Le Surréalisme et l'après-guerre
Apparence

Le Surréalisme et l'après-guerre est un ouvrage de Tristan Tzara, publié en 1948, qui comprend le texte d'une conférence prononcée en 1947, enrichie de notes et de développements.
Citations
[modifier]La poésie est plongée dans l'histoire jusqu'au cou.
- Le Surréalisme et l'après-guerre, Tristan Tzara, éd. Nagel, 1948, p. 8
La culture, pour ne pas être stationnaire ou régressive, doit être dirigée vers un but qui est celui de la libération de l'homme.
- Le Surréalisme et l'après-guerre, Tristan Tzara, éd. Nagel, 1948, p. 9
Le romantisme est foncièrement révolutionnaire non seulement parce qu'il exalte les idées de liberté, mais aussi parce qu'il propose un nouveau mode de vivre et de sentir, en conformité avec sa vision dramatique du monde, faite de contrastes, de nostalgies et d'anticipation.
- Le Surréalisme et l'après-guerre, Tristan Tzara, éd. Nagel, 1948, p. 12
La poésie n'est pas uniquement un produit écrit, une succession d'images et de sons, mais une manière de vivre. Nerval, Baudelaire et Rimbaud font pressentir le sens tragique de cette manière de vivre poétiquement que Dada et Surréalisme ont essayé de mener jusqu'à ses conséquences.
- Le Surréalisme et l'après-guerre, Tristan Tzara, éd. Nagel, 1948, p. 14-15
Cette guerre [La Première Guerre mondiale] ne fut pas la nôtre ; nous l'avions subie à travers la fausseté des sentiments et la médiocrité des excuses. Tel fut, il y a trente ans, lorsque Dada naquit en Suisse, l'état de la jeunesse à ce moment.
- Le Surréalisme et l'après-guerre, Tristan Tzara, éd. Nagel, 1948, p. 17
Dada se dressait contre tout ce qui était littérature, mais pour en déduire les fondements, nous employions les méthodes les plus insidieuses, les éléments même de cet art, de cette littérature décriée.
- Le Surréalisme et l'après-guerre, Tristan Tzara, éd. Nagel, 1948, p. 18-19
Ce mouvement [Dada] en quoi on s'est plu à ne voir que le côté destructif, était-il nécessaire ? Il est certain que la table rase dont nous faisions le principe directeur de notre activité, n'avait de valeur que dans la mesure où autre chose devait lui succéder.
- Le Surréalisme et l'après-guerre, Tristan Tzara, éd. Nagel, 1948, p. 23
[q]u'est aujourd'hui le Surréalisme et comment se justifie-t-il historiquement, quand nous savons qu'il a été absent de cette guerre [la Seconde Guerre mondiale], absent de nos cœurs et de notre action pendant l'occupation qui [...] a profondément affecté nos façons de réagir et celles de comprendre la réalité ?
- Le Surréalisme et l'après-guerre, Tristan Tzara, éd. Nagel, 1948, p. 27
Si le surréalisme en tant qu'école a fini de jouer un rôle sur le plan théorique et si aujourd'hui il n'apporte aucune réponse indispensable aux questions qui se posent, il faut dire que sur le plan esthétique son influence est toujours très grande. [...] Cette influence va à l'encontre de ses intentions initiales
- Le Surréalisme et l'après-guerre, Tristan Tzara, éd. Nagel, 1948, p. 32
Le seul organe du surréalisme pouvant paraître librement pendant la guerre fut VVV, dont quatre très luxueux numéros ont été publiés à New York. On n'y trouve pas la moindre allusion à la situation précaire faite à ceux qui, pendant l'occupation nazie, avaient d'autres soucis que de participer à des concours et des jeux surréalistes dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils étaient inoffensifs.
- Le Surréalisme et l'après-guerre, Tristan Tzara, éd. Nagel, 1948, p. 77