Marie Darrieussecq
Apparence

Marie Darrieussecq est une écrivaine française née le 3 janvier 1969 à Bayonne. Elle est aussi traductrice et psychanalyste. Son premier roman, Truismes, publié alors qu'elle est âgée de 27 ans et qui relate la métamorphose d'une femme en truie, rencontre un succès mondial. Vendu à plus d'un million d'exemplaires en France et à l'étranger, il est traduit dans une quarantaine de langues. En 2013, elle reçoit le prix Médicis et le prix des prix littéraires pour son roman Il faut beaucoup aimer les hommes.
Citations
[modifier]Après vingt ans, j'ai atteint un âge où j'en ai un peu assez de créer, d'inventer, de créer de nouveaux personnages. J'ai une sorte de réserve de personnages dans un petit village – un village imaginaire appelé Clèves – dans ma tête et dans mes livres. Solange est un personnage très dynamique qui a vécu beaucoup de choses à ma place. C'est une sorte d'alter ego. C'est moi si je n'étais pas écrivaine, ce qui me donne un peu le vertige quand j'y pense, car je suis écrivaine dans l'âme. C'est moi sans les livres, sans les mots non plus, et je l'aime bien. Elle est assez franche. Elle n'est pas bête du tout, mais elle n'est pas très instruite et elle vit les choses de manière très directe, très instinctive, et j'adore ce personnage.
- (en) I reached the age, after 20 years, where I was a bit fed up with creating, inventing, or making up new characters. I’ve got some sort of reservoir of characters in a small village – a fictional village called Clèves – in my mind and in my books. Solange is a very dynamic character and she has experienced many things for me. She’s a sort of alter-ego . She’s me if I wasn’t a writer, which makes me a bit dizzy when I think about it, because I am basically a writer in my bones. She’s me without the books, and without the words also, and I like her. She’s a bit candid. She’s not stupid at all but she’s not really educated and she lives things very directly, very instinctively, and I love her as a character.
- « Entretien avec Marie Darrieussecq », Magdalena Ball, Compulsive Reader, 21 mai 2016 (lire en ligne)
Dans l’inconscient collectif, non seulement, la truie est associée à une sexualité repoussante mais elle est celle qui mange ses petits. La truie et le loup sont face-à-face : le danger est ici réciproque. D’ailleurs, lui a le dessous car elle a une énergie qu’il n’a pas. L’énergie vitale du loup-garou, comme celle du vampire, les rend très dépendants de cycles. Elle, elle les transgresse à travers cette histoire de règles. Je pense qu’elle n’accepte pas de vivre dans un temps cyclique. C’est un parcours un peu inévitable pour les femmes de voir ce qu’on fait avec ce temps cyclique. À mon avis, si elles acceptent d’être dans un corps cyclique, il faut aussi pouvoir le dépasser. En quelque sorte, ce n’est pas parce que l’on est une femme réglée que l’on est obligée de le hurler à la lune tous les 28 jours. Les femmes font aussi partie du temps humain et pas seulement du temps féminin.
- « Entretien avec Marie Darrieussecq », Maryvonne Barraband et Xavier Gassmann, Cairn.info, 01/11/2005 (lire en ligne)