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L'Homme approximatif

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L'Homme approximatif, 1931 R17 (157), Paul Klee

L'Homme approximatif (1931) est un poème en dix-neuf chants de Tristan Tzara.

Citations

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je pense à la chaleur que tisse la parole
autour de son noyau le rêve qu'on appelle nous

  • « L'Homme approximatif » (1931), dans Œuvres complètes, Tristan Tzara, éd. Flammarion, 1977  (ISBN 2-08-06-0907-6), t. 2 (1925-1933), p. 82 (lire en ligne)


homme approximatif comme moi comme toi lecteur et comme les autres
amas de chairs bruyantes et d’échos de conscience
complet dans le seul morceau de volonté ton nom
transportable et assimilable poli par les dociles inflexions des femmes
divers incompris selon la volupté des courants interrogateurs
homme approximatif te mouvant dans les à-peu-près du destin
avec un cœur comme une valise et une valse en guise de tête

  • « L'Homme approximatif » (1931), dans Œuvres complètes, Tristan Tzara, éd. Flammarion, 1977  (ISBN 2-08-06-0907-6), t. 2 (1925-1933), p. 84 (lire en ligne)


matin matin
matin scellé de cristal et de larves
matin de pain cuit
matin de vantaux en folie
matin gardien d'écurie
matin d'écureuils et de polisseurs de vitres fraîches à la rivière
matin qui sent bon
haleine attachée aux stries de l'iris

  • « L'Homme approximatif » (1931), dans Œuvres complètes, Tristan Tzara, éd. Flammarion, 1977  (ISBN 2-08-06-0907-6), t. 2 (1925-1933), p. 151 (lire en ligne)


Commentaires sur l’œuvre

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Il semble que Tzara, après avoir blanchi la page du poème, après avoir fait table rase par tous les moyens qui étaient bons à Dada, peut entreprendre une naissance véritable au verbe. Cela ne va pas toujours sans quelque incertitude et les références ne manquent point à tel ou tel poète d'avant Dada. On reconnait çà et là quelque musique ou quelque écho de Baudelaire, des poètes symbolistes ou d'Apollinaire, mais existe-t-elle cette région de haut lyrisme où les poètes se ne rejoignent pas ? Il se peut que le bon connaisseur de la poésie actuelle ne trouve pas l'intense surprise des jeunes hommes d'il y a cinquante années et il est nécessaire, comme toujours, de situer chaque œuvre dans son temps, mais nous affirmons que des poèmes comme L'Homme approximatif, d'aussi grands projets constructifs, ne sont pas monnaie courante.
  • Histoire de la poésie française, Robert Sabatier, éd. Albin Michel, 1982  (ISBN 2-226-01398-9), t. 6 (La poésie du XXe siècle) - volume 2 - Révolutions et conquêtes, p. 214


L'Homme approximatif est une mappemonde qui chante. Le solo de l'homme s'élève comme un pic, comme une île. Une force cosmique met en marche ce miraculeux poème, lourd de débris de roc, d'alluvions, de laves et de bolides, et l'animent l'humanité et sa chanson perpétuelle, la circulation de l'espoir et de la détresse, le cri d'amour et l'appel que rénove l'oubli. Lyrique, il illumine l'homme qu'il approche, évalue, délimite sans limite, et sa géologie dans les strates des sentiments et des âges, dans les filons perdus d'une épaisse poésie, rend plus profonds et plus vrais ses élans et ses éclats, ses longs récitatifs, ses répétitions, ses enveloppements, son incantation... L'homme y représente un arbre, un chiffre, une force anonyme qui se cherche et qui prend une figure, une voix, qui conquiert sa volonté d'être et son champ d'action.
  • Georges Hugnet, Orbes, 3, 1932, p. 43-56, repris dans Pleins et déliés : souvenirs et témoignages, 1926-1972, 1972 .


Voir aussi

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