François-Xavier Luciani

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François Xavier Luciani (Né le 08 avril 1958 à Casablanca), est un romancier, nouvelliste, essayiste corse.

Roman : Subjonctif[modifier]

Parole[modifier]

La parole est comme ces aiguilles d’une horloge qui tente de rendre compte d’un état changeant.
Entendre ce que dit l’autre est comme la consultation d’une montre, c’est avoir une vague notion de quelque chose qui nous échappe constamment.

Cette citation figure en exergue de l'essai de :
Anne-Lise Giraud Le Cerveau et les maux de la parole, aphasie, dyslexie, surdité, bégaiement, éd. Odile Jacob, Paris, 2018, 224 p. (ISBN 978-2-7381-4340-2)

Identité[modifier]

Pire qu'un "sans papier", l'énergumène était un "sans nom". Comment donc évoquer une entité sans identité aucune ?
Dans un monde de nomenclatures, de cadres, de normes et de profils, la simple biologie ne peut être considérée comme une preuve d’existence recevable. Et puis quoi ? Être juste en vie ne suffit ni à être reconnu ni à faire partie de la réalité objective, ça se saurait !


(Scène de la première rencontre entre les fugueurs et Ange-André ) :

– T’es même pas né sous "X" alors ? demanda enfin Anita-Anne-Annie.
– Qu’est-ce que cela signifie : sous "X" ?
– Ben que ta mère t’abandonne à la naissance pour que tu te fasses adopter… C’est un truc légal !
– Je ne connaissais pas cette locution : "sous X" !
– Et puis toi, t’as que deux prénoms : Ange et André !
– Oui !
– Alors que nous, on en a chacun trois ! Parce qu’on est né sous "X" !
– Quel rapport ?

– Les parents, quand ils te larguent, comment tu veux qu’on te donne leur nom de famille puisque, justement, c’est ça qu’ils veulent pas te filer ! Alors ils te fourguent trois prénoms, au choix ! Moi, ma mère n’a pas dû trop se casser le trognon, c’était une rapide : elle a pris les trois premiers prénoms féminins de la liste, dans l’ordre alphabétique : “Anita-Anne-Annie“ et vogue !


Rhétorique[modifier]

(Au cours d'une joute verbale instiguée par le précepteur Alcofrybas Nasier, une question métaphysique piège est posée à Ange-André de Ladace qui s'en sort avec brio d'une façon étonnante ) :
C’était une de ces parades "argumentum ad rem" telles que décrivaient les rhéteurs classiques lors des joutes éristiques. Elle anéantissait d'une pichenette le terrain métaphysique dans lequel se cantonnait le professeur pour triompher sur le terrain objectif du factuel, de l’ordre alphabétique...


Figures de style[modifier]

"anacoluthe" : C'est une figure de rhétorique assez amusante qui brille par l'absence.


(À propos d'anacoluthe) :
– “Briller par son absence“ est une assez bonne définition du concept Anacoluthe ! Vous en connaissez l’emploi, bien évidemment !
– Oui, professeur ! Par exemple, dans l’expression : “d’où je viens, le temps est toujours beau !“ il manque le mot "là"… Il serait plus correct de dire “là d’où je viens…“ mais la forme elliptique est admise sans qu’il soit besoin de la préciser… J’ai lu que Beauzée disait de cette figure qu’elle consistait à sous-entendre le compagnon d’un mot exprimé. Elle consiste, dit-il, à laisser seul un mot dont le sens contextuel en réclame un autre. Les Grecs nommaient anacoluthe l’absent notoire.


La Légende dorée[modifier]

(À propos de l'enfant "Paul-Émile-Victor") :
Il serrait nerveusement un livre plaqué sur sa poitrine un peu comme s’il priait. D’ailleurs, il priait. Le titre inscrit sur la tranche indiqua qu’il s’agissait de “La Légende dorée“ de Jacques de Voragine.


(À propos de l'enfant "Paul-Émile-Victor") :
Son expédition quotidienne dans les granges lui fit rencontrer quelques paysans qui le craignirent dès qu’ils le soupçonnèrent d’entretenir des liens privilégiés avec la puissante corporation des saints dont il évoquait même certains inconnus. “La Légende dorée“ à la main, brandie comme une bible bis, l’enfant en rajoutait toujours un peu.


Le Subjonctif et la Sujontivite[modifier]

(Déclaration d'Ange-André de Ladace ) :
Le plus important pour nous étant de nous constituer un signe de reconnaissance objectif : la langue ! Les “de Ladace“ doivent avoir un langage commun. Le subjonctif peut très bien devenir l’étendard de notre famille !


(Déclaration d'Ange-André de Ladace ) :
Parlons de nous : Dire des “de Ladace“ qu’ils sont tous issus d’anacoluthes, cela ne demande plus à être prouvé. Mais les certitudes nous concernant s’arrêtent bien là. Encore eût-il été nécessaire que nos parents se fussent fait connaître pour que nous-mêmes eussions pu nous différencier ! À compter de ce point commun, le reste de notre existence se doit, en effet, d’être conjuguée au temps de l’hypothèse et du doute. Frères et sœur du soupçon, que le mode de l’âme, tel que le nommaient les Grecs : l’optatif dont le lieu est celui du possible et du souhaitable, mêlé au subjonctif, lieu du désiré et du prévisible, que ce mode soit le nôtre ! Qu’il soit l’emblème de la grande quête nous définissant : extraire le probable de l’invraisemblance ! Voilà précisément le fil d’Ariane de notre parcours : nous définir comme enfants “de Ladace“, fils et fille du pronom indéfini : "On" ! "On" nous fit, avec son sexe neutre ! "On" nous largua avec sa parfaite indifférence ! Nous ne sommes qu’une bande de "On" !


(Lors d'un enquête du gendarme Misside ) :
– La sujontivite ? Fit le sous-brigadier. Qu’est-ce que c’est que ça ?

– Une maladie de noble… D’ailleurs, il est tout tordu et il se balade pieds nus en bougeant les oreilles.
– Bizarre en effet ! Cette maladie vient comment ?

– Ch’ais pas ! C’est une maladie de la langue.


(À propos d'une déclaration officielle du gendarme Misside ) :
Or, non ! Ce n’est pas nous qui fussions en danger, mais bien vous, mes chers concitoyens qui risquassiez d’être obligé de subir les épreuves orales d’un groupe d’académiciens terroristes décidés à vous occire définitivement si vous ne respectez pas suffisamment les règles grammaticales. Ce sont surtout les employés des banques, des administrations, les épiciers et tous les commerçants en général qu’êtes concernés ! L’heure est grave : il faut respecter la syntaxe ou mourir ! Tel est l’exigence inhumaine de ces sanguinaires assoiffés de verbes jusqu’à la lie !


Roman : Bastia pour Dames[modifier]

Prostitution[modifier]

Je suis une pute et le regrette ! Je regrette le féminin du vocable qui n'a pas son pendant masculin.
  • Bastia pour dames, Confession d'un putain, François-Xavier Luciani, éd. Au coin de la rue, 2013  (ISBN 979-10-91232-18-0), p. 14


Corse[modifier]

La Corse n'est pas belle, elle est majestueuse !
  • Bastia pour dames, Confession d'un putain, François-Xavier Luciani, éd. Au coin de la rue, 2013  (ISBN 979-10-91232-18-0), p. 83


- Quitter la Corse pour une femme corse ne me tente pas.

- Vous ne souhaitez pas laisser la majuscule pour la minuscule. Un argument littéraire en quelque sorte.
  • Bastia pour dames, Confession d'un putain, François-Xavier Luciani, éd. Au coin de la rue, 2013  (ISBN 979-10-91232-18-0), p. 209


Masochisme[modifier]

Refuser l'éjaculation précoce relève d'un début de masochisme : C'est se retenir pour mieux jouir, certes, mais c'est se retenir, justement ! C'est remettre à plus tard la consommation d'un plaisir immédiat possible... Le pari consiste à se dire que "plus c'est long, plus c'est bon". Mais ça s'arrête où le "plus c'est long" ?... Pour un vrai maso, ce n'est jamais assez long... C'est la retenue qui le fait jouir... La continence !!
  • Bastia pour dames, Confession d'un putain, François-Xavier Luciani, éd. Au coin de la rue, 2013  (ISBN 979-10-91232-18-0), p. 126


Recueil de nouvelles : CorsErotica[modifier]

Femme et Prostituée[modifier]

Il ne suffit pas d'être laide pour perdurer dans le métier de caboulotte, savoir travailler le mépris d'un homme pour mieux le dépouiller est un talent précieux.(...) Chacun d'eux paye pour imposer une virilité dédouaneé du devoir de bander.
  • « La Cana » (nouvelle), in CorsErotica, François-Xavier Luciani, éd. Materia Scritta, 2015  (ISBN 978-2-916402-16-1), p. 111


J'adore l'argent mais j'aime encore plus le bon sexe, c'est si rare !
  • « La Cana » (nouvelle), in CorsErotica, François-Xavier Luciani, éd. Materia Scritta, 2015  (ISBN 978-2-916402-16-1), p. 116

Thanatos[modifier]

Éros et Thanatos furent donc convoqués ce soir-là par nos frustrations d'hôtesses rompues à des joutes d'ordinaire moins drôles. Jeter le masque et se lancer dans un corps à corps violent excitait nos appétits.
  • « La Cana » (nouvelle), in CorsErotica, François-Xavier Luciani, éd. Materia Scritta, 2015  (ISBN 978-2-916402-16-1), p. 117


Revue semestrielle : Fabula[modifier]

Cannibalisme[modifier]

Les continentaux s'accommodent bien à la châtaigne, le gras allemand fait une bonne huile lampante, le cervelet italien se marie admirablement au fenouil sauvage. L'anthropophagie est un art culinaire délicat et, oui, bien sûr, c'est l'évidence : toute nouvelle culture se construit en cuisine ; elle se chante, se fête. Cette praxis nouvelle s'assimile dans l'assiette ; en naît sa danse, son chant, sa poésie : Mange, ceci est mon corps/ Bois, ceci est mon sang/ Le symbolique est mort/ J'y plante mes dents.
  • « Hallali » (nouvelle), in Fabula #2, François-Xavier Luciani, éd. Materia Scritta, 2013  (ISBN 978-2-916402-15-4), p. 44


Catastrophe nucléaire de Tchernobyl[modifier]

Car ils rient encore ceux qui stoppèrent officiellement le nuage de Tchernobyl aux frontières nationales ; marchands de sable aux brillantes inventions ; grâce à eux j'ai goûté l'effet collatéral d'une omelette aux champignons atomiques ; j'en reste sans voix !
  • « Omerta » (nouvelle), in Fabula #3, François-Xavier Luciani, éd. Materia Scritta, 2014  (ISBN 979-10-93285-01-6), p. 20


Corse[modifier]

Je m'appelle Cyrnos, et je suis un mâle trop longtemps affublé d'une beauté féminine dont je n'ai que faire. (...) Qu'on ne me nomme plus Île de Beauté, histoire ancienne !


Parole[modifier]

Quand la parole s'envole, les cris restent !
  • « Omerta » (nouvelle), in Fabula #3, François-Xavier Luciani, éd. Materia Scritta, 2014  (ISBN 979-10-93285-01-6), p. 22


Vie[modifier]

Comment se déclarer vivant quand on ne peut que le taire ?
  • « Omerta » (nouvelle), in Fabula #3, François-Xavier Luciani, éd. Materia Scritta, 2014  (ISBN 979-10-93285-01-6), p. 22