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Marie-Magdeleine Carbet

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libres.
Portrait de Anna Marie Magdeleine

Marie-Magdeleine Carbet née le 25 août 1902 et morte le 10 janvier 1996, est le dernier nom de plume adopté à partir de 1958 par Anna Marie-Magdeleine, une écrivaine et éducatrice afro-martiniquaise lesbienne. Elle a écrit sous pseudonyme nombre de ses contes avec sa compagne Claude Carbet.

Citations

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Féfé et Doudou, Martiniquaises, 1936

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Aux environs, les voisins s'agitent devant leurs cases. On perce la coque verte des noix de coco dont l'eau nacrée jaillit. Les mères partagent en morceaux des corossols juteux et sucrés. Les enfants plongent jusqu'au menton dans la chair laiteuse des fruits. Sur le rebord de sa fenêtre, la vieille Gasparine étale des fruits mûrs : deux sous la pièce... Les bouteilles de «mabi» frais coiffés d'écume blanche fleurent bon l'«essence de noyau».
  • Féfé et Doudou, martiniquaises, Claude et Magdeleine Carbet, éd. l'Harmattan, 2024  (ISBN 978-2-336-44332-4), chap. Féfé et Doudou, Martiniquaises, p. 10


Le grand «tray» de bois noirci s'emplit de savoureuses mangues : les «amélies» aux joues fardées de rouge, semées de tâches de rousseur ; les «divines», les «Dreycinet», les «bassignac» au relent d'alcool et de térébenthine. Des avocats bruns, des blondes prunes de Cythère, sont rangées à côté. Aux angles, quelques pattes de banane «macanguias», longues, replètes, dorées.
  • Féfé et Doudou, martiniquaises, Claude et Magdeleine Carbet, éd. L'Harmattan, 2024  (ISBN 978-2-336-44332-4), chap. Féfé et Doudou, Martiniquaises, p. 12


Ici on sarcle les ignames, dont le chiendent gêne la croissance. Des gamins, dans les branches cueillent les fruits à pain, d'autres ramassent les «avocats» qui muriront, au chaud , sous des chiffons. Prés de la case à farine oú le manioc pressé cuit lentement dans une platine, une odeur affriolante attire une nuée de mouches à miel. De toutes les cabanes accourent les enfants, un doigt dans la bouche, ils hument la senteur sucrée qui flotte dans l'air alourdi ; le moulin à sirop est en marche, la mélasse coule et remplit les hailles.
  • Féfé et Doudou, martiniquaises, Claude et Magdeleine Carbet, éd. L'Harmattan, 2024  (ISBN 978-2-336-44332-4), chap. Le nègre marron, p. 134


Point d'orgue, 1958

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Je renierai, serait-il vrai,
Le vermillon de ton argile,
Tes plages, tes ombrages frais,
Ton odeur, ton sel, ô mon île ?

  • « Je renierais ? », dans Point d'orgue, Marie-Magdeleine Carbet, éd. impr. la Productrice, 1958, p. 10 (lire en ligne)


D'une rive à l'autre : roman martiniquais, 1975

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Il faut l'avouer, ces gens de couleur, par ailleurs assez braillards et remuants, savent, en pareilles circonstances, parfaitement se conduire. Personne chez eux ne se soucie de ces questions. Avec ou sans particule — vous conviendrez que celle-ci fait une belle jambe à qui va le cul au vent — peu leur chaut de porter le même nom que ces bipèdes d'une espèce si particulière, les Blancs du village voisin.
  • (fr) D'une rive à l'autre : roman martiniquais, Claude et Magdeleine Carbet, éd. Leméac, 1975  (ISBN 0-7761-3912-6), chap. Chapitre II, p. 15-16


Voir aussi

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