Murasaki Shikibu
Apparence

Murasaki Shikibu (vers 973 - vers 1014 ou 1025) est une écrivaine et poétesse japonaise, dame de compagnie à la cour impériale du milieu de l'époque de Heian. Elle est connue pour Le Dit du Genji (Genji monogatari), écrit en japonais entre 1000 et 1012 et considéré comme l'un des premiers romans écrits au monde.
Citations
[modifier]En regardant dehors, il vit qu'un épais brouillard recouvrait les plate-bandes du jardin. Mais malgré le brouillard, il vit distinctement que quelque chose était attaché à la tige d'un fin chrysanthème, non loin d'ici. C'était une lettre écrite sur du papier bleu foncé.
- Le Dit du Genji,, Murasaki Shikibu (trad. Arthur Waley, Wikiquote), éd. Mifflin, 1925, p. 276 (lire en ligne)
Il ouvrit le coffret où il rangeait ses papiers de Chine, en choisit un de qualité peu commune, vérifia son pinceau avec un soin tout particulier, si bien que ses femmes, voyant ces préliminaires de bon ton, se poussaient du coude en se demandant à qui cela pouvait bien être destiné.
- Le Dit du Genji,, Murasaki Shikibu (trad. René Sieffert), éd. Verdier, 2011, p. 292
Les rouleaux d’Écritures, à commencer par ceux qu’elle dédiait jour après jour, elle les avait fait parer avec un art sans pareil : axes de jade, couvertures de soie damassée, enveloppes de bambou fin assemblé en nattes. Rien de surprenant à cela, puisque aux choses même les plus banales, elle savait imprimer une touche du meilleur goût. Les parures des images de bouddhas, et jusqu’aux tapis qui recouvraient les tables sculptées de fleurs, tout évoquait la Terre de Parfaite Félicité.
- Le Dit du Genji,, Murasaki Shikibu (trad. René Sieffert), éd. Verdier, 2011, p. 293
Du proche Pavillon de Méditation, le son de la cloche formait, avec le bruit du vent dans les pins, un accord saisissant, et les racines des pins qui rampaient sur les roches avaient pris des formes curieuses.
- Le Dit du Genji,, Murasaki Shikibu (trad. René Sieffert), éd. Verdier, 2011, p. 361
La lune s’était levée, et dans le ciel sans nuage passait un vol d’oies sauvages «qui battent des ailes en cadence», et que sans doute elle enviait de n’être point séparées de leurs compagnes. Le vent froid donnait le frisson; pénétrée par la mélancolie de l’heure, elle effleura la cithare à treize cordes, dont la résonance grave captiva son coeur et stimula son désir d’en entendre d’avantage ; alors il tira à lui le luth et interpréta le Sôfuren, «Pour mon époux d’amour je languis», sur le mode nostalgique.
- Le Dit du Genji,, Murasaki Shikibu (trad. René Sieffert), éd. Verdier, 2011, p. 901
Citations sur la personne
[modifier]Tandis qu'en Angleterre éructaient et croassaient les Aelfric et les Aelfred, cette dame de la cour dont nous ne savons rien s'asseyait en robe et pantalon de soie devant des tableaux, le son de la poésie à l'oreille, des fleurs dans son jardin, des rossignols dans les arbres, ayant toute la journée pour parler et la nuit pour danser - s'asseyait en l'an 1000 pour conter l'histoire de sa vie et les aventures du prince Genji. Mais hâtons-nous de rectifier l’impression que Dame Murasaki fut une sorte de chroniqueuse. Comme son livre était lu à voix haute, nous sommes en droit d’imaginer un public.
- Des phrases ailées (1925), Virginia Woolf, éd. Le bruit du temps, 2015 (ISBN 978-2-35873-080-8), p. 79