tremblant.
- N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures, Natasha Kanapé Fontaine, éd. Mémoire d'encrier, 2012 (ISBN 978-2-89712-021-4), p. 44 (lire en ligne)
Manifeste Assi, 2014
[modifier]Que l'homme puisse se remettre à jouer du tambour. Ce livre lui déclare mon amour.
- Manifeste Assi, Natasha Kanapé Fontaine, éd. Mémoire d'encrier, 2014 (ISBN 978-2-89712-199-0), p. 7 (lire en ligne)
Bleuets et abricots, 2016
[modifier]Un cri s'élève en moi et me transfigure. Le monde attend que la femme revienne comme elle est née : femme debout, femme puissance, femme résurgence. Un appel s'élève en moi et j'ai décidé de dire oui à ma naissance.
- Bleuets et abricots, Natasha Kanapé Fontaine, éd. Mémoire d'encrier, 2016 (ISBN 978-2-89712-372-7), chap. Prologue, p. 7 (lire en ligne)
Kuei, je te salue : conversation sur le racisme, 2016
[modifier]Personne n'a besoin d'être puni pour cette culture raciste, en effet. Nous devrions plutôt servir à la collectivité de la bonne nourriture pour l'esprit. Je persiste à dire aux Québécois et aux autres peuples issus d'ancêtres colonisateurs que ce n'est pas leur faute. La faute repose sur ceux qui ont créé ce pays sur la base du racisme et de la discrimination, ainsi que sur les gouvernants qui ont perpétué ce système. Cela a été prouvé. Nous, les Autochtones, le savons depuis le début.
- Kuei, je te salue : conversation sur le racisme, Deni Ellis Béchard, Natasha Kanapé Fontaine, éd. Écosociété, coll. « Parcours », 2016 (ISBN 978-2-89719-251-8), chap. 2, p. 15-16 (lire en ligne)
Ce qui me ramène à la question du génocide. Comme je l'évoquais un peu plus haut, nous savons désormais que les rhizomes de la colonisation sont encore très vivants. Mais vient toujours un temps où un système construit sur des bases malsaines n'arrive plus à se perpétuer.
- Kuei, je te salue : conversation sur le racisme, Deni Ellis Béchard, Natasha Kanapé Fontaine, éd. Écosociété, coll. « Parcours », 2016 (ISBN 978-2-89719-251-8), chap. 24, p. 125 (lire en ligne)
Nauetakuan : un silence pour un bruit, 2021
[modifier]Je voudrais qu’un cri sorte de ma gorge. Je n’y arrive pas. Je voudrais, moi aussi, arracher des pétales aux roses, cracher des épines, renverser les chandelles pour éteindre les flammes et étendre la cire, et enfin jeter l’eau des seaux à bout de bras pour inonder les rues de ma rage. Je hurlerais mon propre nom. Pour que le passé change à tout jamais.
- Nauetakuan, Natasha Kanapé Fontaine, éd. Dépaysage, coll. « Talismans », 2023 (ISBN 978-2-902039-44-9), chap. I. Montréal, p. 35
Entretiens
[modifier] On vit dans une société patriarcale encore très forte, paternaliste, surtout du point de vue d'une femme autochtone.
- « Natasha Kanapé Fontaine: «Je dis \"Je\" pour dire les autres» », Nathalie Collard, La Presse, 8 mars 2016 (lire en ligne)
On respire mieux, comme si nous étions libérés d'un poids.
- « Natasha Kanapé Fontaine: «Je dis \"Je\" pour dire les autres» », Nathalie Collard, La Presse, 8 mars 2016 (lire en ligne)
Avec l'hypersensibilité qu'apporte la poésie, j'ai voulu l'emmener à un autre niveau. On parle beaucoup des femmes autochtones disparues et assassinées, des femmes abusées, agressées, dépossédées de leur identité et de leurs valeurs de femmes. Dans Bleuets et abricots, en retraçant l'histoire de mon peuple, j'ai voulu redonner la parole aux femmes en tant qu'héritières du territoire. J'ai voulu fournir un discours puissant et entier à toutes les femmes autochtones d'abord, mais aussi à toutes les femmes.
- « Natasha Kanapé Fontaine: «Je dis \"Je\" pour dire les autres» », Nathalie Collard, La Presse, 8 mars 2016 (lire en ligne)
J'ai écrit au "je", mais je dis "je" pour dire "les autres", afin que nous soyons, que nous devenions, nous les autochtones, une collectivité plus forte.
- « Natasha Kanapé Fontaine: «Je dis \"Je\" pour dire les autres» », Nathalie Collard, La Presse, 8 mars 2016 (lire en ligne)
En se réappropriant notre histoire, on réalise que la place des femmes était très forte au sein de nos communautés et qu'elles avaient un vrai pouvoir décisionnel, pouvoir qu'elles exerçaient avec les hommes et les aînés.
- « Natasha Kanapé Fontaine: «Je dis \"Je\" pour dire les autres» », Nathalie Collard, La Presse, 8 mars 2016 (lire en ligne)
J'ai toujours été à la recherche de moi-même, de la partie la plus vraie, sensible, naturelle de ma personnalité. Je pense que je peux donner un exemple aux autres en leur disant : si je suis capable de me rendre là, d'autres personnes en sont capables aussi. Je veux leur dire : voici la preuve que ça fonctionne, ne vous laissez pas happer par la culture de l'image et de l'hypersexualisation. Moi je n'ai pas besoin de me dénuder pour me sentir belle, grande et forte. Et apprendre son histoire et celle de son peuple, cela donne une force spirituelle et émotionnelle.
- « Natasha Kanapé Fontaine: «Je dis \"Je\" pour dire les autres» », Nathalie Collard, La Presse, 8 mars 2016 (lire en ligne)
Je me suis rendu compte que je pensais comme les Innus dans ma façon d'être, dans ma façon de concevoir la vie, le monde. Je ricanais comme eux.
- Bénédicte Filippi, Le mot préféré de Natasha Kanapé-Fontaine, Radio Canada, 21 juin 2019 (accéder en ligne)
J'aimerais voir naître des campements comme ça à l’intérieur des terres et au-delà. Et que chaque année, qu’on amène des jeunes-là et qu’on les laisse réapprendre leur langue.
- Bénédicte Filippi, Le mot préféré de Natasha Kanapé-Fontaine, Radio Canada, 21 juin 2019 (accéder en ligne)
J’ai alors perçu que le fait d’être à la maison était un besoin que j’avais, mais auquel je ne répondais pas. Je me suis dit que j'avais maintenant tout le temps d’y répondre.
- Marie-Laure Josselin, Espaces autochtones/Natasha Kanapé Fontaine : droit devant malgré la pandémie, Radio Canada, 13 décembre 2020 (accéder en ligne)
Ce n’est pas un mensonge que de dire que les Innus aiment être en mouvement sur le territoire. J’ai ça en moi. Pendant des années, j’étais en mouvement, donc comment est-ce que je pouvais arrêter du jour au lendemain?
- Marie-Laure Josselin, Espaces autochtones/Natasha Kanapé Fontaine : droit devant malgré la pandémie, Radio Canada, 13 décembre 2020 (accéder en ligne)
C’était aussi important pour l’industrie de voir qu’on pouvait recommencer à travailler. De mon côté, ça m’a fait du bien. C’était très symbolique de repartir en tournée en temps de pandémie. Je me suis dit : "C’est sûr qu’on a un rôle!"
- Marie-Laure Josselin, Espaces autochtones/Natasha Kanapé Fontaine : droit devant malgré la pandémie, Radio Canada, 13 décembre 2020 (accéder en ligne)
Je lui ai dit : je te le promets, je vais me battre jusqu’au bout pour qu’on fasse reconnaître le racisme systémique et tout faire pour l’éradiquer car, au final, c’est pour protéger des vies.
- Marie-Laure Josselin, Espaces autochtones/Natasha Kanapé Fontaine : droit devant malgré la pandémie, Radio Canada, 13 décembre 2020 (accéder en ligne)
Autant je partage ma quête identitaire personnelle, autant je sais qu’il y a plusieurs personnes qui vivent quelque chose de semblable, donc j’ai voulu raconter une histoire parmi d’autres.
- « Natasha Kanapé Fontaine : ancrée dans le présent, prête pour l'avenir », Léa Harvey, Le soleil, 12 novembre 2021 (lire en ligne)
On respire mieux, comme si nous étions libérés d'un poids.
- « Natasha Kanapé Fontaine, la parole des sans-voix autochtones du Canada », Tom Demars-Granja, L'Humanité, 16 janvier 2024 (lire en ligne)
Notes et références
[modifier]- ↑ Emilienne Rue, « Natasha Kanapé Fontaine. J’achève mon exil pour un retour tremblant », Voix plurielles, vol. 20, no2, 2023 [texte intégral].