Les Limites à la croissance

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Les Limites à la croissance (initialement publié avec le titre Halte à la croissance ?) est un rapport de 1972 sur la simulation informatique de la croissance exponentielle de l'économie et de la population dans un monde aux ressources limitées.

Commandités par le Club de Rome, les auteurs du rapport sont Donella Meadows, Dennis Meadows, Jørgen Randers et William W. Behrens III. Des mises à jour ont été publiées en 1992 (non traduite en français) et 2004 (traduite en 2012 sous le titre Les limites à la croissance (dans un monde fini)).

Les Limites à la croissance (2004)[modifier]

Préface des auteurs[modifier]

Dans The Limits to Growth [en 1972], nous expliquions que les limites écologiques planétaires (en matière d'utilisation de ressources et d’émissions de polluants) auraient une influence importante sur le développement mondial durant le XXIe siècle.
  • (fr) « préface des auteurs », Dennis Meadows et Jorgen Randers, dans Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 13


Pour ceux qui apprécient les chiffres, nous pouvons affirmer que les scénarios très agrégés de World3 continuent à être, trente ans plus tard, d'une redoutable précision.
  • (fr) « préface des auteurs », Dennis Meadows et Jorgen Randers, dans Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 25


Les hypothèses les plus importantes que nous avons faites sur la probabilité d'un effondrement ne sont pas le fruit d'une confiance aveugle dans les courbes générées par le modèle World3. Elles résultent tout simplement du décryptage des schémas comportementaux dynamiques produits par trois paramètres incontournables, chroniques et classiques du système mondial : les limites érodables, la poursuite incessante de la croissance et le retard avec lequel la société réagit lorsqu'elle approche des limites. Tout système régit par ces paramètres est prédisposé au dépassement et à l'effondrement.
  • (fr) « préface des auteurs », Dennis Meadows et Jorgen Randers, dans Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 25-26


Il fut un temps où les limites à la croissance appartenaient à un futur éloigné. Elles sont bien là, aujourd'hui. Il fut un temps où le concept d'effondrement était inconcevable. Il fait aujourd'hui son apparition dans les discours publics [...]. Nous estimons qu'il faudra encore 10 ans pour pouvoir observer clairement les conséquences du dépassement et 20 ans pour que le dépassement soit accepté comme un état de fait.
  • (fr) « préface des auteurs », Dennis Meadows et Jorgen Randers, dans Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 31


Chapitre 1[modifier]

Les flux de matière et d'énergie générés par l'économie humaine ne pourront pas rester très longtemps encore à leur niveau actuel.
  • (fr) Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 46


Une société durable [c'est] un monde qui pourrait s'attacher à améliorer avec intelligence la qualité de vie plutôt que de s'entêter à augmenter la consommation matérielle et le stock de capital physique.
  • (fr) Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 50


Chapitre 2[modifier]

[...] une croissance exponentielle ne peut jamais continuer très longtemps dans un contexte d'espace et de ressources finis.
  • (fr) Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 67


Nous mettons l'accent sur l'économie physique, c'est-à-dire sur les éléments concrets qui se heurtent aux limites de notre planète, et non sur l'économie monétaire qui est une invention sociale indépendante des lois physiques.
  • (fr) Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 85


Chapitre 3[modifier]

L'économie humaine utilise aujourd'hui tant de ressources capitales et produit tant de déchets qu'elle n'est pas soutenable. [...] Nous estimons que beaucoup vont atteindre un pic puis décliner au cours de ce siècle [...] Ces flux élevés ne sont pas nécessaires. Des changements au niveau de la technique, des modes de répartition et des institutions pourraient les réduire fortement tout en maintenant ou en améliorant la qualité de vie moyenne des habitants de la planète.
  • (fr) Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 113


Si la durée de vie moyenne de chaque produit circulant dans l'économie pouvait être multipliée par deux, si on pouvait recycler deux fois plus de matériaux, si on avait besoin de mobiliser moitié moins de matière pour fabriquer un produit, on pourrait diviser le flux de matières par 8.
  • (fr) Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 214


Chapitre 4[modifier]

Une entité physique en expansion ralentit puis s'arrête en douceur pour se conformer à ses limites (croissance en forme de S) uniquement si elle reçoit rapidement des signaux précis lui indiquant où elle se situe par rapport à ses limites et si elle y répond rapidement et avec précision.
  • (fr) Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 263-264


Si le signal émis par la limite ou si la réaction arrivent avec retard, et si l'environnement est érodé de façon irréversible suite à un excès de stress, alors l'économie en expansion va dépasser sa capacité de charge, dégrader son stock de ressources et s'effondrer.
  • (fr) Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 274


Étant donner le temps qu'il faut à une forêt pour repousser, à une population pour vieillir, à des polluants pour infiltrer dans l'écosystème, à des eaux polluées pour redevenir propres, aux machines pour se déprécier, ou aux individus pour s’instruire ou se recycler, le système de peut changer du jour au lendemain, même après avoir perçu et accepté l’existence d'un problème. Pour se diriger correctement, un système et sa force d'inertie doivent regarder loin devant, du moins aussi loin que sa force d'inertie le lui permet. Plus un bateau met de temps à virer, plus son radar doit porter loin. Les systèmes politiques et économiques de la planète regardent pas assez loin devant eux.
  • (fr) Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 290-291


Chapitre 6[modifier]

Si les objectifs implicites d'une société sont d'exploiter la nature, d'enrichir les élites et de faire fi du long terme, alors cette société développera des technologies et des marchés qui détruiront l'environnement, creuseront le fossé entre les riches et les pauvres et privilégieront les gains à court terme.
  • (fr) Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 362


C'est pourquoi à partir d'un certain moment, on ne peut plus dire que la croissance va permettre à l'économie de d'être assez riche pour financer la dépollution. La croissance entraîne en réalité l'économie dans une augmentation non linéaire des coûts jusqu'au moment où toute dépollution supplémentaire ne peut plus être financée. Arrivée à ce stade, une société raisonnable stopperait l'expansion de son activité puisque la poursuite de la croissance n'améliore plus le bien-être de ses citoyens.
  • (fr) Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 364


La technologie et les marchés ne sont que des outils. [Ils] peuvent apporter une aide précieuse s'ils sont régulés et exploités en vue du bien commun à long terme.
  • (fr) Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 369


On constate donc que lorsqu'ils sont utilisés en dehors de toute notion de limites, les marchés et la technologie ne peuvent engendrer que le dépassement.
  • (fr) Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 377


Chapitre 7[modifier]

Il est donc plus sûr, et sans doute aussi préférable pour d'autres raisons, d'apprendre à mener une vie satisfaisante nettement en dessous des limites estimées de la planète plutôt que de sans cesse s'évertuer à obtenir le maximum de ce qui est physiquement possible.
  • (fr) Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 403


Plus l'économie mondiale mettra de temps à réduire son empreinte écologique et à s'orienter vers la durabilité, moins la planète pourra tolérer d'individus et plus le niveau matériel de ces derniers sera bas. À partir d'un certain point, retard signifie effondrement. [...] Retarder la réduction des flux et la transition vers la durabilité signifie au mieux priver les générations futures de certaines options et au pire précipiter l'effondrement.
  • (fr) Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 404-405


Chapitre 8[modifier]

L'individualisme et le manque de prévoyance sont selon nous les deux principaux maux du système social actuel et les deux principaux responsables de notre non-durabilité.
  • (fr) Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 446


On ne pourra éviter l'effondrement si les hommes n'apprennent pas à se considérer comme partie intégrante d'une seule et même société mondiale. [...] L'humanité doit apprendre à aimer l'envie de laisser aux générations futures une planète pleine de vie.
  • (fr) Les Limites à la croissance (dans un monde fini) (2004), Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers (trad. Agnès El Kaïm), éd. Rue de l'échiquier, coll. « L'écopoche », 2017  (ISBN 9782374250748), p. 448