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Couverture de l'édition française du roman d'Agatha Christie par la Librairie des Champs-Élysées dans la collection « Le Masque », Paris, 1927.
Le Meurtre de Roger Ackroyd est un roman policier d'Agatha Christie, écrit et publié le au Royaume-Uni chez Collins. Malgré le grand nombre de critiques suscitées à l'époque par un tour de force narratif, ce roman a rendu Agatha Christie mondialement célèbre et reste parmi les plus renommés de son œuvre.
Kipling nous dit que la devise de la gent mangouste pourrait se résumer en cette courte phrase :« Pars et va à la découverte ! » Si jamais Caroline veut se faire faire des armes parlantes, je lui conseillerai d'adopter l'effigie d'une mangouste. Cependant, en ce qui la concerne, on pourrait supprimer la première partie de la devise, car, tout en restant paisiblement à la maison, ma sœur fait un nombre incalculable de découverte. Je ne sais pas comment cela lui est possible mais le fait est indéniable.
Caroline, la sœur du docteur Sheppard, a inspiré la création du personnage de Miss Marple
(en)Le Meurtre de Roger Ackroyd (1926), Agatha Christie (trad. Miriam Dou-Desportes), éd. Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque », 1977 (ISBN2-253-00696-3), p. 16
Notre village de King's Abbot ressemble, je crois, à beaucoup d'autres villages. La ville la plus rapprochée est Cranchester, qui se trouve à neuf kilomètres. Il y a une gare importante, un petit bureau de poste et deux magasins rivaux. Les jeunes gens quittent de bonne heure ce coin paisible, qui compte plusieurs vieilles demoiselles et de nombreux officiers retraités. Le passe-temps principal des habitants peut être résumé en un mot : Potins !
(en)Le Meurtre de Roger Ackroyd (1926), Agatha Christie (trad. Miriam Dou-Desportes), éd. Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque », 1977 (ISBN2-253-00696-3), p. 21
A ma gauche, au-dessus du mur, un visage apparaissait; je distinguai, d'un coup d'œil, une tête en forme de poire, recouverte en partie de cheveux d'un noir excessif, une énorme moustache et des yeux inquisiteurs. C'était notre énigmatique voisin, M.Poirot […].
(en)Le Meurtre de Roger Ackroyd (1926), Agatha Christie (trad. Miriam Dou-Desportes), éd. Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque », 1977 (ISBN2-253-00696-3), p. 33
Ralph Paton était un de ces êtres nés pour charmer. Il était paresseux et dépensier et ne respectait pas grand chose, mais, pourtant, il était sympathique et ses amis lui étaient dévoués.
(en)Le Meurtre de Roger Ackroyd (1926), Agatha Christie (trad. Miriam Dou-Desportes), éd. Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque », 1977 (ISBN2-253-00696-3), p. 41
« Monsieur Poirot, ne voulez-vous pas nous aider ? Si…si c'est une question d'argent…»
Poirot leva la main.
« Je vous en prie mademoiselle. Je ne déteste pas l'argent », ses yeux brillèrent, « j'en ai toujours tenu compte; mais si j'entreprends cette affaire, comprenez-moi bien : j'irai jusqu'au bout. Un bon chien ne quitte jamais une piste et vous en viendrez peut-être à déplorer de ne pas avoir laissé la police opérer seule.»
(en)Le Meurtre de Roger Ackroyd (1926), Agatha Christie (trad. Miriam Dou-Desportes), éd. Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque », 1977 (ISBN2-253-00696-3), p. 93-94
Mon bon ami, Hercule Poirot ne risque pas de tâcher ses vêtements sans être sûr de trouver ce qu'il cherche. Agir autrement serait à la fois ridicule et absurde ; or, je ne suis jamais ridicule.
(en)Le Meurtre de Roger Ackroyd (1926), Agatha Christie (trad. Miriam Dou-Desportes), éd. Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque », 1977 (ISBN2-253-00696-3), p. 128
Soyez bien persuadés que je suis décidé à découvrir la vérité. Celle-ci, si laide qu'elle soit en elle-même, a toujours une beauté pour celui qui la cherche.
Paroles d'Hercule Poirot
(en)Le Meurtre de Roger Ackroyd (1926), Agatha Christie (trad. Miriam Dou-Desportes), éd. Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque », 1977 (ISBN2-253-00696-3), p. 167
Pendant tout ce temps, je demeurais sans cesse auprès de Poirot ; je vis ce qu'il voyait et je fis de mon mieux pour lire dans ses pensées. Je sais maintenant que je n'y réussis pas. Bien que le détective me montrât tout ce qu'il avait découvert — l'alliance par exemple —, il garda pour lui ses déductions, à la fois logiques et importantes. Ainsi que je l'appris par la suite, cette discrétion était une des caractéristiques de sa nature. Il laissait échapper des renseignements et des suggestions, mais il n'allait jamais plus loin.
(en)Le Meurtre de Roger Ackroyd (1926), Agatha Christie (trad. Miriam Dou-Desportes), éd. Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque », 1977 (ISBN2-253-00696-3), p. 178
Prenons un homme, […], un homme ordinaire, dont l'esprit n'a jamais été traversé par aucune pensée de meurtre. Il y a en lui une certaine faiblesse qui ne s'est jamais révélée et qui n'aura peut-être jamais l'occasion de se manifester. S'il en est ainsi, il achèvera son existence, respecté et honoré par tous. Mais supposons qu'il se produise un incident… un embarras pécuniaire, par exemple, ou encore qu'il soit accidentellement mis au courant d'un secret d'une importance capitale. Son premier mouvement sera de parler, de faire son devoir d'honnête citoyen… mais alors la faiblesse se fait jour… il voit l'occasion d'obtenir, sans effort, une somme… une très grosse somme. Il a besoin d'argent, il désire s'en procurer et c'est si facile ! Il n'a qu'à se taire.
(en)Le Meurtre de Roger Ackroyd (1926), Agatha Christie (trad. Miriam Dou-Desportes), éd. Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque », 1977 (ISBN2-253-00696-3), p. 227
Il lui en faut de plus en plus, il est grisé par la vue de la mine d'or qui s'est creusée d'elle-même sous ses pieds. Ses exigences augmentent et il dépasse le but ! On peut pressurer un homme éternellement… mais pas une femme ! Car les femmes gardent au fond du cœur, un grand désir de vérité. Combien y a-t-il de maris qui, ayant trompé leur compagne, emportent sans remords leur secret dans la tombe ! Mais combien y a-t-il de femmes qui, ayant trompé leur mari, détruisent leur bonheur en avouant leur faute ! Elles ont trop souffert de leur dissimulation et, un jour, dans un mouvement de découragement qu'elles regrettent ensuite, bien entendu, elles font bon marché de leur sécurité et proclament la vérité, ce qui leur procure, momentanément, un grand soulagement.
(en)Le Meurtre de Roger Ackroyd (1926), Agatha Christie (trad. Miriam Dou-Desportes), éd. Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque », 1977 (ISBN2-253-00696-3), p. 227
— Je suppose que tu es maintenant parfaitement au courant de tous les détails concernant la famille de Poirot, observai-je exaspéré.
— En effet, répondit ma sœur avec complaisance. C'est un grand soulagement pour les gens de pouvoir confier leurs ennuis à quelqu'un.
— Oui, déclarai-je, à condition qu'ils le fassent spontanément; mais quand on leur extorque de force leurs confidences, ce n'est plus la même chose.
Conversation entre le docteur Sheppard et sa sœur, Caroline.
(en)Le Meurtre de Roger Ackroyd (1926), Agatha Christie (trad. Miriam Dou-Desportes), éd. Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque », 1977 (ISBN2-253-00696-3), p. 264
Ne vous inquiétez pas de ce que vous dites à un homme, il ne vous croira pas si ce n'est pas flatteur : ils sont tous tellement vaniteux !
Propos de Caroline
(en)Le Meurtre de Roger Ackroyd (1926), Agatha Christie (trad. Miriam Dou-Desportes), éd. Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque », 1977 (ISBN2-253-00696-3), p. 278
Je suis assez satisfait de moi comme écrivain. La phrase suivante n'est-elle pas parfaite ? « La lettre lui avait été apportée à neuf heure moins vingt. Il était juste neuf heure moins dix lorsque je le quittai sans qu'il eût achevé de la lire. La main sur la poignée de la porte, j'hésitai et regardai en arrière, me demandant si je n'avais rien oublié. » Tout était exact. Mais supposons que j'ai mis une ligne de points après la première phrase ! Quelqu'un se serait-il jamais demandé ce qui s'était passé pendant ces dix minutes ?
(en)Le Meurtre de Roger Ackroyd (1926), Agatha Christie (trad. Miriam Dou-Desportes), éd. Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque », 1977 (ISBN2-253-00696-3), p. 315
Le Livre de Poche a décidé d'adjoindre à son catalogue un certain nombre de romans policiers, sélectionnés parmi les classiques du genre; on trouvera ici Le Meurtre de Roger Ackroyd, chef-d'œuvre d'Agatha Christie. Qu'on prenne seulement le mot, si on le veut, dans sa signification originelle : il est bien vrai de dire qu'avec Le Meurtre de Roger Akroyd, Agatha Christie a pris rang parmi les maitres.
(en) « Préface », Georges Arnaud, dans Le Meurtre de Roger Ackroyd (1926), Agatha Christie (trad. Miriam Dou-Desportes), éd. Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque », 1977 (ISBN2-253-00696-3), p. 8
Les crimes d'Agatha Christie me déroutèrent au premier abord par leur ouaté de bonne compagnie. J'y découvris cependant un élément de merveilleux qui me charma.
(en) « Préface », Georges Arnaud, dans Le Meurtre de Roger Ackroyd (1926), Agatha Christie (trad. Miriam Dou-Desportes), éd. Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque », 1977 (ISBN2-253-00696-3), p. 11
De bout en bout la logique règne, conduisant le ballet abstrait des déductions et des feintes, la logique régente tout sans concession et tient verrouillées les issues, par où le récit pourrait tenter une évasion vers quelque autre domaine. Elle inspire et réglemente avec une égale minutie. La logique est parfaite. Autant dire qu'on est en pleine et pure fiction. Le Meurtre de Roger Ackroyd y gagne une épaisseur poétique qu'on n'aurait point pressentie au premier abord. Logique pure et pure fiction : le crime à l'état pur défie le pur esprit de déduction.
(en) « Préface », Georges Arnaud, dans Le Meurtre de Roger Ackroyd (1926), Agatha Christie (trad. Miriam Dou-Desportes), éd. Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque », 1977 (ISBN2-253-00696-3), p. 12