Gabrielle Filteau-Chiba
Apparence

Gabrielle Filteau-Chiba, née le au Québec, est une romancière québécoise. Ses romans sont notamment consacrés à la défense de la nature.
Citations
[modifier]Encabanée, 2018
[modifier]J'oublie un moment la politesse de la jeune fille rangée, les règles de bienséance et de civilité. Fini, les soupers de famille où l'on évite les sujets chaudes, où les tabous brûlent la langue et l'autocensure coince comme une boule au fond de la gorge.
- Encabanée, Gabrielle Filteau-Chiba, éd. Gallimard, coll. « Folio », 2025 (ISBN 978-2-072-94605-9), chap. 2 janvier le verre à moitié plein de glace, p. 18
Cher journal,
L'encre de mon stylo est gelée et tu vois où ça mène la technologie ?
Retour au plomb.
- Encabanée, Gabrielle Filteau-Chiba, éd. Gallimard, coll. « Folio », 2025 (ISBN 978-2-072-94605-9), chap. 4 janvier Apprivoiser les coyotes, p. 35
Suffit d'un esclave qui se lève pour déclencher une vague. Un tsunami.
- Encabanée, Gabrielle Filteau-Chiba, éd. Gallimard, coll. « Folio », 2025 (ISBN 978-2-072-94605-9), chap. L'inconnu, p. 59
Les engelures font mal comme les peines d'amour. Au début rien qu'un pincement, puis on ne sent plus rien. L'insensibilité du cœur de pierre fait son temps, mis quand les braises sont attisées de nouveau, la douleur est saisissante, inattendue, et on ne sait que faire pour l'apaiser, sinon attendre.
- Encabanée, Gabrielle Filteau-Chiba, éd. Gallimard, coll. « Folio », 2025 (ISBN 978-2-072-94605-9), chap. L'Apache, p. 78
Sauvagines, 2019
[modifier]Dans ma famille comme au chenil, les
petits aux yeux bleus ont un statut particulier.
Parmi mes frères et sœurs, j'étais l'enfant du
pêché, mon père pressentant qu'une chicane avait
conduit ma mère à s'écarter pour un facteur ou
un autre mieux membré. Toute ma vie, mes iris
lui ont rappelé que j'étais peut-être le fruit de la
trahison de sa femme qui descend d'Ève. Chez
nous, la jalousie et la mauvaise fois l'emportent
sur la raison. Pourtant, les gènes sautent parfois
des générations.
petits aux yeux bleus ont un statut particulier.
Parmi mes frères et sœurs, j'étais l'enfant du
pêché, mon père pressentant qu'une chicane avait
conduit ma mère à s'écarter pour un facteur ou
un autre mieux membré. Toute ma vie, mes iris
lui ont rappelé que j'étais peut-être le fruit de la
trahison de sa femme qui descend d'Ève. Chez
nous, la jalousie et la mauvaise fois l'emportent
sur la raison. Pourtant, les gènes sautent parfois
des générations.
- Sauvagines (2019), Gabrielle Filteau-Chiba, éd. Stock, 2022 (ISBN 9782234092266), partie La sainte paix, chap. Les yeux bruns du coyote, p. 19-20
Des iris colorés aurait pu la sauver,
mais comme en prime sa mère, par une nuit
d'expédition, s'est éprise d'un coyote, on s'attend
à ce que sa progéniture soit un défi de taille à
dompter. Bref, la bâtarde est condamnée, inutile
et trop banale pour qu'on veuille l'adopter
- C'est elle que je veux.
mais comme en prime sa mère, par une nuit
d'expédition, s'est éprise d'un coyote, on s'attend
à ce que sa progéniture soit un défi de taille à
dompter. Bref, la bâtarde est condamnée, inutile
et trop banale pour qu'on veuille l'adopter
- C'est elle que je veux.
- Sauvagines (2019), Gabrielle Filteau-Chiba, éd. Stock, 2022 (ISBN 9782234092266), partie La sainte paix, chap. Les yeux bruns du coyote, p. 20
Avoir autant de
bois en réserve me sécurise plus qu'un compte en
banque bien garni.
bois en réserve me sécurise plus qu'un compte en
banque bien garni.
- Sauvagines (2019), Gabrielle Filteau-Chiba, éd. Stock, 2022 (ISBN 9782234092266), partie La sainte paix, chap. L'eau sur le dos du canard, p. 29
Dans la vie, quand t'a les yeux bleus, tu pars
avec une longueur d'avance. Même dans une vie de
chien, comprennent vite les vilains petits canards.
avec une longueur d'avance. Même dans une vie de
chien, comprennent vite les vilains petits canards.
- Sauvagines (2019), Gabrielle Filteau-Chiba, éd. Stock, 2022 (ISBN 9782234092266), partie La sainte paix, chap. L'eau sur le dos du canard, p. 32
Tu sais que tu souffres de solitude quand tu
souhaites bonne nuit à un chien qui dort déjà et que tu souris à ta poêle en fonte.
souhaites bonne nuit à un chien qui dort déjà et que tu souris à ta poêle en fonte.
- Sauvagines (2019), Gabrielle Filteau-Chiba, éd. Stock, 2022 (ISBN 9782234092266), partie La sainte paix, chap. L'eau sur le dos du canard, p. 39
Bivouac, 2021
[modifier]La Forêt barbelée, 2024
[modifier]Citations rapportées
[modifier][..] c’est mon rôle, celui de tous les humains mais ils ne l’ont pas encore compris, il faut favoriser la vie, la beauté, prendre soin des plus vulnérables, nos enfants, nos aînés, la nature.
- « Gabrielle Filteau-Chiba, poétesse du féminisme rural », Jessica Combet, Combat le média, 18 avril 2024 (lire en ligne)
[..] la Terre est devenue un bouc-émissaire. Notre violence et notre colère, nous la canalisons par cette destruction de notre habitat.
- « Gabrielle Filteau-Chiba, poétesse du féminisme rural », Jessica Combet, Combat le média, 18 avril 2024 (lire en ligne)
J‘ai toujours aimé écrire, même enfant. Je pense que ça a été un moment d‘une grande réalisation quand j‘ai compris que je pouvais former des mots, des pétales de fleurs et m‘exprimer de manière silencieuse et secrète.
- « Gabrielle Filteau-Chiba : « Il ne faut pas perdre espoir » », Carla R, Alethia-Vauban, 17 mars 2025 (lire en ligne)
Je pense que les femmes aussi, on peut fendre le bois, on peut pelleter. Notre centre de gravité n'est pas au même endroit. Mais si moi j'y suis arrivée, pourquoi les femmes de mon époque ne pourraient pas faire pareil ?"
- « Gabrielle Filteau-Chiba : "C'est ça la décroissance, dormir plus, lire beaucoup, faire l'amour, marcher" », Mathieu Vidard, Camille Crosnier, Radio France, 31 janvier 2025 (lire en ligne)
Citations sur
[modifier]De sa maison arbre, le regard perdu dans la contemplation des épinettes bercés par le vent ou suivant la danse des migrateurs, l’auteure canadienne peint entre les lignes de son journal intime l’identité ancestrale retrouvée, la morsure du froid, l’odeur du bois qui réchauffe, le chant des coyotes, la solitude volontaire, la sobriété choisie.
- « Gabrielle Filteau-Chiba, poétesse du féminisme rural », Jessica Combet, Combat le média, 18 avril 2024 (lire en ligne)
Tantôt colorée de rimes, tantôt valse en prose, sa poésie parle à l’âme. Elle pénètre dans le cœur comme la pointe d’une flèche qui viendrait y déposer l’Amour, guérir les blessures, soigner les liens.
- « Gabrielle Filteau-Chiba, poétesse du féminisme rural », Jessica Combet, Combat le média, 18 avril 2024 (lire en ligne)