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Georges Jacques Danton

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Pour les articles homonymes, voir Danton (film, 1983). 

Georges-Jacques Danton.

Georges Jacques Danton, né à Arcis-sur-Aube le et mort à Paris le 16 Germinal an II (), est un homme politique et révolutionnaire français.

Discours

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Telle est la nature des moyens sur lesquels le suppliant se fonde pour demander la cassation de cet arrêt, que, non seulement il les puise dans une double contravention à l'article XIX, titre 1er, livre II de l'ordonnance de la Marine de l'année mil six cent quatre-vingt-un, mais qu'il a l'avantage de pouvoir démontrer que l'anéantissement de ce même arrêt importe à la prospérité des entreprises de tous les armateurs de France, autant qu'à son intérêt particulier.
  • Pour une requête de Benjamin Dubois, négociant à Saint-Malo, objet d'un arrêt du Parlement de Rennes, 19 octobre 1789 (a)
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 37


Par un simple exposé des faits et de la procédure, Sa Majesté, qui dans sa sagesse veille continuellement au maintien des ordonnances du royaume ... attentive à proscrire tout ce qui peut obstruer les canaux du commerce intérieur et extérieur, Sa Majesté, sans doute, sera convaincue que jamais réclamation ne fut plus juste et plus appuyée par de grandes considérations que celle du sieur Dubois.
  • Pour une requête de Benjamin Dubois, négociant à Saint-Malo, objet d'un arrêt du Parlement de Rennes, 19 octobre 1789 (b)
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 37


Le suppliant doit donc espérer que les moyens de cassation qu'il vient de mettre sous les yeux de Sa Majesté seront plus que suffisants pour que sa justice souveraine se hâte de proscrire un arrêt dont les conséquences seraient funestes pour tous les armateurs du royaume, puisque, suivant l'esprit et la lettre de cet arrêt, un capitaine, même après avoir abdiqué ses fonctions, pourrait encore engager la fortune de celui dont il aurait trompé la confiance.
  • Pour une requête de Benjamin Dubois, négociant à Saint-Malo, objet d'un arrêt du Parlement de Rennes, 19 octobre 1789 (c)
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 39


Une guerre civile serait, à coup sûr, la suite de notre résistance, et c'est ce que cherchent nos ennemis pour opérer une contre-révolution. Renversons leurs détestables projets ; ne nous servons pas d'autres armes que de celles de la raison : que les gardes ne soient même pas doublées et qu'une députation à l'assemblée nationale lui porte cette preuve de notre patriotisme et de notre zèle à faire les décrets bienfaisants par lesquels en réhabilitant le citoyen dans ses droits, elle a mis sa liberté individuelle sous la sauvegarde de la loi.
  • Contre la résistance par la force à un ordre d'arrestation de Marat au district des Cordeliers, 22 janvier 1790
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 42


Le district des Cordeliers ne pouvait refuser à M. de Lafayette sans injustice les éloges que méritent son zèle, son patriotisme et sa franchise ; mais il croit devoir dire à ses frères de Saint-Germain l'Auxerrois, qu'il est temps enfin de parler le langage qui convient à des hommes libres, de bannir toutes expressions qui sentiraient la flatterie.
  • À propos de certains éloges excessifs de Lafayette, 29 mai 1790
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 55


La Nation a le droit de dire aux mandataires qu'elle soupçonne : vous êtes indignes de la confiance publique par cela seul que vous vous obstinez à rester dépositaires de mes intérêts pendant l'instruction du procès que je vous intente. Quand l'Assemblée nationale, par le décret que nous attendons de sa sagesse, aura détruit complètement les ressources et l'espoir des ennemis de la liberté, elle constituera la Haute-cour nationale, et lorsque quelque grand exemple apprendra aux ministres que la responsabilité n'est point une chimère, nous les verrons peut-être enfin se soumettre à la volonté de la Nation.
  • Sur le renvoi des ministres, 10 novembre 1790
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 73


Il n'appartient ni au père, ni même aux tribunaux de relever les mineurs de l'incapacité dont ils sont frappés par la Loi, pour administrer leurs biens, ou pour ester en jugement. Il n'y a que le législateur suprême qui puisse faire fléchir la Loi et accorder des dispenses, et nul corps ou particulier ne le peut, sans usurper son autorité souveraine (...) Aucune coutume particulière ne pourrait déroger à cette Loi générale qui régit toute la France.
  • Sur la décision de faire annuler un arrêté pris à Paris, par une fille mineure originaire du Poitou, 16 mars 1791
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 92


L’assemblée a trouvé la conduite du peuple excusable, et je vois avec plaisir que les gardes nationales répondent aux vœux des bons citoyens (...) Le département comprenant les inquiétudes du peuple sur la conduite du roi vis-à-vis de certains prêtres réfractaires a arrêté : 1) de convoquer les sections pour avoir leur vœu ; 2) d’écrire une lettre au Roi en style d’hommes libres ; 3) de faire une instruction aux citoyens relativement aux motifs qui peuvent avoir lieu à ce qui s’est passé vis-à-vis du Roi.
  • Sur la volonté du roi de se confesser à Saint-Cloud auprès d'un prêtre réfractaire, 18 avril 1791
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 95


Je m’étonne de voir dans cette assemblée un représentant de la Nation, déserteur de l’Assemblée nationale. Nul sentiment personnel ne dicte ma dénonciation (...) S’il a déserté l’assemblée, il devait s’abstenir de venir au milieu de nous qui faisons profession d’être Amis de la Constitution qu’elle a décrétée (...) Il faut que le membre s’explique, soit en se justifiant, soit en sortant de la Société.
  • À propos d'un député blanc de Saint-Domingue indûment présent à la Société des Jacobins. Intervention au club des Jacobins,10 juin 1791 a).
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, d'après le Journal des Jacobins, p. 97


Celui que je dénonce ici est un colon antimulâtre. Enfin c’est M. de Gouy qui nous parle en roi de théâtre : nul mieux que lui n’a mérité nos mépris et notre colère : il est coupable en vérité D’Aristocratie insulaire.
  • À propos d'un député blanc de Saint-Domingue indûment présent à la Société des Jacobins. Intervention au club des Jacobins,10 juin 1791 b).
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, d'après les Sabbats Jacobites, p. 98


Je ne parle pas sur le fond de la discussion. Mais je vous observe que chez un peuple qui devient vraiment grand, il ne doit plus être question de ces égards pour de prétendus grands hommes. Depuis longtemps, ma vie appartient aux poignards de la liberté (...) Le prêtre Sieyes qui a défendu la dîme, le prêtre Sieyes qui ne voulait pas que les biens du clergé fussent déclarés biens nationaux, le prêtre Sieyes qui a fait un projet de loi pour modérer la liberté de la presse, n’est pas le seul auteur de la déclaration qu’on vous a fait connaître.
  • A propos de l'absence de l'abbé Sieyes, obstacle à une discussion sur sa proposition de loi en faveur de deux chambres, 20 juin 1791

a)

  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 99-100


Il y a un an qu’un homme sur lequel je m’expliquerai aussi hardiment, M. de La Fayette, établit des conférences avec ceux qu’il regardait comme les plus exaltés du parti populaire (…) Il me faisait alors observer alors que moi qui avais déployé toute mon ardeur pour la cause de la liberté, j’étais banni des places par une espèce d’ostracisme des sections, tandis que M. Bailly avait été réélu (maire de Paris, contre Danton candidat, le 2 août 1790). Il pensait encore qu’il lasserait les Amis de la Constitution. Je lui répondis que le peuple, d’un seul mouvement, balayerait ses ennemis quand il le voudrait.
  • A propos de l'absence de l'abbé Sieyes, obstacle à une discussion sur sa proposition de loi en faveur de deux chambres, 20 juin 1791

b)

  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 100


L’individu royal ne peut plus être Roi dès qu’il est imbécile, et ce n’est pas un régent qu’il faut, c’est un Conseil à l’interdiction.
  • En faveur de la déchéance du roi, 23 juin 1791
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 111


On craint les puissances étrangères. Mais ne seront-elles pas plus à craindre si nous confions notre gouvernement à notre ennemi le plus déclaré ? Ne deviendra-t-il pas le complice et l’instrument de tous les foudres dirigées contre nous ?
  • Sur l’inviolabilité du roi, 13 juillet 1791
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 113


Que devons-nous aux décrets ? L’obéissance et le respect. Mais rien ne peut nous ôter le droit de montrer dans des pétitions, les sentiments qu’on a pour tels ou tels décrets.
  • Sur le droit de pétition, 15 juillet 1791
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 114


Je vous prouverai les dangers de cette guerre. Je vous donnerai les développements de cette coalition. Je vous ferai voir ce La Fayette que j'ai démasqué dans votre présence.
  • Discours prononcé au club des Jacobins sur la guerre, 14 décembre 1791
  • Maximilien de Robespierre, Gérard Walter, éd. Gallimard, 1961, p. 253
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 120


Je veux que nous ayons la guerre ; elle est indispensable. Nous devons avoir la guerre. Mais il faut avant tout épuiser les moyens qui peuvent nous l’épargner.
  • Réponse au discours de Brissot sur la question de la guerre, 16 décembre 1791 (a)
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 120


Le peuple m’a nommé pour défendre la constitution et quelles qu’aient pu être mes opinions, contre ceux qui en ont empêché l’étendue, je déclare maintenant que je ne défendrai le peuple, que je ne terrasserai ses ennemis qu’avec la massue de la raison et le glaive de la loi.
  • Réponse au discours de Brissot sur la question de la guerre, 16 décembre 1791 (b)
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 122


La nature m'a donné en partage les formes athlétiques, et la physionomie âpre de la liberté.
  • Georges Jacques Danton, 20 janvier 1792, Paris, dans Révolutions de Paris, n° 138, p. 413, paru du 25 février au 3 mars 1792, Louis Marie Prudhomme : Extrait du discours prononcé par Danton lors de son installation en tant que substitut du procureur de la commune de Paris.


La volonté générale du peuple français, manifestée aussi solennellement que son adhésion à la Constitution, sera toujours ma loi suprême. J'ai consacre ma vie tout entière à ce peuple qu'on n'attaquera plus, qu'on ne trahira plus impunément, et qui purgera bientôt la terre de tous les tyrans, s'ils ne renoncent pas à la ligue qu'ils ont formée contre lui.
  • Discours prononcé par Danton lors de son installation en tant que substitut procureur de la commune de Paris, 20 janvier 1792.(2)
  • Discours civiques de Danton, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 26


Parce que le pouvoir exécutif a su gagner un décret qui lui assure des gardes, tandis qu'il ne devait avoir que des valets, parce que le pouvoir exécutif a su gagner un décret dans la décrépitude du Corps constituant, devons-nous, nous Français, hommes libres, qui devons surtout penser au salut public qu'à aucun avantage particulier, devons-nous adopter de pareilles mesures ?
  • Contre la proposition de Doppet de protéger l'assemble législative par une garde nationale, 26 janvier 1792
  • Danton, Frédéric Bluche, éd. Perrin, 1999, p. 156


Les dons des citoyens sont les dons de la fraternité. Je dis : est-ce par une aumône que le pouvoir exécutif croit pouvoir récompenser des hommes exposés par lui aux baïonnettes du traître Bouillé ?
  • À propos des dons proposés par La Cour aux soldats de Chateauviaux, 4 mars 1792.
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg,Société de l'Histoire de la Révolution française, éd. Edouard Cornely, 1910, p. 138-139


Vous n’êtes pas du nombre des accusés, cependant vous venez solliciter pour eux auprès de l’assemblée nationale. Tous les amis de l’humanité ont déjà pressenti que vos clients sont plus malheureux que coupables.
  • À une délégation paysanne venue expliquer le meurtre de Simonneau, maire d'Étampes opposé à la taxation de grains, 27 avril 1792.
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 144


M. Robespierre n'a jamais exercé ici que le despotisme de la raison.
  • Pour Robespierre et contre la Gironde, 10 mai 1792.
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, Journal des Jacobins, p. 144


Maintenant que la vérité des trahisons que nous avions dénoncées, brille dans tout son éclat ; maintenant que vous êtes pénétrés & comme investis de la lumière, maintenant que vous voyez, empressez-vous d’éclairer ceux à qui vous êtes chargés de dispenser la justice sur ces faits dont la connaissance vous est transmise ministériellement. Il est encore en votre pouvoir de reconquérir la bienveillance nationale. Imitez le tribunal de cassation & les tribunaux de Paris. Jurez l’égalité, félicitez l’assemblée nationale de ses décrets libérateurs ; tournez contre les traîtres, contre les ennemis de la patrie & du bonheur public, le glaive de la loi qu’on avait voulu diriger dans vos mains contre les apôtres de la liberté. Que la justice des tribunaux commence, & la justice du peuple cessera ! ( Aux tribunaux, 19 août 1792)
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg,Société de l'Histoire de la Révolution française, éd. Edouard Cornely, 1910, p. 161-162


Il doit y avoir dans Paris 80 000 fusils en état. Eh bien ! il faut que ceux qui sont armés volent aux frontières. Comment les peuples qui ont conquis la liberté l’ont-ils conservée ? Ils ont volé à l’ennemi, ils ne l’ont point attendu. Que dirait la France, si Paris dans la stupeur attendait l’arrivée des ennemis ? Le peuple français a voulu être libre ; il le sera. Bientôt des forces nombreuses seront rendues ici. On mettra à la disposition des municipalités tout ce qui sera nécessaire, en prenant l’engagement d’indemniser les possesseurs. Tout appartient à la patrie, quand la patrie est en danger. (On applaudit.)
  • Discours de Danton, ministre de la justice à l'assemblée législative, sur les mesures révolutionnaires, le 28 août 1792.
  • La patrie en danger, Georges-Jacques Danton, éd. L.Boulanger, 1893, chap. Sur les mesures révolutionnaires (I), p. 7-8


Il est satisfaisant, messieurs, pour les ministres du peuple libre, d'avoir à lui annoncer que la patrie va être sauvée.
  • Discours à l'Assemblée, 2 septembre 1792 (rapporté dans Le Moniteur du 4 septembre 1792)
  • Danton : documents authentiques pour servir à l'histoire de la révolution, Alfred Bougeart, éd. Lacroix, 1861, chap. IV, p. 118


Pour [...] vaincre, messieurs, il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France est sauvée.
  • Discours à l'Assemblée, 2 septembre 1792 (rapporté dans Le Moniteur du 4 septembre 1792)
  • Danton : documents authentiques pour servir à l'histoire de la révolution, Alfred Bougeart, éd. Lacroix, 1861, chap. IV, p. 119


On a paru croire, d'excellents citoyens ont pu présumer que des amis ardents de la liberté pouvaient nuire à l'ordre social en exagérant les principes eh bien, abjurons ici toute exagération; déclarons que toutes les propriétés territoriales, individuelles et industrielles seront éternellement maintenues. Souvenons−nous ensuite que nous avons tout à revoir, tout a recréer; que la déclaration des droits elle−même n'est pas sans tache, et qu'elle doit passer à la révision d'un peuple vraiment libre.
  • Sur le rôle de la Convention, 21 septembre 1792
  • Discours civiques de Danton,, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 32


Je ne crois pas que vous deviez dans ce moment changer l’ordre judiciaire ; mais je pense seulement que vous devez étendre la faculté des choix. Remarquez que tous les hommes de loi sont d’une aristocratie révoltante ; si le peuple est forcé de choisir parmi ces hommes il ne saura où reposer sa confiance. Je pense que si l’on pouvait, au contraire, établir dans les élections un principe d’exclusion, ce devrait être contre ces hommes de loi qui jusqu’ici se sont arrogé un privilège exclusif, qui a été une des grandes plaies du genre humain. Que le peuple choisisse à son gré les hommes à talents qui mériteront sa confiance. Il ne se plaindra pas quand il aura choisi à son gré. Au lieu qu’il aura sans cesse le droit de s’insurger contre des hommes entachés d’aristocratie que vous l’auriez forcé de choisir.
  • Sur la liberté de choix des juges parmi les citoyens, le 22 septembre 1792.
  • La patrie en danger, Georges-Jacques Danton, éd. L.Boulanger, 1893, chap. Choix des juges, p. 9-11


Il est incontestable qu’il faut une loi vigoureuse contre ceux qui voudraient détruire la liberté publique. Eh bien ! portons-la, cette loi, portons une loi qui prononce la peine de mort contre quiconque se déclarerait en faveur de la dictature ou du triumvirat ; mais après avoir posé ces bases qui garantissent le règne de l’égalité, anéantissons cet esprit de parti qui nous perdrait. On prétend qu’il est parmi nous des hommes qui ont l’opinion de vouloir morceler la France ; faisons disparaître ces idées absurdes, en prononçant la peine de mort contre leurs auteurs. La France doit être un tout indivisible. Elle doit avoir unité de représentation. Les citoyens de Marseille veulent donner la main aux citoyens de Dunkerque. Je demande donc la peine de mort contre quiconque voudrait détruire l’unité en France, et je propose de décréter que la Convention nationale pose pour base du gouvernement qu’elle va établir l’unité de représentation et d’exécution. Ce ne sera pas sans frémir que les Autrichiens apprendront cette sainte harmonie ; alors, je vous jure, nos ennemis sont morts. (On applaudit.)
  • Sur les accusations de dictature, le 25 septembre 1792.
  • La patrie en danger, Georges-Jacques Danton, éd. L.Boulanger, 1893, chap. Sur les mesures révolutionnaires (II), p. 11-12


Que la pique du peuple brise le sceptre des rois.
  • Discours à l'Assemblée, 14 octobre 1792 (rapporté dans le Journal des débats de la société, n° 283)
  • Danton : documents authentiques pour servir à l'histoire de la révolution, Alfred Bougeart, éd. Lacroix, 1861, chap. V, p. 158


Vous avez à justifier à l’univers et à la postérité le jugement que devez porter contre un roi parjure et tyran. Dans une pareille matière il ne faut pas épargner les frais d’impression. Toute opinion qui paraitra mûrie, quand elle ne contiendrait qu’une bonne idée, doit être publiée,
  • Sur les pièces manquantes relatives au futur procès du roi dans le rapport du député Valazé, 6 novembre 1792
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 238


Un mot de la Convention et le calme peut renaître. Dites au peuple : gardez vos prêtres tant que vous les jugerez nécessaires à votre bonheur.
  • Sur le traitement des prêtres, 30 novembre 1792
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg,Société de l'Histoire de la Révolution française, éd. Edouard Cornely, 1910, p. 249


Je demande si vous n'avez pas voté à la majorité absolue seulement la république, la guerre ; et je demande si le sang qui coule au milieu des combats ne coule pas définitivement ? Les complices de Louis n'ont-ils pas subi immédiatement la peine sans aucun recours au peuple et en vertu de l'arrêt d'un tribunal extraordinaire ? Celui qui a été l'âme de ces complots mérite-t-il une exception ?
  • Contre la proposition de vote à la majorité des 2/3 dans le procès du roi, formulée par les girondins Lanjuinais et Le Hardy,16 janvier 1793.
  • Discours civiques de Danton,, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 47


Je ne suis point de cette foule d'hommes d’État qui ignorent qu'on ne compose pas avec les tyrans, qui ignorent qu'on ne frappe les rois qu'à la tête, qui ignorent qu'on ne doit rien attendre de ceux de l'Europe que par la force de nos armes ! Je vote la mort du tyran.
  • Danton (1984), Frédéric Bluche, éd. Perrin, 1999, p. 252-253


Non !
  • Sur le sursis à la condamnation à mort de Louis XVI, 19 janvier 1793.
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 254


O Lepeletier, ta mort servira la République; je l'envie, ta mort. Vous demandez pour lui les honneurs du Panthéon; mais il a déjà recueilli les palmes du martyre de la Liberté. Le moyen d'honorer sa mémoire, c'est de jurer que nous ne nous quitterons pas sans avoir donné une Constitution à la République.
  • Pour Lepelletier, aristocrate régicide de la Montagne assassiné, 21 janvier 1793.
  • Discours civiques de Danton, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 51


Vous avez tout consommé par cela seul que vous avez dit aux amis de la liberté : organisez-vous comme nous. C'était dire : nous accepterons votre réunion si vous la proposez. Eh bien, ils la proposent aujourd'hui. Les limites de la France sont marquées par la nature. Nous les atteindrons dans leurs quatre points : à l'Océan, au Rhin, aux Alpes, aux Pyrénées.
  • Opinion sur la réunion de la Belgique à la France, 31 janvier 1793
  • Discours civiques de Danton, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 54


Je demande que la Convention nationale déclare que tout citoyen français, emprisonné pour dettes, sera mis en liberté, parce qu'un tel emprisonnement est contraire à la saine morale, aux droits de l'homme, aux vrais principes de la liberté.
  • Sur la libération des prisonniers pour dettes, 9 mars 1793
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 280


Soyons terribles pour dispenser le peuple de l'être.
  • Discours à l'Assemblée sur l'institution d'un tribunal révolutionnaire, 10 mars 1793 (rapporté dans Le Moniteur du 13 mars 1793)
  • Danton : documents authentiques pour servir à l'histoire de la révolution, Alfred Bougeart, éd. Lacroix, 1861, chap. V, p. 194


Je crois qu'une République, tout en proscrivant les dictateurs et les triumvirs, n'en a pas moins le pouvoir et même le devoir de créer une autorité terrible. Telle est la violence de la tempête qui agite le vaisseau de l'État, qu'il est impossible pour le sauver, d'agir avec les seuls principes de l'art.
  • Pour la création d'un comité de salut public, 3 avril 1793
  • Discours civiques de Danton, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 109


Il faut que dans toute la France le prix du pain soit dans une juste proportion avec le salaire du pauvre : ce qui excèdera sera payé par le riche. Par ce seul décret, vous assurerez au peuple et son existence et sa dignité; vous l'attacherez à la révolution; vous acquerrez son estime et son amour.
  • Demande d'un blocage du prix du pain pour le pauvre, 5 avril 1793.
  • Discours civiques de Danton, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 111


Dans la première Assemblée constituante, Marat n'était ni moins terrible aux aristocrates, ni moins odieux aux modérés. Eh bien ! Marat y trouva des défenseurs ; il disait aussi que la majorité était mauvaise, et elle l'était.
  • Contre la mise en accusation de Marat par la Gironde, 10 avril 1793
  • Discours civiques de Danton, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 113


Citoyens, c'est le génie de la liberté qui a lance le char de la révolution. Le peuple tout entier le tire, et il s'arrêtera aux termes de la raison. Décrétons que nous ne nous mêlerons pas de ce qui se passe chez nos voisins; mais décrétons aussi que la République vivra, et condamnons à mort celui qui proposerait une transaction autre que celle qui aurait pour base les principes de notre liberté
  • Pour la République une et indivisible, 13 avril 1793
  • Discours civiques de Danton,, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 115


Mais, citoyens, imposer les riches, c'est les servir; c'est un véritable avantage pour eux qu'un sacrifice considérable; plus le sacrifice sera grand sur l'usufruit, plus le fonds de la propriété est garanti contre l'envahissement des ennemis.
  • Pour un nouvel impôt et de nouvelles levées, 27 avril 1793
  • Discours civiques de Danton, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 119


Que le riche paye, puisqu'il n'est pas digne, le plus souvent, de combattre pour la liberté ; qu'il paye largement et que l'homme du peuple marche dans la Vendée.
  • Pour un nouvel impôt relatif à l'envoi de troupes en Vendée, 8 mai 1793
  • Discours civiques de Danton, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 125


Paris, qui a brisé le premier le sceptre de fer, violerait l'Arche sainte qui lui est confiée ! Non ; Paris aime la Révolution ; Paris, par les sacrifices qu'il a faits à la liberté, mérite les embrassements de tous les Français.
  • Pour la défense du peuple de Paris, 26 mai 1793
  • Discours civiques de Danton, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 134


Je déclare à la Convention et à tout le peuple français que si l'on persiste à retenir dans les fers des citoyens qui ne sont que présumés coupables, dont tout le crime est un excès de patriotisme ; si l'on refuse constamment la parole à ceux qui veulent les défendre ; je déclare, dis-je, que, s'il y a ici cent bons citoyens, nous résisterons.
  • Contre la commission des Douze créée par la Gironde, 27 mai 1793
  • Discours civiques de Danton, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 134


Le peuple, instruit sur cette dernière époque de la Révolution, ne se laissera plus surprendre. On n'entendra plus de calomnies contre une ville qui a créé la liberté, qui ne périra pas avec elle, mais qui triomphera avec la liberté, et passera avec elle à l'immortalité.
  • Sur la chute des girondins(31 mai-2 juin 1793), 13 juin 1793
  • Discours civiques de Danton, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 144


En théorie, en raison et en justice, l’agression là n’est pas une guerre offensive. Quand je vois un ennemi qui me couche en joue, je tire sur lui le premier, si je peux je ne fais là que me défendre. Une guerre offensive serait celle où sans aucune provocation, nous combinerions des attaques inopinées et injustes, dans des vues d’agrandissement de notre territoire. Le Corps législatif ne sera jamais secondé dans une telle entreprise.
  • Sur l'obligation de soumettre à ratification populaire le droit de déclarer la guerre dans un but défensif, Convention, le 16 juin 1793 (a).
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 489


S’il est possible de combiner la manière de retarder le fléau de la guerre et la rigueur des principes avec la nécessité d’une défense, ce moyen doit s’appliquer à la guerre défensive, car si la guerre offensive est toujours injuste, celle-ci peut quelquefois s’éviter par quelques sacrifices, et ces sacrifices, il n’appartient qu’au peuple de les faire (…) Je me réserve donc à demander que la déclaration soit soumise à une ratification populaire dont le mode sera fixé, et que le comité de salut public soit chargé de présenter la rédaction de ce principe.
  • Sur l'obligation de soumettre à ratification populaire le droit de déclarer la guerre dans un but défensif,Convention, 16 juin 1793 (b).
  • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 490


Nous n'aurons de succès que lorsque la Convention, se rappelant que l'établissement du Comité de Salut public est une des conquêtes de la liberté, donnera à cette institution l'énergie et le développement dont elle peut être susceptible. Il a, en effet, rendu assez de services pour qu'elle perfectionne ce genre de gouvernement.
  • Discours pour que le Comité de Salut public soit érigé en gouvernement provisoire, 1er août 1793
  • Discours civiques de Danton, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 147


Après le pain, l'éducation est le premier besoin du peuple.
  • Sur l'instruction publique, discours à l'Assemblée, 13 août 1793 (a) (rapporté dans Le Moniteur du 15 août 1793)
  • Danton : documents authentiques pour servir à l'histoire de la révolution, Alfred Bougeart, éd. Lacroix, 1861, chap. VII, p. 270


Je demande que, sauf les modifications nécessaires, vous décrétiez qu'il y aura des établissements nationaux où les enfants seront instruits, nourris et logés gratuitement, et des classes où les citoyens qui voudront garder leurs enfants chez eux pourront les envoyer s'instruire.
  • Sur l'instruction publique, discours à l'assemblée, 13 août 1793 (b).
  • Danton, Martine Lecoq, éd. Van Dieren, 2016, p. 100-101


Pour que tous les jours un aristocrate, un scélérat paie de sa tête ses forfaits.
  • Discours à l'Assemblée, 4 septembre 1793 (rapporté dans Le Moniteur du 7 septembre 1793)
  • Danton : documents authentiques pour servir à l'histoire de la révolution, Alfred Bougeart, éd. Lacroix, 1861, chap. VIII, p. 281


Citoyens, il faut concilier la politique avec la saine raison: apprenez que si vous ôtez aux prêtres les moyens de subsister, vous les réduisez a l'alternative, ou de mourir de faim, ou de se réunir avec les rebelles de la Vendée. Soyez persuadés que tout prêtre, observant le cours de la raison, se hâtera d'alléger le fardeau de la République en devenant utile à lui−même, et que ceux qui voudront encore secouer les torches de la discorde seront arrêtés par le peuple qui écrase tous ses ennemis sous le char de la Révolution.
  • Sur les secours à accorder aux prêtres sans ressources, 22 novembre 1793-2 frimaire an II.
  • Discours civiques de Danton, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 164


Je demande qu'il n'y ait plus de mascarades antireligieuses dans le sein de la Convention. Que les individus qui voudront déposer sur l'autel de la patrie les dépouilles de l'Église ne s'en fassent plus un jeu ni un trophée. Notre mission n'est pas de recevoir sans cesse des députations qui répètent toujours les mêmes mots. Il est un terme à tout, même aux félicitations. Je demande qu'on pose la barrière.
  • Contre les mascarades antireligieuse, 26 novembre 1793-6 frimaire an II
  • Discours civiques de Danton, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 166



J’ai entendu des rumeurs. Déjà des dénonciations graves ont été dirigées contre moi. Je demande enfin à me justifier aux yeux du peuple auxquels il ne me sera pas difficile de faire reconnaître mon innocence et mon amour pour la liberté. Je somme tous ceux qui ont pu concevoir des motifs de défiance de préciser leurs accusations, car je veux y répondre en public J’ai éprouvé une sorte de défaveur en paraissant à la tribune. Ais-je donc perdu ces traits qui caractérisent la figure d’un homme libre ? Ne suis-je plus ce même homme qui s’est trouvé à vos côtés dans les moments de crise ?
  • "Justification" formulée au club des Jacobins, 3 décembre 1793-13 frimaire an II (a)
  • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 609


Vous serez étonnés, quand je vous ferai connaître ma conduite privée, de voir que la fortune colossale que mes ennemis et les vôtres m’ont prêtée, se réduit à la petite portion que j’ai toujours eue. Je défie les malveillants de fournir contre moi la preuve d’aucun crime ! Tous leurs efforts ne pourront m'ébranler.
  • "Justification" formulée au club des Jacobins, 3 décembre 1793-13 frimaire an II (b)
  • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 610


C'est dans les écoles nationales que l'enfant doit sucer le lait républicain. La République est une et indivisible. L'instruction publique doit aussi se rapporter à ce centre d'unité.
  • Sur l'instruction publique, 12 décembre 1793-22 frimaire an II
  • Discours civiques de Danton, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 178


Sursis !

Je demande que le décret soit inséré au Bulletin et que cette notoriété suffise pour suspendre dans toute la République l’exécution des jugments qui auraient été rendus. On s’honore quand on sauve un innocent. Je vole signifier moi-même le décret que la Convention vient de rendre.
  • Sur un décret reconnaissant l'innocence d'un marchand de vin, Gaudon, condamné par erreur pour accaparement le 22 décembre 1793-2 nivôse an II.
  • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 624-625


Pour être à portée de prononcer sainement dans cette affaire, nous avons besoin d'écouter attentivement, et je réclame le plus grand calme. La Société ne veut rayer personne par provision ; mais peut-être cette affaire se lie à une multitude d'autres qu'il faut enfin éclaircir. Je n'ai aucune opinion formée sur Philippeaux ni sur d'autres ; je lui ai dit à lui-même : « Il faut que tu prouves ton accusation, ou que tu portes ta tête sur un échafaud. » (...) je demande que tous ceux qui ont à parler dans cette affaire soient entendus. Il n'y a qu'un malheur à redouter, c'est que nos ennemis profitent de nos discussions.
  • Sur des accusations portées par Phillipeaux au club des Jacobins et dénoncées par Levasseur et Hébert, le 23 décembre 1793-3 nivôse an II.
  • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 626


Je vois, dans ces querelles qui s'agitent, l'espérance de la Révolution. La liberté est comme la mer, elle a son flux et son reflux. Les calomnies dont on se plaint seront vérifiées, et, s'il est vrai qu'elles soient véritablement des calomnies, quelque mal qu'elles fassent d'abord, elles seront ensuite profitables. Toi, tu es accusé de vol, tu seras entendu ; mais attends que nous ayons discuté les intérêts de la République. La discussion qui a lieu sur la dénonciation faite par Philippeaux n’est pas encore éclairée ; d’un côté ce sont des faits qu’on affirme, et de l’autre ce sont les mêmes que l’on nie. Il nous est impossible de porter notre jugement sans avoir auparavant accumulé une somme de probabilités suffisantes.
  • Sur des accusations portées au club des Jacobins, le 5 janvier 1794-16 nivôse an II (a).
  • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 632


Les patriotes doivent-ils se servir des mains du patriotisme pour tourmenter les patriotes ?

Tu te plains, Hébert, mais rappelle-toi les principes ; que tu aies tort, que tu aies raison, c'est ce que le temps fera connaître au public.

  • Sur des accusations portées au club des Jacobins, le 5 janvier 1794-16 nivôse an II (b).
  • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 634


Camille ne doit pas s’effrayer des leçons un peu sévères que l’amitié de Robespierre vient de lui faire. Citoyens que la justice et le sang-froid président toujours à vos décisions. En jugeant Desmoulins prenez garde de porter un coup funeste à la liberté de la presse.
  • Pour Camille Desmoulins attaqué au club des Jacobins par Robespierre le 7 janvier 1794-18 nivôse an II.
  • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 638-639


Je demande que la Convention confirme l'arrestation de Fabre d'Églantine, que le Comité de sûreté générale prenne toutes les mesures qui seront nécessaires, et qu'ensuite les prévenus soient traduits à la barre afin qu'ils soient jugés devant tout le peuple et qu'il connaisse ceux qui méritent encore son estime.
  • A propos de l'arrestation de Fabre d'Eglantine par le comité de sûreté générale, le 13 janvier 1794-24 nivôse an II.
  • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 641


Je m'oppose à l'espèce de distinction, de privilège, qui semblerait accorder au beau−père de Desmoulins. Je veux que la Convention ne s'occupe que d'affaires générales. Si l'on veut un rapport pour ce citoyen, il en faut aussi pour tous les autres. Je m'élève contre la priorité de date qu'on cherche à lui donner à leur préjudice.
  • Sur l'égalité des citoyens devant les mesures révolutionnaires,après l'arrestation du beau-père de Camille Desmoulins, contestée par ce dernier devant la Convention, 24 janvier 1794-5 pluviôse an II.
  • Discours civiques de Danton, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 179


Je demande que la Convention Nationale soit cohérente à ses principes (…) Je sais qu’il faut surtout nous garder de nos passions. Si la vigueur fonde les républiques, je sais que la sagesse et la conciliation leur donnent une solidité inaltérable ; et je prévois que si l’on s’exaspérait mutuellement on finirait pas former des partis, et il n’en faut qu’un c’est celui de la raison. Or la raison veut que le fait soit éclairci avant de prononcer ; la raison ne veut pas que nous réputions un individu coupable d’un fait qui implique contradiction, avant de l’avoir entendu.
  • Pour Dalbarade, ministre de la marine, accusé de rébellion contre la Convention Nationale, 29 janvier 1794-10 Pluviôse an II.
  • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 658 et 659

  • L'exubérance de chaleur qui nous a mis a la hauteur des circonstances, et qui nous a donne la force de déterminer les évènements et de les faire tourner au profit de la liberté, ne doit pas devenir profitable aux ennemis de la liberté! Mon plus cruel ennemi, s'il avait été utile a la République, trouverait en moi un défenseur ardent quand il serait arrêté, parce que je me défierais d'autant plus de mes préventions qu'il aurait été plus patriote.
    • Pour la libération de Ronsin et de Vincent, 2 février 1794-14 pluviôse an II.
    • Discours civiques de Danton, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 185


    Ce n’est pas seulement à l’égalité des couleurs que nous devons rendre hommage ; il nous faut venger la représentation nationale outragée dans la personne des trois députés munis des pouvoirs du peuple de Saint-Domingue qui viennent d’être admis.
    • Sur l'arrivée de trois députés de Saint-Domingue (Blanc-Dufay, Métis-Mills, Noir-Belley) emprisonnés après dénonciation, 3 février 1794-15 pluviôse an II.
    • Discours de Danton, édition critique, André Fribourg (Société de l'Histoire de la Révolution française), éd. Edouard Cornely, 1910, p. 667


    Représentants du peuple français, jusqu'ici nous n'avions décrété la liberté qu'en égoïstes, pour nous seuls. Mais aujourd'hui nous proclamons à la face de l'univers et les générations futures trouveront leur gloire dans ce décret, nous proclamons la liberté universelle.
    • Discours prononcé à la Convention sur l'abolition de l'esclavage dans les colonies, 4 février 1794-16 Pluviôse an II (a).
    • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 669
    • Moniteur Universel, Charles-Joseph Panchkourke, éd. Moniteur Universel, 5 février 1794- 17 pluviôse an II, t. 19, p. 388


    Citoyens, c’est aujourd’hui que l’Anglais est mort (vifs applaudissements). En jetant la liberté dans le Nouveau Monde, vous travaillez pour les générations futures ; vous renversez toutes les espérances de la coalition. Elle y portera des fruits abondants, elle y poussera des racines profondes. Pitt et ses complots sont déjoués. L’Anglais voit s’anéantir son commerce !
    • Discours prononcé à la Convention sur l'abolition de l'esclavage dans les colonies, 4 février 1794 - 16 Pluviôse an II.(b)
    • Choix des rapports, opinions et discours Prononcés à la Tribune Nationale depuis 1789 jusqu'à ce jour, recueillis dans un ordre chronologique et historique ; Vox Populi Vox Dei., Alexis Eymery, éd. Alexis Eymery, 1821, t. 14, p. 428
    • « Le discours abolitionniste de Danton (16 pluviôse an II) », Jean-Daniel Piquet, Revue d'Histoire et de Philosophie Religieuses, juillet/Septembre 2010, p. 353-377 (365-366)


    De même qu’il faut d’après les principe du rapporteur, que chaque homme qui réclamera sa liberté justifie de sa conduite depuis 1789, je pense qu’il faudrait que chaque comité révolutionnaire envoyât au comité de sûreté générale le tableau des membres qui le composent ainsi que de leurs travaux révolutionnaires. C’est ainsi que vous centraliserez le bien ; c’est ainsi que le comité de sûreté générale pourra épurer ces comités des faux patriotes à bonnets rouges ; c’est ainsi que les instruments révolutionnaires deviendront encore plus utiles, et que la terreur restant constamment à l’ordre du jour contre les ennemis de la Révolution, les patriotes pourront être sûrs de la paix et de la liberté.
    • Sur l’épuration des comités révolutionnaires, demandée par Saint-Just, 26 février 1794-8 ventôse an II.
    • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 679-680


    Sans doute nous désirons tous voir mettre à exécution le vaste plan que vient de vous soumettre le comité de salut public. Sans doute le moment n’est pas éloigné où l’on ne rencontrera plus un seul infortuné dans toute l’étendue du territoire de la République, mais comme c’est par la jouissance qu’on attache l’homme à sa patrie, je crois qu’il serait bon de faire promptement un essai des grandes vues du Comité.

    Citoyens, il existe dans la république beaucoup de citoyens qui ont été mutilés en défendant la cause du peuple. Ne croyez-vous pas utile de leur accorder des terres aux environs de Paris, et de leur donner des bestiaux, afin de mettre en activité, sous les yeux même de la Convention, cette colonies de patriotes qui ont souffert pour la Patrie ?

    • Réaction critique aux décrets de Ventôse présentés par Saint-Just, relatifs à la redistribution de terres des émigrés aux pauvres, 3 mars 1794-13 ventôse an II.
    • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 683


    Je demande que le Comité de salut public se concerte avec celui de sûreté générale pour examiner la conduite de tous les fonctionnaires. Il faut que chacun de nous se prononce. J'ai demandé le premier le gouvernement révolutionnaire. On rejeta d'abord mon idée, on l'a adoptée ensuite; ce gouvernement révolutionnaire a sauvé la République; ce gouvernement, c'est vous.
    • Sur les fonctionnaires publics soumis à l'examen du comité de salut public, 9 mars 1794-19 ventôse an II.
    • Discours civiques de Danton, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 189


    La salle et la barre de la Convention sont destinées à recevoir l'émission solennelle et sérieuse du voeu des citoyens ; nul ne peut, nul ne doit se permettre de les changer en tréteaux. Je porte dans mon caractère une bonne portion de la gaieté française (...) Je pense par exemple que nous devons donner le bal à nos ennemis, mais qu'ici nous devons froidement, avec calme et dignité, nous entretenir des grands intérêts de la Patrie, les discuter, sonner la charge contre tous les tyrans (...) je demande que dorénavant on n'entende plus à la barre que la raison en prose»
    • Contre l'audition des chansons à la Convention, 16 mars 1794-26 ventôse an II.
    • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 690


    N'y eut−il parmi tous les magistrats qu'un seul homme qui eut fait son devoir, il faudrait tout souffrir plutôt que de lui faire boire le calice d'amertume; mais ici on ne doute pas du patriotisme de la plus grande majorité de la Commune. Le président lui a fait une réponse ou règne une sévère justice; mais elle peut être mal interprétée. Épargnons à la Commune la douleur de croire qu'elle a été censurée avec aigreur.
    • Sur la dignité de la Convention et son attitude vis-à -vis d'une réclamation tardive de la Commune, 19 mars 1794-29 ventôse an II.
    • Discours civiques de Danton, Hector Fleishmann, éd. Libro in Véritas, 2007, p. 191


    Président, ne demande pas que je monte au fauteuil, tu l'occupes dignement. Ma pensée est pure. Si mes expressions l'ont mal rendue, pardonne-moi une inconséquence involontaire. Je te pardonnerai moi-même une pareille erreur. Vois en moi un frère qui exprimé librement son opinion.
    • Réponse au président de la convention Rhul qui proposait à Danton de le remplacer en réponse à sa critique précédente, 19 mars 1794-29 ventôse an II.
    • Danton, Martine Lecoq, éd. Van Dieren, 2016, p. 131-132


    Je m'étonne qu'un journal très répandu, qui doit rendre fidèlement les séances de la Convention, le Moniteur, n'ait rien dit dans celle d'hier de l'apparition de la Commune de Paris à la barre, qu'il ait empoisonné ce que moi- même j'avais dit relativement au ministre. Je demande que nous ayons un journal national qui soit le registre exact de nos pensées, car nous en devons compte au peuple ainsi que de nos actions.
    • Contre le Moniteur Uiversel et pour la nécessité de créer un journal national, 20 mars 1794-30 ventôse an II.
    • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 699


    Ma demeure sera bientôt dans le néant. Quant à mon nom, vous le trouverez dans le panthéon de l'histoire.
    • Réponse de Danton au tribunal révolutionnaire, interrogé sur son nom et sa demeure (séance du 13 Germinal an II- 2 avril 1794, rapportée dans Le Moniteur du 4 avril 1794-15 germinal an II)
    • Histoire des causes de la révolution française, Adolphe Granier de Cassagnac, éd. Garnier, 1850, t. 3, partie 2, chap. VII, V (« Danton »), p. 478


    Ma voix qui tant de fois s'est fait entendre pour la cause du peuple, pour appuyer et défendre ses intérêts, n'aura pas de peine à repousser la calomnie. Les lâches qui me calomnient oseraient-ils m'attaquer en face ?
    • Nouvelle réponse de Danton au Tribunal révolutionnaire en réponse à Herman, 3 avril 1794-14 germinal an II (a)
    • Danton, Frédéric Bluche, éd. Perrin, 1999, p. 469


    Et toi Saint-Just, tu répondras à la postérité de la diffamation lançée contre le meilleur ami du peuple, contre son plus ardent défenseur ! En parcourant cette liste d’horreur, je sens toute mon existence frémir (...)

    _ Je vais (...) suivre le plan de défense adopté par Saint-Just. Moi, vendu à Mirabeau, à d'Orléans, à Dumouriez ! Moi, le partisan des royalistes et de la royauté !

    — A-t-on donc oublié que j'ai été nommé administrateur contradictoirement avec tous les contre-révolutionnaires qui m'exécraient ?

    • Réponse au rapport de Saint-Just, le 3 avril 1794-14 germinal an II (a).
    • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 705


    C'est une chose bien étrange que l’aveuglement de la Convention Nationale, jusqu’à ce jour sur mon compte ; c’est une chose vraiment miraculeuse que son illumination subite ! (…) Je me souviens effectivement d’avoir provoqué le rétablissement de la royauté, la résurrection de toute la puissance monarchique, d’avoir provoqué la fuite du tyran en m’opposant de toutes mes forces à son voyage de Saint_Cloud, en faisant hérisser de piques et de baîonnettes son passage, en enchaînant en quelque sorte ses coursiers fougueux. Si c’est là se déclarer le partisan de la royauté(...) j’avoue être coupable de ce crime.
    • Réponse au rapport de Saint-Just, le 3 avril 1794-14 germinal an II (b).
    • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 707-708


    J'ai dit à un patriote rigide (Maximilien de Robespierre), dans un repas, qu'il compromettait la bonne cause en s'écartant du chemin où marchaient Barnave et Lameth qui abandonnaient le parti populaire ?

    - Je soutiens le fait de toute fausseté et je défie à qui que ce soit de me le prouver.

    • Réponse au rapport de Saint-Just, le 3 avril 1794-14 germinal an II (c).
    • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 708


    On m’accuse encore d’être d’intelligence avec Guadet, Brissot, Barbaroux, et toute la faction proscrite – Je réponds que le fait est bien contradictoire avec l’animosité que me voulaient ces individus, car Barbaroux demandait la tête de Danton, de Robespierre et de Marat.
    • Réponse au rapport de Saint-Just, le 3 avril 1794-14 germinal an II (d).
    • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 714


    Sur les faits relatifs à mes prétendues intelligences avec Dumouriez, je réponds ne l'avoir vu qu'une seule fois, au sujet d'un particulier avec lequel il était brouillé, et de 17.000.000 de livres dont je lui demandais compte. Il est vrai que Dumouriez essaya de me ranger de son parti, qu'il chercha à flatter mon ambition en me proposant le ministère, mais je lui déclarai ne vouloir occuper de pareilles places qu'au bruit du canon.
    • Réponse au rapport de Saint-Just, le 3 avril 1794-14 germinal an II (e).
    • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 714


    C’est une monstrueuse calomnie dirigée contre moi. Je ne fus pas ennemi de la révolution du 31 mai ni de pensées ni d’actions et je combattis fortement les opinions d’Isnard ; je m’élevais fortement contre les présages ; je dis y a-t-il cinquante membres comme nous, il suffirait pour exterminer les machinateurs.
    • Pour avoir accusé Hanriot le 31 mai 1793 de vouloir le faire assassiner, d’avoir demandé sa tête, de lui avoir fait un crime de vouloir quitter Paris alors même qu’il présageait sa destruction réclamée par le député brissotin, Maximin Isnard

    (séance du 4 avri! 1794-15 germinal an II-a)

    • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 717-718


    Moi conspirateur ? Je b… (sic)) ma femme tous les jours. Mon nom est accoté de toutes les institutions révolutionnaires : levée, armée révolutionnaire, comité(s) révolutionnaire(s), Comité de Salut Public, Tribunal révolutionnaire. C’est moi que me suis donné la mort, enfin, et je suis un modéré !
    • Contre les accusations générales de conspiration (séance du 4 avri! 1794-15 germinal an II-b)
    • Discours de Danton, édition critique., André Fribourg, Société de l'histoire de la révolution française., éd. Edouard Cornely, 1910, p. 719


    Voyez ces lâches assassins ! Ils nous suivront jusqu'à la mort.
    • Apostrophe adressée aux membres du comité de sûreté générale, installés derrière les juges du tribunal révolutionnaire (séance du 4 avril 1794-15 germinal an II c-)
    • Danton, Frédéric Bluche, éd. Perrin, 1999, p. 477


    Signature.

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