Aude de Kerros

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Aude de Kerros (2008).

Aude de Kerros, née à Batavia dans les Indes orientales néerlandaises le 24 décembre 1947, est une artiste peintre, graveur et essayiste française.

Citations d'Aude de Kerros[modifier]

En 1917, Marcel Duchamp (1887 - 1968) présente à New-York, comme une œuvre d'art, un urinoir intitulé « Fountain ». Ce qui est perçu comme une plaisanterie constitue en réalité un piège, une bombe à retardement qui va bouleverser l'art de la seconde partie du XXe siècle.
  • « La prise de pouvoir de l'art dit "contemporain" », Aude de Kerros, La Nouvelle Revue d'Histoire, nº 69, Novembre-décembre 2013, p. 27


Avec lui, c'est l'intention qu compte, l'idée prime la forme, il suffit d'indexer le concept à des objets grâce à un discours ; il ne crée plus, il décrète que l'art a désormais une base conceptuelle.
  • « La prise de pouvoir de l'art dit "contemporain" », Aude de Kerros, La Nouvelle Revue d'Histoire, nº 69, Novembre-décembre 2013, p. 27


Les États-Unis, disposant d'une élite de la marchandise sachant vendre et disposant des moyens financiers de collectionner, les bases de la financiarisation de l'art sont désormais posés. Les grands marchands vont s'orienter toujours plus vers l'art Duchampien, dont le potentiel est immense puisque n'importe quoi peut y devenir de l'art. La valeur de celui-ci va désormais dépendre de critères financiers et communicationnels se substituant aux critères purement artistiques.
  • « La prise de pouvoir de l'art dit "contemporain" », Aude de Kerros, La Nouvelle Revue d'Histoire, nº 69, Novembre-décembre 2013, p. 28


L'art contemporain se veut seul art légitime et Buren résume cette volonté éradicatrice : « Merci à Rembrandt, Picasso, Ucello, Rubens, Monnet..., de nous montrer tout ce qu'on ne doit plus faire et qui n'aurait jamais du être fait d'ailleurs. »
  • Citation de Buren également disponible dans « Buren : Ecrits vol1 », 1993
  • « La prise de pouvoir de l'art dit "contemporain" », Aude de Kerros, La Nouvelle Revue d'Histoire, nº 69, Novembre-décembre 2013, p. 30


Dans la mondialisation qui s'emballe, non seulement l'État, mais les grands capitaines d'industrie, s'intéressent de plus en plus à l'art. En France, on assiste au triomphe de l'art officiel, ce qui n'est pas nouveau, mais cas unique dans les annales, d'un art officiel sans contrepoids véritable. Duchamp n'a sans doute jamais rêvé d'un triomphe aussi totalitaire.
  • « La prise de pouvoir de l'art dit "contemporain" », Aude de Kerros, La Nouvelle Revue d'Histoire, nº 69, Novembre-décembre 2013, p. 31


Cet art contemporain de dernière génération joue un rôle important dans la stratégie du « soft power ». Il est l'art international autour duquel une hyperclasse mondialisée organise sa vie sociale sans frontières. Ces nouveaux féodaux n'ont en commun ni nation, ni culture, ni religion, ni races, ni idées politiques, mais une capacité financière qui permet des solidarités allant au-delà de toutes les identités.
  • « La prise de pouvoir de l'art dit "contemporain" », Aude de Kerros, La Nouvelle Revue d'Histoire, nº 69, Novembre-décembre 2013, p. 31